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Une niche qui perd sa vitesse de croisière

Le tourisme de croisière au Maroc a connu un repli de plus de 40% en une année

Dans le monde entier, le tourisme de croisière ne connaît pas la crise. Au Maroc il bat de l’aile. La vétusté des infrastructures, les procédures compliquées sont autant d’obstacles qui freinent son développement.

Sur les dix premiers mois de l’année 2017, l’activité des croisières a connu un repli de 41% par rapport à la même période de l’année précédente. La baisse des escales dépasse 60% pour le port de Tanger et 40% pour celui de Casablanca. Et pourtant, le tourisme de croisière, tel que nous le connaissons aujourd’hui et qui date des années 70, se démocratise progressivement: le paquebot de croisière d’antan réservé aux élites fortunées s’ouvre au tourisme de masse. Au Maroc, le prix d’une croisière en Méditerranée occidentale (Maroc, Espagne, France, Italie) ou orientale (Iles grecques, Croatie, Turquie…) au départ de Barcelone ou Rome, Venise ou Londres ou en mer des Caraïbes au départ de Miami démarre à 8.000 dirhams pour une semaine dans une cabine sans fenêtre tout compris, et peut aller à 100.000 dirhams pour 13 nuits dans une suite de 500 m2 dans un navire de luxe de l’enseigne Celebrity Cruises de la compagnie américaine Carnival.

Améliorer l’accueil
La Méditerranée, qui est la 2ème plus grande destination de tourisme de croisière au monde, est une destination de premier choix (70% des demandes) pour les croisiéristes marocains (une croisière en Asie au départ de Singapour ou de Tokyo n’intéresse que 10% des amateurs des voyages en mer).
«Le Maroc s’est réveillé tard sur le tourisme de croisière, qui a connu ses balbutiements dans les années 2000. Plusieurs obstacles ont freiné ou continuent de freiner son expansion: le problème de disponibilités de devises, le visa Schengen, l’accueil aux ports qui laisse à désirer et les procédures compliquées imposées par les autorités portuaires aux touristes… Tout cela fait que les compagnies ont diminué le nombre d’escales dans les principaux ports de Casablanca, de Tanger ou d’Agadir. C’est dommage sachant que lors d’une escale qui dure du matin à la fin d’après-midi, chaque croisiériste dépense en ville 50 euros en moyenne. Si seulement 2.000 croisiéristes visitent la ville par escale par jour, ce sont autant de recettes inestimables pour le tourisme national», déclare Denis Roland-Gosselin, directeur associé de l’agence MRG Croisières-20.000 Lieux, basée à Paris et implantée via un bureau de représentation à Bouznika.

Cette agence spécialisée fait partie des trois plus importantes agences qui opèrent sur le marché des croisières marocain. Le responsable de l’agence assure que l’activité a de beaux jours devant elle dans les prochaines années à travers les croisières thématiques notamment, à condition d’améliorer l’accueil au niveau des ports pour drainer les compagnies internationales aux ports marocains. Il pointe du doigt également l’anarchie qui règne dans les ports, surtout à Casablanca, l’état de délabrement des infrastructures portuaires et des quais, l’insécurité, le manque d’informations…

Au Maroc, on compte actuellement 2.000 croisiéristes. Les circuits de la croisière s’étendent et se diversifient. S’il se développe ailleurs à une vitesse de croisière, ce type de tourisme perd peu à peu son souffle au Maroc.

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