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Le Maroc garde toutes ses chances dans la course à l’organisation du Mondial 2026

Réunion du comité de candidature marocaine pour l’organisation de la Coupe du monde de football de 2026.

Et si le rêve devenait réalité ?

Ayant passé l’épreuve de la Task Force, le Maroc peut espérer remporter l’organisation de la Coupe du monde de football. Mais la tâche ne s’annonce pour autant pas facile.

“Le 13 juin, on va fêter le résultat,” promettait le 23 janvier 2018 dans la ville de Casablanca le président du comité de candidature marocain pour l’organisation de la Coupe du monde de football de 2026, Moulay Hafid Elalamy. Près de six mois plus tard, la prophétie de celui qui dirige également le ministère de l’Industrie, du Commerce, de l’Investissement et de l’Économie numérique dans le gouvernement de Saâd Eddine El Othmani semble près de se réaliser.

Événement de grande ampleur
Encore que… alors que les jours précédents, la rumeur avait couru que la Task Force mise en place en mars 2018 par la Fédération internationale de football association (FIFA) pour évaluer les différentes candidatures pourrait éliminer le Maroc, elle a finalement donné plus que la note minimale de 2,5/5 pour permettre au Royaume d’accéder à l’étape du vote, ce qui lui permettra donc d’être aux prises dans la capitale de la Russie, Moscou, à la candidature conjointe du Canada, des États-Unis et du Mexique, appelée United 2026. Il faut dire que le président de la FIFA, Gianni Infantino, a semblé faire tout ce qui est en son possible ces derniers mois pour favoriser la candidature nord-américaine, au point de faire changer, le 14 mars, certains points essentiels du système de notation des candidatures à seulement H-24; chose qui avait valu au patron du football mondial une lettre au vitriol, le 25 mars, du président de la Fédération royale marocaine de football (FRM), Fouzi Lekjaâ, pour contester les nouvelles exigences de règlement.

Un obstacle passé
M. Infantino avait également qualifié, le 28 décembre 2017 lors d’une conférence dans la ville de Dubaï, aux Émirats arabes unis, United 2026 de «message positif»; propos loin donc d’être neutre. Que le Maroc ait donc passé l’obstacle de la Task Force ne veut pas dire qu’il est sorti d’affaire; loin de là. Déjà, la note qui lui a été attribuée n’est pas fameuse; de seulement 2,75 -presque éliminatoire.

Faut-il y voir un message aux autres pays pour dire que le Royaume n’est finalement pas prêt pour accueillir un événement de l’ampleur de la Coupe du monde? S’il est incontestablement vrai que le Maroc ne tient pas la comparaison avec les pays nord-américains, qui font partie des plus développés au monde et pèsent plus de deux cent fois le produit intérieur brut (PIB) marocain, la Task Force a néanmoins donné l’impression, lors de sa visite du 16 au 19 avril 2018, de chercher des poux à la candidature marocaine, comme lorsque ses membres insisteront à la dernière minute pour voir les villes d’Oujda et de Saïdia qui n’étaient pas prévues dans le programme original, ou encore quand ils voudront à tout prix prendre le taxi à Tanger pour soi disant éprouver la qualité des transports publics dans la ville.

Des procédés contestés même par la presse d’ailleurs, sachant que la visite des pays nord-américains a scrupuleusement suivi le calendrier élaboré au préalable. M. Infantino, que les médias ont beaucoup critiqué ces derniers mois en raison de son parti pris évident, n’a toutefois pas souhaité s’exprimer quand il en a eu l’occasion, et continue de mettre l’accent sur «la transparence», à ses yeux, du scrutin, comme si aucune critique n’était pour lui véritablement fondée.

C’est au nom de cette même transparence qu’il avait appelé, le 26 janvier 2018, les 207 associations membres de la FIFA non candidates à l’organisation de la Coupe du monde à refuser toute assistance technique ou de développement de la part des pays candidats, au prétexte qu’il s’agirait là d’un moyen de corrompre et d’acheter des voix.
Quelques jours avant cette lettre, le Maroc avait entamé les négociations avec la Confédération africaine de football (CAF) pour formaliser une relation dans le cadre de laquelle des équipes nationales de tout l’Afrique viendraient au Royaume pour des camps d’entraînement et des activités de développement; ce qui avait fait dire au The New York Times, le 29 janvier, que la FRMF était principalement visée. Celle-ci dément, toutefois. «La FRMF ne s’est jamais cachée de ses accords d’association avec trente-quatre associations membres de la CAF; nous les revendiquons au contraire,» répond une source au sein de la fédération.

Procédés contestés
Dans sa livraison du 1er juin, The New York Times est justement revenu sur les attaques d’une autre partie à l’encontre de la candidature marocaine, à savoir l’Arabie saoudite. Cette dernière, avec laquelle on dit pourtant que les relations sont bonnes du côté des responsables des deux pays, a beaucoup aidé selon le journal américain à promouvoir United 2026 auprès des pays asiatiques, ce qui a tout l’air d’un coup de couteau dans le dos, surtout que les pays arabes avaient tranché le 15 avril 2018 dans leur Sommet de Dhahran. Autre trahison, celle de l’Afrique du Sud et du Liberia, qui ont respectivement retiré leur soutien au Maroc les 3 et 24 mai 2018, suite aux menaces de sanctions de la part du président américain Donald Trump le 27 avril 2018 sur Twitter, à l’endroit des pays qui n’appuieraient pas la candidature nord-américaine.

Menaces de sanctions
Pour l’instant, le Royaume continue de compter sur l’alignement de la majorité des pays africains, cependant qu’un retournement de veste impromptu n’est pas à écarter. Le président de la CAF, Ahmad Ahmad, s’est déjà officiellement exprimé à ce sujet, en appelant à voter pour le Maroc. Ailleurs, les intentions ne sont pas encore vraiment claires, si l’on excepte des pays comme la France, la Belgique, la Dominique et la Malaisie, qui ont clairement déjà annoncé leur soutien au Royaume.
Un grand mystère entoure encore la participation de Guam, les Îles Vierges américaines, Porto Rico, les Samoa américaines aux votes, dans la mesure où il s’agit de territoires américains, même s’ils disposent de fédérations footballistiques qui leurs sont propres. Mais la FIFA donnera-t-elle suite? S’il n’est pas garanti de gagner, le Maroc n’en aura pas eu le mérite de lutter face à plus nombreux que lui, d’autant plus qu’il s’est trouvé bien seul…

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