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Le Maroc et la Tunisie en pole-position pour la Cédéao

Est-ce la fin de l’UMA?

À cause de l’entêtement de l’Algérie, l’Union du Maghreb arabe pourrait tout bonnement être appelée à disparaître.

L’UMA? L’Union du Maghreb arabe bien sûr! Mais posez donc cette question dans deux générations voire même une seule. Pas sûr que l’on reconnaisse tout de go ce sigle. Mais revenons-en aux faits: après le Maroc en février 2017, la Tunisie vient également d’exprimer, par la voix de son chef de gouvernement Youssef Chahed, la volonté de rallier la Cédéao (pour Communauté économique des États d’Afrique de l’Ouest).
Si l’intéressé l’explique officiellement par l’ambition de son pays de mettre en place un partenariat solidaire avec les pays africains, beaucoup y voient cependant l’aveu de l’échec de l’UMA. L’homme d’affaires algérien Issad Rebrab, réputé plus riche du Maghreb, ne s’y est à cet égard sans doute pas trompé en en parlant, dans la presse de son pays, comme de la fin du “rêve maghrébin”. Mais lequel, en vérité? Et est-il vraiment susceptible au vu de l’actuelle situation de voir le jour?

Le fait est que l’UMA n’est jamais parvenue, en 28 ans d’existence, à s’élever à la hauteur des espoirs placés en elle par les populations du Maghreb, et ce malgré les moyens mis à sa disposition et l’implication personnelle des chefs d’État. Ainsi, au lieu de la libre circulation des biens et des personnes, tant voulue et défendue de part et d’autre au départ, c’est tout l’inverse qui s’est en fin de compte produit. Sur la totalité des frontières maghrébines, seules celles séparant l’Algérie et la Tunisie peuvent désormais être considérées comme fonctionnant normalement, tandis que la politique (Algérie/Maroc) et la guerre (Algérie-Tunisie/ Libye) entravent ailleurs le processus. Au plan économique, c’est bien pis, puisque l’UMA est tout bonnement la région du monde la moins intégrée. Un rapport de 2008, produit par l’Institut Peterson, avance pourtant qu’un marché commun permettrait une hausse des produits intérieurs bruts (PIB) de chaque pays d’au moins 2%. Et en l’état, rien n’indique que la situation puisse vraiment s’arranger.

Heurts sociaux
L’histoire retiendra sans doute que l’Algérie a été la grande fossoyeuse de l’UMA. Par son hégémonisme qui l’amène jusqu’à lorgner sur le territoire de ses voisins (le Sahara marocain), et surtout son cloisonnement et son refus de s’ouvrir aux autres aussi bien aux plans économiques qu’humains, ses objectifs étaient pour le moins incompatibles avec ceux adoptés à Marrakech en 1989. Pour en rester au seul Maroc, “la coordination est au point mort à tous les niveaux, comme le concédait le ministre des Affaires étrangères, Nasser Bourita, sur les colonnes de Jeune Afrique. Aucun responsable algérien n’a même daigné visiter le Royaume depuis 2010.

Au niveau sécuritaire, et alors que les services marocains coopèrent presque activement avec leurs homologues notamment européens, l’Algérie qui est pourtant voisine préfère garder un silence de mort. Beaucoup d’autres pays, à l’instar de la France par la voix du président Emmanuel Macron, se sont d’ailleurs plaints de ce comportement. Au lieu de cela, la junte algérienne préfère ses histoires de drogue marocaine qui inonderait le pays et de financer la sédition dans le pays et d’invoquer la main des voisins à chaque fois qu’elle est en proie à des heurts sociaux.

En tout cas, les pays du Maghreb semblent décidés à ne pas attendre que l’Algérie veuille enfin prendre sincèrement part à la construction maghrébine et préfèrent, du moins momentanément, vaguer à d’autres organisations beaucoup plus sérieuses.

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