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Les médecins du public toujours en grève

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Les toubibs en colère

Depuis le 10 décembre 2018, un mouvement de grève est observé par les médecins du secteur public pour exprimer le ras le bol du corps médical à l’appel du Syndicat indépendant des médecins du secteur public (SIMSP).

18 mois que cela dure! La grogne des médecins du secteur public s’est intensifiée cette semaine. Les blouses blanches observent, du 17 au 23 décembre 2018, une grève nationale au niveau de tous les hôpitaux du Royaume, qui fait suite à la «semaine de la colère» du 10 au 16 décembre, pour protester contre la non-satisfaction de leur cahier revendicatif. Toutes les consultations médicales seront suspendues. Les raisons de cette colère sont, entre autres, «le manque chronique de personnel médical, une grande pénurie de matériel biomédical», selon El Mountadar Alaoui, secrétaire général du Syndicat indépendant des médecins du secteur public (SIMPS).

Les médecins, excédés par des conditions de travail précaires, demandent également une revalorisation des salaires. Des revendications émises depuis déjà plusieurs mois mais le syndicat considère que rien n’a changé, ce qui a motivé la décision radicale de faire grève. «Nous menons des manifestations de différentes sortes depuis plus d’un an. Des sit-ins, des marches, des grèves, mais le gouvernement ne réagit pas», s’insurge El Mountadar Alaoui qui se réjouit tout de même de l’ampleur du mouvement, puisque «90% de nos collègues nous suivent dans cette démarche». Un pourcentage qui a atteint les 100% dans de nombreux centres de santé à travers le Royaume. Un déferlement massif qui témoigne d’une prise de conscience généralisée dans les rangs des médecins marocains quant à la légitimité de leurs revendications.

Des mesures insuffisantes
Le ministère de tutelle assure pourtant que le dialogue est ouvert et qu’il a pris des mesures fortes pour améliorer la condition des médecins. Ce à quoi le SG du SIMPS répond: «Certes, il y a des efforts et des moyens développés mais, sur le terrain, nous n’avons encore rien vu arriver et c’est encore loin de nos attentes et de celles du citoyen». El Mountadar Alaoui va plus loin et exhorte le gouvernement à «assumer ses responsabilités et à tenir les promesses et les engagements pris il y a plus de six ans car les médecins travaillent dans des conditions déplorables et les relations avec les patients ne cessent de se dégrader».

La pression sur le ministère de tutelle devrait s’accentuer puisque des centaines de démissions continuent d’affluer. Au total 210 médecins (50 dans l’Oriental, 30 à Ouarzazate et 130 à Casablanca) ont présenté des demandes de démission collective en octobre. En attendant, les médecins du public ne participeront à aucune caravane médicale, excepté l’opération Riaya, poursuivront la «grève de cachets» et boycotteront la campagne médicale scolaire, en raison de l’absence des normes médicales et administratives minimales. Enfin, les médecins du secteur public reconduiront la grève le vendredi 28 et le lundi 31 décembre 2018.

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