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Les Marocaines de moins en moins fécondes

Le HCP décortique l’évolution démographique au Maroc

Après avoir culminé à plus de 7 enfants au cours des années 1960, le nombre moyen d’enfants par femme a chuté à près de 2,21 enfants en 2014, voire en dessous du niveau de remplacement des générations dans les villes.

Bien qu’elle demeure encore élevée au sein de certaines catégories de population, en particulier en milieu rural et chez les femmes analphabètes, la fécondité des femmes marocaines poursuit sa baisse inéluctable. Pour cause de fin de transition démographique. C’est ce qui ressort de la note d’information publiée par le Haut Commissariat au Plan (HCP) à l’occasion de la Journée mondiale de la population, célébrée chaque année le 11 juillet. Cette année le thème retenu est «Planification familiale: donner aux populations la capacité d’agir, contribuer au développement des pays».

Cette baisse de la fécondité s’explique en grande partie, nous disent les analystes du HCP, par «les transformations sociales en cours, notamment avec l’amélioration progressive du statut des femmes et la possibilité accrue qu’elles auront de maîtriser leur fécondité grâce à la contraception».

Ainsi, après avoir culminé à plus de 7 enfants au cours des années 1960, le nombre moyen d’enfants par femme a chuté à près de 2,21 enfants en 2014 , voire en dessous du niveau de remplacement des générations dans les villes. Soit 2,02 en milieu urbain et 2,55 en milieu rural. Cette baisse accentuée de la fécondité s’est faite en moins de trente ans au Maroc, alors qu’elle a nécessité près de deux siècles en France.

Par ailleurs, la baisse de la fécondité s’explique également par le fait que les femmes ne se marient plus aussi précocement qu’avant. Ainsi, l’âge au premier mariage féminin est passé de moins de vingt ans vers les années soixante à plus de 25,7 ans, constatent les experts du HCP. «Si la tradition du mariage précoce et universel prédominait au Maroc en 1960, et plus souvent arrangé dès la puberté, les mutations socio-économiques, qui ont marqué la société marocaine durant les cinq dernières décennies, ont entraîné un bouleversement de cette situation», explique le HCP.

La prévalence contraceptive
La diffusion des moyens de limitation volontaire des naissances a également joué un rôle non négligeable dans cette situation. La prévalence contraceptive a connu une augmentation très importante au fil des années. Planification de plus en plus orientée, d’ailleurs, vers l’utilisation de la contraception moderne.

Plus loin encore, l’amélioration du statut de la femme a aussi contribué dans le changement démographique connu par le pays ces dernières années. «L’aptitude à lire et à écrire et la scolarisation diplômante ont ouvert aux femmes de nouvelles perspectives quant à leur autonomie et leur insertion professionnelle, engendrant ainsi, le recul de leur âge au mariage et le recours de plus en plus massif à la contraception.»

Par ailleurs, le recul accentué de la fécondité amorce une tendance aussi bien à la baisse de la population âgée de moins de 15 ans qu’à la hausse relative du nombre de vieux. Conséquence, les responsables publics doivent effectuer davantage d’efforts en matière d’investissement. Non seulement pour faire face aux soins de santé grandissants de la population en général, mais, aussi et surtout, pour créer plus d’opportunités d’emploi pour les jeunes. Vaste défi.

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