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Le nombre d’actes criminels prend des proportions alarmantes

Les Marocains plongent dans la psychose

Délinquances, agressions, homicides, meurtres prémédités, violence gratuite… Face à un taux de criminalité qui monte en flèche, la situation semble inquiétante, et les chiffres officiels en attestent.

Les Marocains sont plus que jamais paralysés par le sentiment d’insécurité. La hausse effrénée de la violence et des crimes fait régner une psychose générale. La situation est d’autant plus alarmante que, selon le dernier rapport du Conseil économique, social et environnemental (CESE), le bilan de la criminalité en 2016 fait état d’une hausse de 23% du nombre d’arrestations effectuées par les forces de l’ordre (466.997 arrestations). Des données effrayantes qui plongent tout un pays dans la peur. Et, comme le soulignent les sages du CESE, la hausse du taux des crimes peut avoir une incidence, à terme, sur la perception de la sécurité par les citoyens, en particulier dans des zones défavorisées. Ce sentiment est nourri quotidiennement par des actes de violence et des crimes abominables, des scènes horribles auxquelles les citoyens assistent, bon gré mal gré, dans la rue, dans le bus… ou suivent, parfois en direct, sur les réseaux sociaux.

Il ne passe pas un jour sans que la presse n’expose en manchette des actes criminels où des citoyens sont violement agressés et terrorisés dans les quartiers des villes. A Casablanca, pour ne citer que cette ville, des bus sont attaqués par des délinquants armés d’épées et de coutelas, qui délestent les passagers de leurs objets de valeur ou de leur argent avant de prendre la fuite au vu et au su de tout le monde. Cette scène est devenue quasi quotidienne.

Ce sont là peut-être des faits divers isolés sans conséquence sur la sécurité générale des citoyens. C’est ce qu’avancent à chaque fois les responsables de la sûreté nationale. Ce serait possible si ces crimes ne surgissaient chaque jour que Dieu fait et dont une bonne partie n’est jamais déclarée à la police.

Meurtres abominables
Dimanche 24 septembre 2017, dans un souk informel au quartier Bernoussi, à Casablanca, accompagné de son épouse pour faire leur marché, le jeune boxeur Mohamed Hamout, membre de l’équipe nationale de boxe qui a représenté le Maroc aux Olympiades de Rio de Janeiro 2016, au Brésil, a été victime d’une agression qui aurait pu lui être fatale. Un habitant du quartier où Hamout habite lui a asséné deux coups de couteau sur le côté gauche de l’abdomen. Il fut transporté d’urgence à l’hôpital 20-Août, où il a subi une intervention chirurgicale qui lui a sauvé la vie de justesse. Le jeune boxeur est toujours en convalescence. Il a déclaré, après l’intervention, qu’il accompagnait sa femme au marché quand un habitant du quartier a commencé à crier et à proférer des insultes indécentes. Hamout lui demande d’arrêter les insultes infâmes par respect aux femmes. L’agresseur fait sembler d’acquiescer avant de s’attaquer subitement par derrière au jeune boxeur.

Des scènes de ce genre ne manquent pas. Il y en a pire! Au mois de juillet 2017, le meurtre abominable de Khadija, une fillette de 6 ans, a traumatisé toute la ville de Sefrou. L’auteur du crime a découpé le corps de la fillette, coupé ses cheveux et a brûlé le visage.

Un commerce dangereux
C’est sous un arbre du quartier Habouna, à Sefrou, que le corps mutilé de l’enfant a été retrouvé. Sa mère n’aurait pas pu la reconnaître sans un bout de tissu de la robe rose que la fillette portait le jour où elle avait disparu. Ce ne sont là que quelques faits pour dire que les agressions, la violence et les incivilités dans les rues et artères de nos villes et sur nos routes sont légion au quotidien.

Le comble, c’est quand l’Etat ne fait rien pour contrôler le commerce informel (au su et au vu des autorités) des couteaux et qui s’anime à chaque rendez-vous de la fête du sacrifice (fête du mouton) et qui contribue à l’augmentation du nombre d’épées et de couteaux en circulation. Ce commerce passe pour une activité licite. Ces armes blanches redoutables servent pour sacrifier le mouton de l’aïd… et des êtres humains.

A la moindre provocation ou altercation dans un quartier populaire de Casablanca, de Salé ou de Fès, c’est la guerre des coutelas qui commence, semant la terreur dans la population. Ces épées facilitent la tâche aux voleurs à l’arrachée. La pauvreté, la précarité culturelle et intellectuelle et les drogues sont autant d’ingrédients qui transforment un jeune désoeuvré de la banlieue d’une ville comme Casablanca en un redoutable criminel dont les actes sont imprévisibles surtout lorsqu’il est sous l’effet des fameux comprimés de psychotropes (“bola hamra”).

Ce type de délinquants et de criminels ne craignent ni policiers ni gendarmes. Il les affrontent parfois avec leurs épées. Les agents de police, hantés par les rares cas où ils sont autorisés à faire usage de leur arme, hésitent souvent à y recourir pour faire face à un danger inévitable ou empêcher un meurtre.

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