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Le 3 novembre
2001, Mohamed Abdelaziz, chef du Polisario s'en est pris aux préparatifs
du Paris-Dakar 2002, qui se déroulent avec la bénédiction
du gouvernement français, ainsi quà la récente
visite royale dans les territoires occupés, qui constituent une
escalade inacceptable aux conséquences gravissimes pour les efforts
de paix en cours et pour la stabilité dans la région.
Il a demandé l'intervention des Nations unies, afin de condamner
la visite du roi du Maroc et d'empêcher le passage du rallye Paris-Dakar
par le territoire sahraoui.
Mais si le président des séparatistes a décidé
de monter lui-même au créneau, c'est parce que les membres
de son "gouvernement" avaient multiplié les déclarations
menaçantes en Espagne et en Algérie sur le risque que courent
le rallye, les concurrents et accessoirement les Marocains si l'itinéraire
est maintenu. En vain. L'itinéraire est maintenu. Le rallye partira
d'Arras, passera par Madrid, Rabat, Ouarzazate, Tan Tan, puis joindra
le Sahara à la ville de Zouérate, en Mauritanie, le 3 janvier
2002.
Élucubrations
Les organisateurs
n'accordent pas une attention excessive à ces élucubrations,
La dimension sportive de ce 24 ème Dakar perpétue
lattrait de la compétition: un parcours exceptionnel, des
étapes marathon dun type nouveau, un découpage équilibré
entre pilotage, hors-piste et difficultés de franchissement. Et
toujours, la beauté majestueuse des paysages traversés.
Mais la 7ème étape, Ouarzazate-Tan Tan-Zouéarat est
tout de même ouvertement menacée. Une menace soigneusement
entretenue et relayée par la presse dévouée aux séparatistes.
Le terrorisme écrit s'est mis au service du terrorisme armé.
D'ailleurs, on ne tardera pas à s'en rendre compte, le Polisario
a bien l'intention de faire peser une atmosphère d'insécurité
sur la compétition sportive.
Le 14 novembre 2001, les choses sont passées à la vitesse
supérieure. La presse du Polisario annonçait que l'armée
sahraouie avait procédé à des manuvres militaires
près de Tifariti, dans les territoires libérés de
la RASD. Septièmes depuis le début de l'année, ces
manuvres se sont déroulées en présence du président
Mohamed Abdelaziz. Une attaque contre un ennemi en situation défensive
a été simulée.
Scepticisme
Il faut
préciser que les territoires libérés
sont situés à l'est des murs de défense et que le
rallye passera par Tifariti, un lieudit, ou dans ses environs et que l'ennemi
en situation défensive n'est autre que l'armée marocaine
en charge de la sécurité de la course. La 7° étape,
Ouarzazate-Tan Tan-Zouérate est visée sans la moindre équivoque.
Ce n'est pas tout. Le 15 novembre, la Izquierda Unida (gauche unie) espagnole
a critiqué la municipalité de Madrid, ville-étape,
pour la subvention accordée au rallye.
Mohamed Abdelaziz revenait à la charge le 17 novembre en demandant
au secrétaire général de l'ONU d'intervenir pour
annuler les contrats pétroliers et les atteintes au droit international
dans les territoires occupés. Il a averti que le Front Polisario
ne resterait pas les bras croisés ni se résignerait à
accepter ce nouveau procédé marocain. Le président
a adressé, le même jour, une lettre au président Bush
dans le souci d'éviter à la région un dérapage
incontrôlable. Situation de nouveau explosive. Comme l'année
dernière, lors de la 23° édition du Paris-Dakar.
Souvenons-nous. Le 7 janvier 2000, le monde entier attendait, avec scepticisme,
il faut le dire, une flambée militaire contre le Maroc qui laissait
le Paris-Dakar transiter par les provinces du sud. Ce jour-là,
les concurrents devaient entrer sur le sol du Sahara.
Le Polisario et l'Algérie menaçaient les concurrents d'un
bain de sang. Le Maroc allait subir une offensive sur tous les fronts
et il serait bien sûr écrasé par les combattants
des droits des peuples.
Menace
De fortes
pressions avaient été exercées sur les organisateurs
pour qu'ils adoptent un parcours en conformité avec le droit du
Polisario à obéir à Alger. Le général
Mohamed Lamari, tête de file des généraux qui ont
ruiné leur pays avait même dû rester en contact permanent
avec le leader séparatiste parce que la situation évoluait
très vite. Puis il s'était rendu à Tindouf
pour exhorter le Polisario à s'en tenir au recours à
la légalité internationale et à ne pas détruire
le Maroc.
