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Le maroc sans parlement et sans gouvernement

Wissam El Bouzdaini

Wissam El Bouzdaini

Sous le signe de l’attentisme

A quoi sert le gouvernement?  Ou plutôt, à quoi  nous sert un gouvernement  dirigé par Abdel-Ilah  Benkiran? Voilà en effet  plus d’un mois que le secrétaire général  du Parti de la justice et du développement  (PJD) a été chargé, suite à la première  place de sa formation aux élections  législatives de début octobre 2016, de  former le nouvel Exécutif.

Et depuis, rien, walou, niet, si ce n’est  les sempiternels cris d’orfraie; hier pour  dénoncer l’État parallèle -on attend toujours  qu’il nous en dise plus-, aujourd’hui  pour s’attaquer au secrétaire général  du Rassemblement national des indépendants  (RNI), Aziz Akhannouch, par  réseaux sociaux interposés.

En attendant encore, sans doute, les prochains  crocodiles et démons sur la liste  -à ce rythme, c’est tous les Marocains  qui vont vraisemblablement finir par s’y  retrouver.

Bref, à l’ouest, plus précisément celui  du monde arabe, rien de nouveau… En  même temps, on se rend compte que  tout va pour le mieux, comme s’il n’y  avait aucun blocage gouvernemental;  que le pays marche comme sur des roulettes.  On est bien loin des menaces de  “guerre civile”, comme voulaient nous le faire craindre d’aucuns pendant la  campagne. Mieux, durant ce mois, on  est parvenu à organiser un des plus  grands événements mondiaux de l’année,  en l’occurrence la 22ème Conférence  des parties à la Convention-cadre  des Nations unies sur les changements  climatiques “COP22”, avec une réussite  que peu de pays, même développés,  peuvent égaler à l’heure actuelle.

Certains  diront bien sûr que dans un pays où  la monarchie est “exécutive”, comme le  confessait le roi Mohammed VI au quotidien  français “Le Figaro” en 2001, le  chef de gouvernement ne peut pas faire  grand-chose; tout au plus peut-il être à  son service, pour reprendre les propos  de M. Benkiran, le 2 novembre 2016, à  l’agence de presse allemande “Deutsche  Presse-Agentur” (DPA). C’est archi-faux  cependant, du moins depuis l’adoption  de l’actuelle Constitution en 2011: si  Mohammed VI gouverne aujourd’hui, ce  n’est pas parce qu’il refuse de partager  le pouvoir, mais parce que M. Benkiran  se cache derrière lui et refuse de prendre  ses responsabilités.

Pourquoi, à titre d’exemple, le 29 octobre  2016, quand un citoyen a été écrabouillé  par un camion de ramassage d’ordure,  n’a-t-il, ainsi, pris aucune initiative? La  loi fondamentale lui donne pourtant cette  possibilité. Hélas, comme c’est le cas  depuis sa première nomination en 2011,  il a encore fallu attendre que le Roi, qui se  trouvait pourtant en Tanzanie, se saisisse  de l’affaire.

On rappellera que ce dernier avait déjà  reproché fin 2015 à son chef de gouvernement  de n’avoir rien fait face la colère  populaire qui grondait à Tanger en raison  de l’explosion des factures d’eau et  d’électricité dans la ville. Et ce n’est sans  doute que l’arbre qui cache la forêt. Avec  M. Benkiran à la manette, nous sommes  sans doute condamnés à vivre cinq nouvelles  années encore d’attentisme. Et  c’est, malheureusement, bien dommage  pour le Maroc

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