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Le Maroc, nouveau centre pour clandestins refoulés?

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Les pays de l’UE refusent de continuer à accueillir les migrants

Face à la pression migratoire qui a provoqué une crise politique entre les pays de l’Union européenne, l’idée de créer des centres pour migrants dans les pays de la rive sud de la Méditerranée refait-elle surface?

C’est l’heure de vérité pour les pays de l’union européenne qui ont toujours montré la facette de respect des droits de l’homme particulièrement en matière d’accueil des immigrants clandestins. Certains pays, comme l’Espagne ou l’Italie ou la Grèce, ne mâchent pas leurs mots en se déclarant lassés de réceptionner les milliers de migrants en chaque jour et de les accueillir sur leurs territoires, étant les principales entrées d’Europe depuis la Libye et le Maroc. D’autres États membres, Pologne et Hongrie en tête, combattent les idées de partage du fardeau migratoire. Du côté de la France et de l’Allemagne, un accord serait en cours d’élaboration visant à refouler tout demandeur d’asile vers l’État où il a été enregistré en premier, ont annoncé, mardi 26 juin 2018, le président français, Emmanuel Macron, et la chancelière allemande, Angela Merkel. «Nous allons travailler ensemble pour une solution intergouvernementale ou multi-gouvernementale avec plusieurs États membres qui sont concernés», a déclaré M. Macron lors d’une conférence de presse avec Angela Merkel près de Berlin, ajoutant que cet accord vise à ce que les demandeurs d’asile «puissent être repris le plus vite possible dans le pays où ils ont été enregistrés». De son côté, la chancelière a refusé la demande de son ministre de l’Intérieur, Horst Seehofer, d’appliquer sans l’accord de ses voisins cette règlementation de refoulement des migrants vers le pays d’entrée. «Nous sommes pour une action coordonnée, au niveau européen ce serait le mieux mais c’est très difficile, alors la coopération de certains pays doit être une option aussi», a-t-elle affirmé, appelant au «soutien des pays les plus concernés», citant en particulier l’Italie.

Une ruée massive
En vertu des règles européennes, c’est le pays d’enregistrement qui doit en principe traiter les dossiers d’asile des migrants mais depuis la crise migratoire de 2015, ce système n’est de facto pas respecté afin de préserver des pays comme l’Italie et la Grèce, principales portes d’entrée en Europe. Cette question est centrale dans la crise gouvernementale allemande en cours. L’accord que Macron et Merkel sont en train d’échafauder n’est pas du goût du ministre de l’Intérieur italien, Matteo Salvini: «Que Macron et Merkel soient cohérents et démontrent que l’Europe a un sens», a-t-il déclaré, réaffirmant l’opposition de l’Italie à l’implantation des centres d’accueil des migrants sur le sol italien.

Une sortie de crise? Le quotidien britannique The Guardian a révélé l’existence d’un document secret du Conseil de l’Europe qui évoque le plan de l’UE pour contenir cette vague migratoire. Le quotidien révèle que l’Union européenne n’a pas abandonné l’idée formulée par l’ancien Premier ministre britannique Tony Blair. Cette proposition préconise de bâtir des centres en Afrique du Nord en contrepartie d’aides financières aux pays de la région. Une proposition qui avait déjà été rejetée par le Maroc. Les temps et les mentalités ontils changé depuis? En tout état de cause, une fermeture des frontières européennes entraînera une ruée massive et effrénée des migrants subsahariens sur le Maroc qui vit une crise sociale et économique sans issue.

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