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MOINS D’INFLATION, PLUS D’EMPLOIS?

Seddik Mouaffak

Seddik Mouaffak

Au Maroc, comme ailleurs, malgré  l’installation d’un régime  de faible inflation, l’emploi et  la croissance marquent le pas même  dans les économies dites émergentes  comme la Chine, souvent citées  comme modèle à suivre.

Retrouver la voie de la croissance dans  un monde de plus en plus bouleversé  par des crises financières récurrentes,  comme celle qui vient de secouer cet  été l’ordre financier mondial, passe  plus que jamais par la seule lutte qui  vaille la peine, celle contre le chômage.  Or, dans ce domaine, la multiplicité  des efforts des uns et des autres,  contraste avec le sentiment d’impuissance  politique qui s’installe à mesure  que le mal perdure. Faute, peut-être,  de cet élan collectif pour livrer bataille  contre ce fléau du chômage, devenu,  désormais, planétaire. À l’image du  changement climatique, dont nul, en  effet, ne peut prétendre, actuellement,  être à l’abri. À moins d’un sursaut  collectif déclarant une guerre globale  contre ce désordre global.

L’impératif de lutter aussi bien contre  le chaos écologique planétaire que les  désordres financiers mondiaux est  seul à même de favoriser une nouvelle  croissance créatrice d’emplois.  Mais pas n’importe quels emplois.  Des emplois très qualifiés basés sur  des compétences nouvelles favorisées,  notamment, par l’émergence  et surtout la généralisation des nouvelles  technologies de l’information  et de la communication. Généralisation touchant tous les aspects de  la vie politique, économique, sociale  et culturelle. Si elle veut créer suffisamment  d’emplois pour atténuer les  destructions d’emplois assez élevées  jusqu’ici, l’économie marocaine est  alors condamnée à s’adapter à cette  réalité nouvelle.

Sa compétitivité est  plus que jamais subordonnée, non pas  à une main-d’oeuvre bon marché, donc  peu, voire pas du tout formée, mais à  une main- d’oeuvre dotée des moyens  les plus modernes de l’innovation et du  savoir.
Sous l’influence de la troisième révolution  scientifique et technique et des  impératifs de la mondialisation, certains  indices concernant la situation  du marché du travail telle qu’elle ressort  de la dernière enquête du Haut  Commissariat au Plan (HCP) portent à  croire que l’économie marocaine est en  cours de mutation. En effet, notre économie  ne peut plus compter désormais  sur des emplois de faible qualification  et parfois non rémunérateurs (essentiellement  des aides familiales). Largement  plus ouverte et subissant de plein  fouet la concurrence étrangère, l’économie  marocaine crée de plus en plus  des emplois rémunérés, même dans  des secteurs comme l’agriculture qui  ont fonctionné sur un mode jusqu’ici  traditionnel.

Aujourd’hui, tout un pan du secteur  agricole se modernise et se mécanise,  ce qui nécessite un recours moindre à  la main-d’oeuvre non qualifiée. Ceci,  d’autant plus que certains jeunes,  même dans les secteurs dits traditionnels,  sont de plus en plus exigeants  quant aux conditions d’accès au marché  du travail. De mieux en mieux formés,  ils ne sont plus disposés à accepter  n’importe quel travail et à n’importe  quel salaire

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