Dépêche
Accueil » Société » Nouveau scandale d’abattage clandestin à Casablanca

Nouveau scandale d’abattage clandestin à Casablanca

CRÉDIT PHOTO: DR

CRÉDIT PHOTO: DR

Le silence complice des élus

[quote font= »1″]Hygiène. L’abattage clandestin échappe à tout contrôle et continue de fournir le réseau des bouchers de Casablanca. Le conseil de la ville en assume l’entière responsabilité.[/quote]

C’est un nouveau scandale  de trop qui n’a cependant  pas réussi à inquiéter les  locataires du Conseil de la ville. Jeudi  23 avril 2015, les services d’hygiène  de la Préfecture de Ben Msik ont saisi  1 tonne et 286 kg de viandes avariées  dans un entrepôt à Hay El Houda, au  quartier Sbata. L’entrepôt appartient  à deux parlementaires, fournisseurs  de viandes habituels de la prison  Oukacha, à Casablanca.
La marge de bénéfice est tellement  importante que même les élus s’en  mêlent. Il y en a qui sont concernés  par le contrôle comme ceux qui  siègent au conseil de la ville et  d’autres qui profitent de ce laxisme  pour faire des affaires.
Le mois dernier, cinq tonnes de  viandes rouges ont été brûlées par  les services vétérinaires des abattoirs  de Casablanca. Et pour cause, leur  mauvaise qualité, due aux mauvaises  conditions de congélation. Les  abattoirs de la capitale ne disposent  pas d’assez de frigos aptes à conserver  la viande dans de bonnes conditions  et pour des mois comme c’est le cas  dans les abattoirs qui respectent les  normes internationales. La société  gestionnaire turque Unluer, n’a pas  respecté ses engagements en matière  d’investissement. Et ce sont, encore  une fois, les élus du conseil de la ville  qui devraient lui faire respecter ses  engagements.
L’offre des abattoirs de la ville est de  40.000 tonnes. Face à une demande  supérieure à 100.000, le reste  provient des centres d’abattage  clandestin (souk Zaouia, à Derb  Ghalef, Souk Dallas, Ferrara (Hay  Mohammedi), Souk Dalma, El  Baladia, à Derb Soltane…), des tueries  rurales installées dans le voisinage  de Casablanca, et de l’abattage  individuel. Cette viande est souvent transportée dans des véhicules,  parfois des taxis-colis, ne répondant  pas aux normes.

Les abattoirs boudés
L’abattage illicite a pris des  proportions alarmantes puisque  plusieurs bouchers ont commencé  à bouder les abattoirs et préfèrent  s’approvisionner en viandes  dans les abattoirs municipaux de  Mohammedia et dans les tueries  périphériques, jugés moins chers.  Les souks hebdomadaires  périphériques, “le lundi de  Berrechid”, le “mardi de Bouskoura”,  “Sbit” de Tit Mellil, le souk de Had  Soualem sont également une  source d’approvisionnement où  les normes d’hygiène laissent à  désirer. L’“avantage” avec l’abattage  illégal, c’est un bénéfice de 15 à 20  Dh/kilo. Un gain d’argent pour le  consommateur aussi, face au risque  de se voir transmettre la tuberculose,  l’hépatite C et différentes autres  maladies fatales.
Le contrôle des centres d’abattage  clandestin est une mission dévolue  au Conseil de la Ville. Ce dernier  avait mis en place en 2007, en  collaboration avec les services  de police, une brigade qui assure  des tournées quotidiennes dans  les centres d’abattage clandestin  connus des autorités. Ces contrôles,  qui ont donné à l’époque des  résultats très satisfaisants, sont  de plus en plus rares depuis 2009.  L’aménagement des trottoirs et la  plantation d’arbre passent avant.  C’est “prioritaire” à l’approche des  élections municipales.

NEWSLETTER MAROC HEBDO.

Entrez votre adresse e-mail

S'abonner à  la Newsletter !