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Nabila Freidji, présidente de la Commission “dynamique régionale” de la CGEM

Nabila Freidji

Nabila Freidji

[quote font= »1″]Interview. Le 28 mars 2015, la Confédération générale des entreprises du Maroc (CGEM) a  tenu un forum d’investissement dans la ville de Laâyoune. La présidente de la Commission  régionale de la confédération, Nabila Freidji, nous explique la stratégie du patronat dans les  régions du Sahara.[/quote]

Maroc Hebdo: Quelles raisons ont  poussé la Confédération générale  des entreprises du Maroc (CGEM)  à organiser, le 28 mars 2015 dans  la ville de Laâyoune, le Forum  de l’investissement dédié aux  régions du Sud?
Nabila Freidji:
A la CGEM, nous  avons la conviction que le  Maroc de demain est un Maroc  des régions. Le développement  national ne peut à notre sens faire  l’impasse sur le développement  de la région. Chaque région porte  d’importants relais de croissance.  D’ailleurs, depuis son élection  en 2012, la présidente de  la CGEM, Miriem Bensalah-  Chaqroun, a cherché à inscrire  son action au coeur du chantier  de régionalisation avancée que  connaît notre pays. En parlant  des provinces du Sud, Mme  Bensalah-Chaqroun s’y était dès  sa campagne rendue et y avait  fait la rencontre des principaux  acteurs et décideurs locaux.

Quels intérêts présente la région?
Nabila Freidji:
C’est une région  à laquelle s’intéresse la CGEM  depuis fort longtemps. Nous y  disposons depuis 2013 d’une  antenne locale basée à Laâyoune,  en sus de représentations dans les régions de Guelmim-Es Smara,  Laâyoune-Sakia El Hamra et Oued  Ed Dahab-Lagouira. Certes la fibre  patriotique anime l’ensemble  des patrons marocains, mais il y a  également des raisons purement  économiques qui nous amènent  à aller vers le Sud marocain. La  CGEM avait en outre commandé  en 2013 une monographie,  laquelle avait fait ressortir que  le Sahara pouvait offrir aux  investisseurs d’éventuelles  opportunités sur différents plans.

De quelles opportunités s’agit-il?
Nabila Freidji:
D’après les  conclusions de la monographie,  quatre secteurs sont concernés:  la pêche, avec le développement  de toute la chaîne de valeur et de  produits; l’énergie et les mines;  le tourisme et l’agriculture;  sans parler des secteurs  transverses que sont la santé,  l’éducation, l’infrastructure,  etc. Dans son nouveau modèle  de développement en 2013  des provinces du Sud, le  Conseil économique, social et  environnemental (CESE) avait  également fait ressortir les  mêmes points.

Comment compte procéder  la CGEM dans sa stratégie  d’investissement?
Nabila Freidji:
Nous misons sur  le développement d’un véritable  écosystème charriant un  ensemble de pôles économiques  forts. Je précise que lorsque l’on  évoque la pêche, par exemple, ce sont toutes les activités gravitant  autour qui sont également  concernées. L’énergie verte  pourrait être un secteur à valeur  ajoutée pour les provinces du  sud. Le Sahara pourrait devenir  une importante plateforme en  la matière.  Le ministère de l’Intérieur a  apporté son soutien au Forum  d’investissement de Laâyoune.

Avez-vous reçu certains  avantages de l’Etat pour aller  vous installer là-bas?
Nabila Freidji:
Il s’agit là d’un bel exemple de partenariat  fructueux. Sur cette opération  l’Etat a facilité l’accès au foncier,  à la “viabilisation” d’une zone  industrielle et a pris des mesures  dans le sens de l’accélération des  procédures en la matière.  La CGEM a commencé par  investir 6 milliards de dirhams  (MMDH) dans un premier temps.  Le modèle de développement du  CESE table sur un investissement  de 140 MMDH d’ici 2024, dont  la moitié provenant du privé.

Pensez-vous qu’il s’agit de visées  réalistes?
Nabila Freidji:
Je trouve que cette première opération augure d’un  avenir prometteur. Cependant,  il ne faut pas oublier qu’il ne  s’agit là que de la première  vague d’investissements.  Nous espérons aussi attirer de  nouveaux investissements de  toutes les autres régions du  Maroc ainsi que de l’étranger.  La région dispose d’atouts  indéniables qui garantiraient la  rentabilité à tout investisseur.

Pensez-vous que l’économie  de rente, dont on sait qu’elle  pèse sur le développement de la région, pourrait mettre un  frein aux investissements?
Nabila Freidji:
L’économie  de rente constitue de  façon générale un frein au  développement. Nous l’avons  vu suite à la crise bancaire et  financière mondiale de 2008,  seules des économies comme  l’Allemagne s’appuyant sur  l’industrie et de substantielles  valeurs ajoutées ont su faire  montre de résilience. Le  développement ne peut se faire  sur le lit de la rente. La CGEM  milite pour un tissu économique  et industriel créateur de  richesses et de valeur ajoutée.

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