L'édition 2002 du Paris-Dakar menacée par le Polisario
Du séparatisme au terrorisme

En décembre 2000, Mohamed Abdelaziz déclarait au journal algérien El Watan à la veille du Paris-Dakar: “Nous porterons la guerre sur l’ensemble des fronts et des objectifs militaires marocains. Le théâtre des opérations militaires sera total et il sera difficile de faire la distinction entre ce qui est rallye et ce qui ne l’est pas. Il faut que les organisateurs sachent que nous ne pourrons pas distinguer entre ce qui est Marocain et ce qui ne l’est pas”. Il a fait des déclarations identiques avant le rallye de cette année. C'est cela le terrorisme.

Amale SAMIE

 

Mohamed Abdelaziz.

 

Le 3 novembre 2001, Mohamed Abdelaziz, chef du Polisario s'en est pris aux préparatifs du Paris-Dakar 2002, qui se déroulent “avec la bénédiction du gouvernement français”, ainsi qu’à la récente visite royale dans les territoires occupés, qui constituent “une escalade inacceptable aux conséquences gravissimes pour les efforts de paix en cours et pour la stabilité dans la région”. Il a demandé l'intervention des Nations unies, “afin de condamner la visite du roi du Maroc et d'empêcher le passage du rallye Paris-Dakar par le territoire sahraoui”.
Mais si le “président” des séparatistes a décidé de monter lui-même au créneau, c'est parce que les membres de son "gouvernement" avaient multiplié les déclarations menaçantes en Espagne et en Algérie sur le risque que courent le rallye, les concurrents et accessoirement les Marocains si l'itinéraire est maintenu. En vain. L'itinéraire est maintenu. Le rallye partira d'Arras, passera par Madrid, Rabat, Ouarzazate, Tan Tan, puis joindra le Sahara à la ville de Zouérate, en Mauritanie, le 3 janvier 2002.

Élucubrations

Les organisateurs n'accordent pas une attention excessive à ces élucubrations, “La dimension sportive de ce 24 ème Dakar perpétue l’attrait de la compétition: un parcours exceptionnel, des étapes marathon d’un type nouveau, un découpage équilibré entre pilotage, hors-piste et difficultés de franchissement. Et toujours, la beauté majestueuse des paysages traversés”.
Mais la 7ème étape, Ouarzazate-Tan Tan-Zouéarat est tout de même ouvertement menacée. Une menace soigneusement entretenue et relayée par la presse dévouée aux séparatistes. Le terrorisme écrit s'est mis au service du terrorisme armé.
D'ailleurs, on ne tardera pas à s'en rendre compte, le Polisario a bien l'intention de faire peser une atmosphère d'insécurité sur la compétition sportive.
Le 14 novembre 2001, les choses sont passées à la vitesse supérieure. La presse du Polisario annonçait que “l'armée sahraouie avait procédé à des manœuvres militaires près de Tifariti, dans les territoires libérés de la RASD. Septièmes depuis le début de l'année, ces manœuvres se sont déroulées en présence du président Mohamed Abdelaziz. Une attaque contre un ennemi en situation défensive a été simulée”.

Scepticisme

Il faut préciser que “les territoires libérés” sont situés à l'est des murs de défense et que le rallye passera par Tifariti, un lieudit, ou dans ses environs et que l'ennemi en situation défensive n'est autre que l'armée marocaine en charge de la sécurité de la course. La 7° étape, Ouarzazate-Tan Tan-Zouérate est visée sans la moindre équivoque.
Ce n'est pas tout. Le 15 novembre, la Izquierda Unida (gauche unie) espagnole a critiqué la municipalité de Madrid, ville-étape, pour la subvention accordée au rallye.
Mohamed Abdelaziz revenait à la charge le 17 novembre en demandant au secrétaire général de l'ONU d'intervenir pour annuler les contrats pétroliers et les atteintes au droit international dans les territoires occupés. Il a averti que le Front Polisario ne resterait pas les bras croisés ni se résignerait à accepter ce “nouveau procédé marocain”. Le “président” a adressé, le même jour, une lettre au président Bush “dans le souci d'éviter à la région un dérapage incontrôlable”. Situation de nouveau explosive. Comme l'année dernière, lors de la 23° édition du Paris-Dakar.
Souvenons-nous. Le 7 janvier 2000, le monde entier attendait, avec scepticisme, il faut le dire, une flambée militaire contre le Maroc qui laissait le Paris-Dakar transiter par les provinces du sud. Ce jour-là, les concurrents devaient entrer sur le sol du Sahara.
Le Polisario et l'Algérie menaçaient les concurrents d'un bain de sang. Le Maroc allait subir une offensive sur tous les fronts et il serait bien sûr “écrasé par les combattants des droits des peuples”.