Les nations représentées au Paris-Dakar étaient inquiètes,
rien de plus normal, et l'armée marocaine avait redoublé
de vigilance dans l'éventualité bien peu probable où
les gesticulations des chefs du Polisario seraient suivies d'effet. Au
moins un petit raid, une brève escarmouche. Mais il n'y avait rien
derrière les moulinets et les serments fracassants.
Le Maroc était-il en mesure de protéger la caravane sportive
contre des terroristes s'ils s'étaient mis en tête de mettre
leurs menaces à exécution? Les concurrents des quatre coins
du monde n'avaient pas été dissuadés par leurs gouvernements
de faire ronfler les moteurs sur les dunes. Parce quon sait dans
les chancelleries de quelles forces disposent les uns et les autres.
Face aux craintes d'attaque du Front Polisario lors de la traversée
du Sahara, Roger Kalmanovitz le directeur des relations extérieures
de la course, avait déclaré sur France Info: J'ai
rencontré les personnes adéquates qui m'ont garanti que
le rallye, en tout cas les participants, ne sont absolument pas menacés
dans leur sécurité physique'. Il avait ajouté:
le Front Polisario n'est pas un mouvement terroriste.
Un message on ne peut plus clair: toute atteinte au rallye serait considérée
comme un acte terroriste. Mais la menace du terrorisme n'est-elle pas
l'essence même du terrorisme?
Mohamed Abdelaziz avait déclaré aux organisateurs
du rallye, au roi du Maroc et à tous ceux qui leur ont donné
le feu vert: Stoppez votre aventure, arrêtez votre provocation.
Est-ce autre chose que du terrorisme exercé sur des sportifs pacifiques?
Comment ne pas voir un chantage ignoble dans cette déclaration
de Mohamed Abdelaziz? À trois jours de la date fatidique,
nous nous considérons déliés de tous nos engagements
en ce qui concerne le respect du cessez-le-feu, dès le jour où
le rallye passera la frontière maroco-sahraouie. Nous aurons recours
aux armes sur tous les fronts contre les forces doccupation marocaines.
Chantage
Le Maroc
a définitivement verrouillé ses territoires. Les conjectures
sur la portée des missiles, sur l'armement lourd et semi-léger,
les effectifs des unités, tout avait été tenté
pour mettre en scène deux géants sur le point de s'empoigner.
Il avait suffi d'un geste humanitaire en direction des chefs
du Polisario à Tindouf pour trouver à ceux qui menaçaient
une porte de sortie honorable. Le Maroc est-il pour autant
tenu d'attendre que ses adversaires trouvent une porte de sortie honorable
après chaque menace?
Le secrétaire général de l'ONU, Kofi Annan, avait
officiellement mis en garde le Polisario contre tout geste malheureux
qui porterait atteinte à la sécurité des coureurs
du rallye. Puis le Conseil de sécurité avait vigoureusement
condamné ces menaces récurrentes, accusant le Polisario
de mener un chantage à la guerre contre la communauté internationale.
Les menaces ont recommencé quand même, cette année
à la veille du passage des concurrents de l'édition 2001-2002
par le Sahara. Interrogé sur la question, un organisateur du rallye
ne se fait visiblement pas de mauvais sang: Il ne faut rien exagérer,
l'année dernière, le seul incident en relation avec la guerre
dans la région était l'explosion d'une mine qui a grièvement
blessé un guide sur le territoire mauritanien.
Le Conseil de sécurité a décidé de proroger
à l'unanimité le mandat de la MINURSO de trois mois, soit
jusqu'au 28 février prochain, pour que les parties aient le temps
de discuter. Mais surtout, un avertissement clair a été
adressé au Polisario: Il est demandé aux parties au
conflit de s'abstenir de toute action qui pourrait aggraver la situation
dans la région.
Le chef du Polisario s'est intérrogé: Si les participants
du Paris-Dakar prennent le risque de saventurer dans une zone dhostilités,
comment voulez-vous que nous garantissions quils ne seront pas touchés?
Baudruche
La réponse
du Maroc est claire, le rallye Paris-Dakar est une manifestation sportive.
Elle passe sur le territoire marocain. Il appartient au Maroc de veiller
à la sécurité des sportifs, des journalistes et des
accompagnateurs. Mais les masques sont tombés, le Polisario a montré
son vrai visage, un conglomérat de desperados sur le point de virer
au terrorisme. Confronté à une réalité qui
scelle son sort, il a recours aux menaces et aux tentatives dintimidation.
Mais aucun concurrent n'a peur de recevoir, le 3 janvier 2002, une avalanche
de missiles sur le capot. La baudruche va se dégonfler, comme elle
s'était dégonflée le 7 janvier 2001.
Toutefois, la communauté internationale doit condamner ces procédés
de brigands qui tiennent des propos intolérables, prélude
habituel aux actes les plus sanglants, les plus insensés.
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