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Le Maroc déplace ses bureaux de douanes à Beni Ansar

Melilla dans le pétrin

Le préside occupé de Melilla est au bord de l’asphyxie depuis la fermeture, sur décision des autorités marocaines, de sa frontière commerciale avec le Maroc.

Une décision normale et souveraine. Le gouvernement marocain a enfin officiellement réagi, ce 30 août 2018, à sa décision de fermer le 1er août la frontière commerciale avec le préside occupé de Melilla, après s’être donc refusé près d’un mois durant de commenter une affaire qui fait actuellement couler beaucoup d’encre outre-Gibraltar. Par la voix de son porte-parole et ministre délégué aux Relations avec le parlement et la société civile, Mustapha El Khalfi, l’Exécutif a en effet expliqué «que la fermeture est une décision souveraine qui concerne le Maroc».

«Rabat a pris cette décision conformément à sa souveraineté nationale,» a-t-il ajouté. Les autorités de Melilla ne l’entendent bien évidemment pas de cette oreille, puisque le président de la ville, Juan José Imbruda, avait au contraire considéré, le 13 août, qu’il s’agissait d’une «atteinte à la souveraineté espagnole» et d’un «manque de respect de la part des autorités [marocaines] à un accord en vigueur depuis des décennies». «C’est un affront pour Melilla et l’Espagne,» avait-il estimé.

Un “affront pour l’Espagne”
Pour sa part, le gouvernement espagnol, dirigé depuis le 2 juin 2018 par le socialiste Pedro Sánchez, semble pour l’instant préférer se murer dans le silence, se gardant d’élever publiquement la voix dans les médias, de crainte sans doute d’importuner Rabat, avec laquelle Madrid entretient d’excellentes relations depuis de nombreuses années et est en symbiose sur différentes questions d’intérêt bilatéral comme la sécurité et la lutte contre le terrorisme et surtout la migration irrégulière. La presse ibérique se fait plutôt l’écho de discrètes interventions au niveau diplomatique, qui devraient d’ailleurs aboutir à une prochaine réunion entre les responsables des douanes marocain et espagnol en les personnes de Nabil Lakhdar et María Pilar Jurado Borrego, qui dirigent l’administration des douanes et impôts indirects de leurs pays respectifs.

Pour le Maroc, l’enjeu semble surtout de favoriser le développement du nouveau port de Beni Ansar, fonctionnel depuis le 6 août. Le département de M. Lakhdar avait à ce propos indiqué dans une circulaire relayée par les médias le 14 août que seules les marchandises commerciales qui débarqueront à Beni Ansar, feront l’objet de dédouanement à l’importation.

En attendant, Melilla se trouve au bord de l’asphyxie, d’après ce que rapportent les bruits locaux, elle dont les commerçants tiraient le gros de leurs bénéfices des achats faits par les ressortissants marocains vivant à ses frontières.

Les représentants de ces commerçants ont d’ailleurs haussé le ton pour fustiger la situation et appeler Madrid à prendre des mesures plus sérieuses pour leur éviter de mettre la clé sous le paillasson et ainsi faire du préside occupé une ville fantôme.

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