Menace

De fortes pressions avaient été exercées sur les organisateurs pour qu'ils adoptent un parcours en conformité avec le droit du Polisario à obéir à Alger. Le général Mohamed Lamari, tête de file des généraux qui ont ruiné leur pays avait même dû rester en contact permanent avec le leader séparatiste parce que “la situation évoluait très vite”. Puis il s'était rendu à Tindouf pour “exhorter le Polisario à s'en tenir au recours à la légalité internationale et à ne pas “détruire” le Maroc”.
Les nations représentées au Paris-Dakar étaient inquiètes, rien de plus normal, et l'armée marocaine avait redoublé de vigilance dans l'éventualité bien peu probable où les gesticulations des chefs du Polisario seraient suivies d'effet. Au moins un petit raid, une brève escarmouche. Mais il n'y avait rien derrière les moulinets et les serments fracassants.
Le Maroc était-il en mesure de protéger la caravane sportive contre des terroristes s'ils s'étaient mis en tête de mettre leurs menaces à exécution? Les concurrents des quatre coins du monde n'avaient pas été dissuadés par leurs gouvernements de faire ronfler les moteurs sur les dunes. Parce qu’on sait dans les chancelleries de quelles forces disposent les uns et les autres.
Face aux craintes d'attaque du Front Polisario lors de la traversée du Sahara, Roger Kalmanovitz le directeur des relations extérieures de la course, avait déclaré sur France Info: “J'ai rencontré les personnes adéquates qui m'ont garanti que le rallye, en tout cas les participants, ne sont absolument pas menacés dans leur sécurité physique'”. Il avait ajouté: “le Front Polisario n'est pas un mouvement terroriste”.
Un message on ne peut plus clair: toute atteinte au rallye serait considérée comme un acte terroriste. Mais la menace du terrorisme n'est-elle pas l'essence même du terrorisme?
Mohamed Abdelaziz avait déclaré aux “organisateurs du rallye, au roi du Maroc et à tous ceux qui leur ont donné le feu vert: Stoppez votre aventure, arrêtez votre provocation”. Est-ce autre chose que du terrorisme exercé sur des sportifs pacifiques? Comment ne pas voir un chantage ignoble dans cette déclaration de Mohamed Abdelaziz? “À trois jours de la date fatidique, nous nous considérons déliés de tous nos engagements en ce qui concerne le respect du cessez-le-feu, dès le jour où le rallye passera la frontière maroco-sahraouie. Nous aurons recours aux armes sur tous les fronts contre les forces d’occupation marocaines”.

Chantage

Le Maroc a définitivement verrouillé ses territoires. Les conjectures sur la portée des missiles, sur l'armement lourd et semi-léger, les effectifs des unités, tout avait été tenté pour mettre en scène deux géants sur le point de s'empoigner. Il avait suffi d'un geste “humanitaire” en direction des chefs du Polisario à Tindouf pour trouver à ceux qui menaçaient “une porte de sortie honorable”. Le Maroc est-il pour autant tenu d'attendre que ses adversaires trouvent une porte de sortie honorable après chaque menace?
Le secrétaire général de l'ONU, Kofi Annan, avait officiellement mis en garde le Polisario contre tout geste malheureux qui porterait atteinte à la sécurité des coureurs du rallye. Puis le Conseil de sécurité avait vigoureusement condamné ces menaces récurrentes, accusant le Polisario de mener un chantage à la guerre contre la communauté internationale.
Les menaces ont recommencé quand même, cette année à la veille du passage des concurrents de l'édition 2001-2002 par le Sahara. Interrogé sur la question, un organisateur du rallye ne se fait visiblement pas de mauvais sang: “Il ne faut rien exagérer, l'année dernière, le seul incident en relation avec la guerre dans la région était l'explosion d'une mine qui a grièvement blessé un guide sur le territoire mauritanien”.
Le Conseil de sécurité a décidé de proroger à l'unanimité le mandat de la MINURSO de trois mois, soit jusqu'au 28 février prochain, pour que les parties aient le temps de discuter. Mais surtout, un avertissement clair a été adressé au Polisario: “Il est demandé aux parties au conflit de s'abstenir de toute action qui pourrait aggraver la situation dans la région”.
Le chef du Polisario s'est intérrogé: “Si les participants du Paris-Dakar prennent le risque de s’aventurer dans une zone d’hostilités, comment voulez-vous que nous garantissions qu’ils ne seront pas touchés?”

Baudruche

La réponse du Maroc est claire, le rallye Paris-Dakar est une manifestation sportive. Elle passe sur le territoire marocain. Il appartient au Maroc de veiller à la sécurité des sportifs, des journalistes et des accompagnateurs. Mais les masques sont tombés, le Polisario a montré son vrai visage, un conglomérat de desperados sur le point de virer au terrorisme. Confronté à une réalité qui scelle son sort, il a recours aux menaces et aux tentatives d’intimidation. Mais aucun concurrent n'a peur de recevoir, le 3 janvier 2002, une avalanche de missiles sur le capot. La baudruche va se dégonfler, comme elle s'était dégonflée le 7 janvier 2001.
Toutefois, la communauté internationale doit condamner ces procédés de brigands qui tiennent des propos intolérables, prélude habituel aux actes les plus sanglants, les plus insensés.

 

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