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MOLIÈRE ET AL MOUTANABI, MÊME COMBAT

Abdellatif Mansour

Journée internationale de la francophonie

La langue française serait mieux conservée à l’extérieur que dans l’hexagone, où elle semble sérieusement malmenée.

Il y a des journées internationales qui n’en cachent pas forcément d’autres. Celle de la francophonie, célébrée le 20 mars, ne peut faire de l’ombre à toute une semaine dédiée à la langue française, du 17 au 25 du même mois. Les statistiques sont édifiantes. Le français est partagé par 274 millions de personnes. Il est, avec l’anglais, son concurrent intime, les seules langues présentes sur les cinq continents.

La rubrique qui nous intéresse, en tant que pays relativement utilisateur, c’est celle de l’enseignement. Le français est la deuxième langue la plus apprise dans le monde avec 125 millions d’élèves et 900 mille professeurs de français. Cet aspect là semble poser problème au Maroc. La langue française peut-elle ou doit-elle avoir une place dans nos programmes scolaires? La question a été maintes fois mise et remise sur le métier. Elle revient comme un leitmotiv chaque fois que l’on parle de réforme du système éducatif national et de la révision des programmes. L’introduction du français est perçue comme une concurrence attentatoire à la primauté de la langue maternelle, l’arabe.

Celle-ci se sentirait tellement menacée qu’une association de la langue arabe s’est constituée. Une panique pour rien; un alarmisme quelque peu suspect.
S’il est vrai que la langue véhicule immanquablement des valeurs, des idées, une histoire, un système de pensée, un mode de vie; à ce titre, l’arabe ne peut se sentir bousculé sur son piédestal légitime. Elle s’appuie sur un socle séculaire des plus solides.

Deux remarques reviennent constamment à ce sujet. Un. La plupart de ceux qui appellent à cor et cri, à un monolinguisme arabophone mettent leurs enfants, quand ils en ont les moyens, dans des écoles privées où le français est enseigné dès la maternelle. Une schizophrénie qui a régulièrement phagocyté des débats contradictoires. Deux. Les cadres supérieurs du privé ou de la chose publique parlent couramment soit le français, soit l’anglais, et souvent les deux; en plus de l’arabe, évidemment. Les spécialistes nous gratifient, nous autres utilisateurs étrangers, d’un satisfecit élogieux; la langue française serait mieux conservée à l’extérieur que dans l’Hexagone, où elle semble sérieusement malmenée. Moralité de l’histoire, la langue de Molière et la langue d’Al Moutanabi sont plus que jamais appelées à un enrichissement réciproque sous un ciel où il fait bon vivre ensemble dans toutes les langues.

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