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Najib Boulif défend la réforme du permis de conduire

Un plan contre la fraude

Professionnalisation des Auto-Ecoles et mise en place des garde-fous sont autant de mesures proposées par le gouvernement pour réformer le permis de conduire. Une réforme qui ne fait pas l’unanimité dans la profession.

Un bras de fer semble opposer, depuis quelque temps déjà, le secrétaire d’Etat au Transport, Mohamed Najib Boulif, et les propriétaires des auto-écoles. Et pour cause, une déclaration du ministre dans laquelle il affirme que 60% des permis de conduire sont accordés de façon frauduleuse. «Des propos considérés comme scandaleux, venant d’un haut responsable gouvernemental», s’indigne le président de l’Association des propriétaires des Auto- Ecoles, Noureddine Safadi. «De toute ma vie, je n’ai jamais constaté de fraude dans le processus d’obtention du permis de conduire. Comment est-ce possible de contourner les machines qui font passer l’examen?», estime-t-il, très déçu par le propos de M. Boulif.

ùNéanmoins, certains patrons d’auto- écoles reconnaissent l’existence de la corruption dans le circuit d’obtention du permis de conduire. Mais, selon eux, ce système tend progressivement à se réduire avec l’arrivée des nouvelles technologies et l’informatisation du processus. Pour combattre cette corruption, Najib Boulif propose une série de mesures visant à rendre plus difficile le processus d’obtention du permis de conduire. Outre la révision des questions à l’examen théorique, le secrétaire d’Etat entend prolonger la durée d’obtention du permis de conduire, pour la fixer à 45 jours minimum entre la date d’enregistrement et celle des tests appliqués.

Pour le ministre, c’est une durée raisonnable pour que le candidat assimile aussi bien la partie théorique que la partie pratique du permis de conduire. Et ce contrairement à ce qui se pratique actuellement quand on voit certains établissements pousser leurs candidats à passer l’examen au bout de deux semaines seulement d’apprentissage.

Un processus plus difficile
Autre mesure phare et non des moindres: la réussite à l’épreuve théorique se fera désormais en obtenant 34 points sur 40 au lieu de 30 précédemment pour la catégorie B, et 40 points sur 46 pour les catégories C et D. Concernant les tests appliqués, le ministre veut décréter pour la catégorie B que le nombre de candidats ne dépasse pas 10 personnes par voiture et par moniteur pour chaque mois.

Les tarifs de formation seront également fixés par le gouvernement pour éviter les tentations d’exploitation venant de certaines auto-écoles. C’est ainsi que, pour la partie théorique, le tarif sera de 37 dirhams l’heure. Et pour le test appliqué, il sera de 75 dirhams. Des tarifs rejetés par de nombreux propriétaires d’auto-écoles, qui estiment ce nouveau système de tarification très peu pratique.

Mais là où le bât blesse, c’est l’insuffisance de l’infrastructure technique et informatique au niveau de l’administration pour gérer plus de 500.000 permis de conduire accordés annuellement. Une tare que ne cessent de dénoncer les auto- écoles, qui critiquent le fait que le gouvernement propose une réforme pour laquelle l’administration en place n’est pas outillée.

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