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Mustapha Ramid croise le fer avec le parti du livre

Le PPS non grata?

Le Parti du progrès et du socialisme paierait selon son secrétaire général des positions qui l’auraient rendu “vulnérable”.

Le Parti du progrès et du socialisme (PPS) est-il en train de payer la rhétorique de son secrétaire général, Mohamed Nabil Benabdallah, sur la présumée mainmise de l’administration sur le jeu politique? Le lien de cause à effet est difficile à établir, mais en tout cas le parti du livre semble en mauvaise odeur de sainteté par les temps qui courent. Après le limogeage de deux de ses ministres, dont M. Benabdallah en tant que titulaire du portefeuille de l’Aménagement du territoire national, le 24 octobre 2017 en raison de dysfonctionnements dans la mise en oeuvre du programme de développement spatial de la province d’Al Hoceima, Al Hoceima, Manarat Al-Moutawassit -ils n’ont pour l’heure pas encore été remplacés-, voilà que la formation vient de se prendre une volée de bois vert de la part du Parti de la justice et du développement (PJD), qui pourtant était considéré jusqu’ici comme un allié indéfectible. Par la voix du ministre d’Etat chargé des Droits de l’Homme, Mustapha Ramid, qui prenait part le 13 janvier 2018 à une réunion du secrétariat général du parti, le PPS a, en effet, carrément été déclaré non grata, puisqu’il «ne serait plus capable de s’opposer depuis le limogeage de son secrétaire général».

«[Houcine Louardi] est un ministre raté,» a par ailleurs soutenu son ancien collègue, faisant là écho à des déclarations rapportées quelques semaines plus tôt dans la bouche du chef du gouvernement, Saâd Eddine El Othmani, à l’encontre de son ancien ministre de la Santé, également limogé en raison des dysfonctionnements de Manarat Al-Moutawassit. «[M.El Othmani] a nié en bloc lors de la rencontre qu’il a eue avec le secrétaire général directement après la diffusion de ces informations », avait affirmé l’ancien ministre de la Communication, Khalid Naciri, qui est membre du bureau politique du PPS.

Pas de fumée sans feu
Commentant son limogeage et celui de M. Louardi, il a déclaré qu’il s’agissait là d’une réaction faisant suite à «des positions qui nous ont rendus vulnérables et dont nous assumons la responsabilité», en faisant sans doute référence à sa déclaration en septembre 2016 à l’hebdomadaire Al-Ayyam où il désignait sans le nommer l’actuel conseiller du roi Mohammed VI, Fouad Ali El Himma, comme agent de la mainmise sur le jeu politique -en tant que fondateur du Parti authenticité et modernité (PAM)-, ce qui lui avait valu un communiqué cinglant du Cabinet royal. «Quelque part, nous nous y attendions, » a-t-il déclaré.

Des responsables du PPS, joints par nos soins, nous ont par ailleurs affirmé qu’il y avait bien une cabale à l’encontre de leur secrétaire général. «On fait tout pour qu’il ne prolonge pas pour un troisième mandat», confie l’un d’eux. Justement, le prochain congrès du PPS, le Xe de l’histoire du parti, s’annonce pour le mois de juin 2018. Et on ne sait toujours pas si M. Benabdallah compte se présenter. D’un côté, il déclare en «avoir le droit» -«le secrétaire général est élu pour un mandat susceptible d’être renouvelé à deux reprises,» plaide-t-il. De l’autre, il ne souhaite prendre de décision qu’au congrès. Et d’ailleurs, sa lecture des statuts estelle exacte? D’ici juin 2018, les prochains mois du PPS s’annoncent sans doute palpitants…

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