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Du néant… à Adam de Abdelrhafour Elaraki

Le dernier livre de Abdelrhafour Elaraki, est un travail d’abord scientifique qui, par sa forte documentation tente de réconcilier l’Islam avec la science.

Quand tu regardes l’abîme, l’abîme regarde en toi, disait Nietzsche voilà; une formule qui vaudrait pour le livre et le lecteur…surtout ici. Oui, car l’on oublie que derrière le texte se cache l’auteur. D’autant plus qu’il s’agit là de religion. De religion mais de science aussi… Toutes proportions gardées, l’on croirait juste que le divin fait toujours des élus. Des élus en phase avec leurs temps. Cela pour que le texte sacré rime, autant que rimer se peut, avec les avancées de dame modernité, en l’occurrence, la science. Disons que cette réécriture plutôt qu’écriture, car l’approche n’est pas nouvelle, nous parle d’une religion qui tout en étant, en partie, ésotérique, n’est pas fixiste pour autant. Elle se veut évolutive.

Une approche usitée mais sachant se conserver, qui remonte au moins à Blaise Pascal. Ici, le fil conducteur est le même. D’abord si la science est maîtresse, comme chez Pascal, et pose ici comme préambule, le retour au texte sacré, lui, est une finalité. Abdelrhafour Elaraki, en amont, traite de la genèse de l’univers, d’où le titre, Du néant… à Adam. On passe par un univers sans début ni fin tel que conçu par Aristote, ou Einstein lui-même, avant que ce dernier soit débouté d’abord par Friedman puis par sa conscience de scientifique. Ensuite, il fallut que la science, de par ses disciplines, ici, la thermodynamique ou l’optique conclut à l’instant t=0 ou à la naissance de l’univers. Le fameux Big Bang. Le texte ne manque pas de détails, ceci dit, il n’en demande pas non plus … par exemple, il est question d’énergie et d’équilibre qui croissent de manière inversement proportionnelle l’une à l’autre… ce qui dit d’un ordre parfait quand la pleine énergie… d’où le t=0. Comme il est question de rayonnements d’étoiles qui disent de l’expansion de l’univers… inversement, la version compacte de l’univers à t=0. S’ensuit de près le verset coranique pour ainsi faire écho au verdict scientifique, comme ici «Ceux qui ont mécru, n’ont-ils pas vu que les cieux et la terre formaient une masse compacte? Ensuite Nous les avons séparés et fait de l’eau toute chose vivante.» Ainsi va le cours du livre, où le fait interpelle le ciel. Aussi n’a-t-on pas à sortir nos cours de physique pour autant, car la vulgarisation ne manque pas d’emboîter le pas à l’aspect l’académique.

Version galvaudée
Aussi y est abordé le problème philosophique millénaire qui oppose les créationnistes aux évolutionnistes. Dieu est-il, comme décrit par Voltaire, à l’instar d’un horloger, qui, ayant doté l’univers d’une mécanique, l’abandonne à son sort, ou bien, et comme l’attestent les théistes, Dieu aurait- il une action continue sur ses créations? L’auteur ne manque pas ici de s’attaquer à Darwin, dit père de l’évolutionnisme du fait qu’il n’ait reconnu comme prédécesseurs que les occidentaux, cela dit, une ingratitude envers les greco-arabo-musulmans tels Ibn Arabi ou Ibn Sina, lesquels savants pensaient tout aussi bien que l’homme est d’abord passé par un stade rocheux, végétal, animal, puis humain. Mais comme la vulgarisation a ses travers, l’on reprochera à l’auteur d’avoir repris à son compte la version galvaudée mais totalement fausse selon laquelle le sur-homme de Nietzsche serait Superman. Ce serait trop simple … Le sur-homme dont Zarathoustra serait le prophète symbolise plutôt un retour à la terre qu’une quelconque conquête du ciel. Quant à la note finale, elle répond à l’objet premier du livre, à savoir une réconciliation entre l’islam et la science. Après tout, certains diront pourquoi pas?

Hicham Aboumerrouane

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