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Le Maroc face à la nouvelle guerre commerciale mondiale

Moulay Hafid Elalamy

À qui profite le protectionnisme ?

Devant son incapacité à contrer les dégâts de la guerre commerciale entre les grandes puissances, le Maroc a la possibilité de se tourner davantage vers les pays africains.

Comme à chaque crise économique, plusieurs tendances se rejoignent pour protéger les économies nationales. Aujourd’hui plus qu’hier, c’est le cas non seulement des plus grands pays industrialisés, notamment ceux qui sont actuellement gouvernés par des forces politiques néonationalistes comme les Étatsunis de Donald Trump ou le Royaume uni de Theresa May, mais aussi ceux de certains pays émergents comme la Chine de Xi Jinping. Les petits pays comme le Maroc, eux, n’ont d’autre choix que de subir l’impact négatif des caprices de ce système économique mondial inégal. Simples spectateurs, leur marge de manoeuvre est des plus limitées.

L’affrontement commercial actuel à coups de représailles et de contre-représailles sur les tarifs douaniers, entre les États-unis et la Chine, d’une part, et les États-unis et l’Union européenne (UE), d’autre part, risque d’ évoluer demain vers une guerre de changes. Les petits pays comme le Maroc ainsi que les autres pays africains ne sont pas suffisamment armés pour éviter d’être à la merci de ce nouveau protectionnisme. Ce protectionnisme, notamment commercial, est tel qu’il aura non seulement un fort impact sur l’UE, la Chine et les USA puisque certaines études comme celle du Conseil d’analyse économique français l’ont estimé à 3 à 4% de leur Produit Intérieur Brut (PIB) par habitant, mais aussi un impact davantage plus grave pour les petits comme le Maroc. Un pays beaucoup moins protégé que des marchés de la taille de l’UE.

Mesures de rétorsion
Certes, le Royaume ne manque pas de moyens de protection, à l’instar de ces mesures de sauvegarde et de boucliers antidumping appliqués récemment par le département que dirige Moulay Hafid Elalamy à certains produits en provenance de Turquie ou de Tunisie, mais serait-il capable de recourir au parapluie de ce dispositif de défense commerciale quand il s’agira des exportations d’autres pays plus puissants financièrement et commercialement? Serait- il capable d’en mesurer l’intensité du dommage et d’agir en conséquence? Rien n’est moins sûr.

Car, même une entité économique aussi puissante commercialement que l’UE n’est pas en mesure de se limiter à des mesures de rétorsion fermes et crédibles en réponse aux attaques actuelles des USA, mais cherche à les combiner d’une offre de négociations multilatérales ou plurilatérales avec les Américains sur les sujets qu’elle estime légitimes, comme, par exemple, le fonctionnement du règlement des différends à l’Organisation mondiale du commerce (OMC) ou la réciprocité des engagements et mise à jour des règles sur les subventions. Et dans le cas où ces initiatives n’aboutissent pas, l’UE serait dans l’obligation de chercher d’autres solutions alternatives pour sortir de ce blocage avec l’Administration américaine.

Dans tous les cas, avec une telle guerre commerciale, il faut s’attendre au pire. Heureusement qu’il reste au Maroc la possibilité de se tourner davantage vers les autres pays du continent africain qui ont choisi la solution d’instaurer la zone de libre-échange continentale africaine (ZLEC). Une zone qui poursuit son expansion, notamment suite à l’adhésion récente du Lesotho, du Burundi, de le Sierra Leone et surtout de l’Afrique du Sud.

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