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Ni rentrée ni sortie

Abdellatif Mansour

POURQUOI SE PRESSER! N’AVONS-NOUS PAS SURVÉCU À UNE ABSENCE DE GOUVERNEMENT PENDANT 7 MOIS?

En ce moment, tous les pays de l’hémisphère nord parlent de rentrée, après un break estival mérité. Chez nous, un peu pour marquer notre spécificité, c’est de sortie qu’il devrait être question. En clair, comment sortir d’un état de fait cumulatif que nous nous sommes appliqués à construire, puis à aggraver. Où rentrerions- nous par rapport à une réalité qui a toutes les raisons d’être répulsive? Si c’est pour reprendre les mêmes profils, avec ou sans cravate, et rééditer les mêmes pratiques, alors mieux vaut pas de rentrée du tout.

Si l’on tient tout de même à une quelconque rentrée, au risque que ça soit une rentrée dans le mur, alors pas avant un examen scrupuleux des promesses à l’emporte-pièce et des chantiers éternellement semi-finis. Or, l’état des lieux n’est pas bon à voir. Certification en a été faite au plus haut niveau de l’État, particulièrement dans le dernier discours de la fête du Trône. Chacun sait, de par son vécu au quotidien, que son village est toujours dépourvu d’eau potable, d’électricité, de centre de santé, d’école de proximité et de sentiers carrossables en toute saison. Alors, pas le peine de ressasser des évidences qui ne sont réellement récalcitrantes que par rapport à un déficit chronique de dire vrai des intervenants.

Comment rentrer dans ces conditions? À quelle porte fautil frapper pour parer au plus urgent dans un environnement où tout urge? Et puis, à y voir à tête reposée, pourquoi se presser! N’avons-nous pas survécu à une absence de gouvernement pendant 7 mois? On y avait même pris goût. Un Exécutif, grossièrement rafistolé, est là depuis 4 mois sans qu’il ait exécuté quoi que ce soit. Où chercher un autre gouvernement alors que celui en place relève presque d’une union nationale en manoeuvre. À l’exception d’un PAM qui a montré ses limites en matière de gestion régionale et d’un Istiqlal toujours menacé d’implosion. Comment sortir de tout cela sans rompre le fil d’Ariane qui nous relie à une démocratie en construction? C’est toute la question, avec obligation de réponse. Autrement, il n’y aurait ni rentrée ni sortie. L’absurde, comme au théâtre

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