Dépêche
Accueil » Edito » Mission difficile, sinon impossible

Mission difficile, sinon impossible

Mustapha Sehimi

Visite de Horst Köhler au Maroc et en Algérie

C’est avec le voisin de l’Est que l’Envoyé personnel du Secrétaire général de l’ONU pour le Sahara doit voir comment débloquer la situation.

L’envoyé personnel du Secrétaire général de l’ONU, Horst Köhler, effectue à la fin de ce mois de juin 2018, une visite dans la région. Après Rabat, où il sera reçu par le ministre des Affaires étrangères et de la coopération internationale, Nasser Bourita, il se rendra à Laâyoune avant de s’envoler vers le pays voisin. Limitera-t-il son séjour en Algérie à Tindouf, où se trouve le siège des séparatistes, ou le mettrat- il à profit pour rencontrer également des officiels algériens, dont Abdelkader Messahel, en charge de la diplomatie?

Horst Köhler a un mandat qui lui a été confié par le Conseil de sécurité de l’ONU. Sa mission c’est de s’en tenir, strictement, aux termes de référence qui lui ont été ainsi assignés. Pas plus, pas moins.
C’est en tout cas ce que le Maroc attend de lui compte tenu de certaines de ses ambiguïtés lors des quatre premiers mois de cette année. Ce mandat, quel est-il? Tirant lui-même les conclusions relatives à l’échec de son prédécesseur, Christopher Ross, il a fait état dès les premières semaines de sa nomination officielle en septembre 2017, de sa volonté d’imprimer une «nouvelle dynamique» et un «nouvel esprit» pour relancer le processus de négociation. Or, force est de relever que l’on n’a pas vraiment appréhendé sa touche personnelle de nature à illustrer l’état d’esprit qu’il avait annoncé.

Qui est compétent pour le dossier du Sahara marocain? Le Conseil de sécurité, saisi depuis le départ, et qui réserve annuellement une réunion dédiée à la fin de chaque mois d’avril. Or, M. Köhler a pris bien des libertés avec la feuille de route qu’il devait respecter. Ses initiatives malencontreuses mais calculées ont voulu élargir les contacts à l’Union africaine et à l’Union européenne on l’a même vu se rendre, quelques jours à peine avant la réunion du Conseil de sécurité, voici pratiquement deux mois, à Stockholm pour y rencontrer la ministre suédoise des Affaires étrangères… il y a là, assurément, du «brouillage» pour impliquer d’une manière ou d’une autre des entités régionales et des parties qui n’ont pas voix au chapitre.

S’il a fait une première visite à la mi-octobre dernier dans la région –il a même été reçu par S.M Mohammed VI à Rabat– c’était plutôt une prise de contacts pour mieux s’informer de l’état du dossier, il lui restait une autre visite parce qu’il doit désormais présenter un rapport d’étape d’ici le mois d’octobre au Secrétaire général de l’ONU, Antonio Guterres, et au Conseil de sécurité. Ce délai lui a été fixé par la résolution 2414 en date du 27 avril 2018 votée par cette haute instance onusienne.

Dans ce cadre-là, il s’agit pour lui de relancer un cinquième cycle de négociations pour se conformer à la résolution du Conseil de sécurité invitant instamment à la recherche d’une solution réaliste, pragmatique et durable. Ce même organe se félicite «des efforts sérieux et crédibles faits par le Maroc pour aller de l’avant vers un règlement»; il demande également aux pays voisins de contribuer au processus politique et de s’impliquer davantage.

C’est évidemment l’Algérie qui est visée et qui est incriminée; c’est elle qui héberge, finance et soutient le mouvement séparatiste en mobilisant depuis plus de quatre décennies son appareil diplomatique dans toutes les instances et enceintes régionales et internationales.

C’est donc avec le voisin de l’Est que Horst Köhler doit voir comment aller de l’avant. Mission difficile, sinon impossible? Oui, dans une large mesure parce qu’aucun responsable algérien ne peut décider quoi que ce soit, le régime étant miné par l’impasse et les hypothèques liées à l’après-Bouteflika.

NEWSLETTER MAROC HEBDO.

Entrez votre adresse e-mail

S'abonner à  la Newsletter !