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Le Maroc intègre la nouvelle route de la soie chinoise

Cap sur l’Orient

Le Maroc n’en est pas à un coup diplomatique près. A l’occasion de la visite de deux jours à Pékin -les 16 et 17 novembre- du ministre des Affaires étrangères et de la Coopération internationale Nasser Bourita, le Royaume est devenu le premier pays africain à intégrer l’initiative chinoise de la nouvelle route de la soie, qui consiste à renforcer la connectivité de l’ancien Empire du Milieu avec les autres pays du monde et ainsi de même les échanges commerciaux de part et d’autre.

Un mémorandum d’entente a, dans ce sens, été signé le 17 novembre par M. Bourita et son homologue chinois, Wang Yi. «Cette convention reflète l’évolution constante des relations sino-marocaines depuis leur établissement il y a 58 ans, et permettra de donner une impulsion qualitative qui traduit les aspirations des deux pays amis à asseoir un partenariat stratégique fort», commente l’agence de presse nationale, la Maghreb arabe presse (MAP), qui a couvert la visite du ministre.

Cela va sans dire donc que le Maroc devrait plus que profiter de ce mémorandum. D’abord, au plan économique bien sûr, il lui permettra de capter une part plus importante des investissements directes étrangers (IDE) chinois, alors que ces derniers font désormais du Royaume leur destination de choix en Afrique du Nord-Ouest (devant même l’Algérie, qui longtemps en raison de ses ressources pétrolières avait eu l’avantage).

On peut citer, parmi ces IDE, la Cité Mohammed- VI Tanger Tech, en banlieue tangéroise, où le groupe Haite (en partenariat avec l’Etat marocain et BMCE Bank of Africa), devrait investir quelque 10 milliards de dollars. «Ce projet contribuera à la création de nouveaux emplois, ainsi que les offres de formation y afférentes, qui profiteront aux populations des préfectures et provinces de cette région», s’était félicité, à son lancement officiel le 20 mars dernier, le président de la région Tanger-Tétouan-Al Hoceima, Ilyas Elomari, qui table sur 100.000 emplois à l’horizon 2027, dont 90% pour les riverains.

Priorités stratégiques
Les IDE chinois en direction des autres pays africains pourront également, à l’avenir, plus facilement transiter par le Maroc (la fameuse coopération triangulaire). Ensuite, au plan diplomatique, le ralliement marocain à la nouvelle route de la soie chinoise est significatif du rapprochement en cours entre Rabat et Pékin depuis la visite du roi Mohammed VI en Chine en mai 2016. Le Souverain, dans son discours de mars 2016 à Riyad au premier sommet Maroc-Golfe, avait nommément cité le pays de Mao Zedong comme une des priorités stratégiques (avec l’Inde et la Russie). «Le Maroc est libre dans ses décisions et ses choix et n’est la chasse gardée d’aucun pays,» avait-il alors déclaré.

Sur la question du Sahara marocain, il s’agit bien entendu de faire en sorte que la Chine garde au moins sa neutralité, à défaut de soutenir explicitement le plan d’autonomie marocain du 11 avril 2017, ce alors qu’elle est membre permanent du conseil de sécurité de l’Organisation des Nations unies (ONU). Les responsables marocains semblent d’ailleurs bien s’en accommoder. De même que leurs homologues chinois, qui apprécient sans doute et adhérent au réalisme diplomatique du Maroc. Par la voix de M. Bourita, Mohammed VI a fait sien le voeu que le président Xi Jinping se rende au Royaume. Il serait alors le premier chef d’État chinois à poser les pieds sur le sol marocain depuis Hu Jintao en 2006.

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