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Mohamed Ziane : « El Omari incitait le Hirak à l’escalade »

MOHAMED ZIANE – ©ph:DR

Vous avez déclaré qu’Ilyas El Omari incitait les manifestants du Rif à l’escalade. C’est un peu trop…
Ce n’est pas moi qui ai fait cette déclaration, c’est mon collègue Ishak Charia. Moi, je l’ai confirmée d’après ce que j’ai pu avoir comme éléments.
Les déclarations de Nacer Zefzafi et d’autres chefs du Hirak sont là pour corroborer cette accusation. M. El Omari poussait les dirigeants du Hirak à aller chaque jour un plus loin dans leurs revendications. Il les a même incités à réclamer un référendum. Pour tout résumer, oui!, El Omari incitait le Hirak à l’escalade.

“Référendum”, dites-vous? C’est facile de lancer une telle accusation…
Moi, je dis plutôt que c’est facile à vérifier. Les dirigeants du Hirak sont là et M. El Omari ne peut pas les démentir tous. Le véritable débat aujourd’hui n’est pas de savoir si oui ou non le leader démissionnaire du PAM a fait cela, mais plutôt dans quel objectif? Il ya deux éventualités dans ce genre de cas: la première, c’est que M. El Omari veut pousser les leaders du Hirak à l’extrême et justifier à la fois les arrestations, voire même un massacre dans la région. Il faut bien le dire, je suis avocat des manifestants du Hirak mais je ne peux pas accepter le moindre fait de nature à nuire à l’unité territoriale ou à la monarchie. Donc, M. El Omari joue ici à la politique de la terre brûlée du moment que les manifestants le rejetaient. N’oublions pas que, quelques semaines après le début du Hirak, les partis de la majorité ont sorti leur fameux communiqué accusant les Rifains de traîtrise. L’action d’El Omari participerait donc de cette logique.

Et c’est quoi, l’autre option?
L’autre option, c’est que M. El Omari voulait bien d’un référendum qui donnerait au moins une sorte d’autonomie à la région du Rif. Un rêve que certains nourrissent depuis belle lurette et que nous ne pouvons accepter. C’est dans ce cadre que, lors du procès de Zefzafi et de ses compagnons, mardi 21 novembre 2017, cette affaire a été soulevée et on s’attendait à ce que Zefzafi soit interrogé sur le champ. Chose qui n’a pas eu lieu.

L’audience a été reportée d’une semaine et le Parquet a décidé d’ouvrir une enquête, vu la gravité de ces accusations touchant, comme vous le dites, les fondamentaux du pays…
Qu’est-ce qui peut justifier ce report? A mon sens, rien. M. Zefzafi était présent dans la salle. Ses avocats aussi, de même que les avocats des déclarants (l’Etat, entre autres). Au vu de la gravité de l’accusation, le président de la séance aurait dû tirer cette affaire au clair en posant les questions qu’il fallait à M. Zefzafi. Il ne l’a pas fait et il renvoie M. Zefzafi et ses co-détenus à la prison. Que va-t-il se passer durant cette semaine en attendant la reprise du procès? M. El Omari a non seulement le droit, mais l’obligation de s’expliquer…

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