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Le marché de l’immobilier peine à redémarrer

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A Casablanca, les biens immobiliers se vendent mal malgré une demande pressante

Dans la capitale économique, face à une reprise de la demande sur le résidentiel et le foncier, une offre inadaptée et irraisonnable. Pour cause, des prix élevés, au-dessus du pouvoir d’achat des acquéreurs, qui ont de plus en plus de mal à accéder aux crédits.

L’immobilier peine toujours à retrouver sa bonne santé d’avant la bulle née avec la crise économique de fin 2008. D’année en année, que des effets d’annonce d’une légère reprise qui se révèlent rapidement de fausses grandes espérances. Les chiffres des crédits immobiliers aux promoteurs immobiliers et aux particuliers, révélés par les banques de la place, ne permettent pas de plonger dans l’optimisme. A Casablanca, la capitale économique, et véritable baromètre de l’état du secteur, rien ne va plus comme avant.

Les ventes peinent toujours à se concrétiser malgré une légère reprise due à une demande réelle mais qui demeure insatisfaite, à s’en référer à Mohamed Lahlou, président de l’Association marocaine des agences immobilières. Ce professionnel assure que sur 10 terrains, il y en a 1 qui se vend. Pour ce qui est du résidentiel, appartements et villas, pas de secret! En dehors du segment de l’économique, qui liquide encore ses stocks, le moyen et le haut standings ont du mal à trouver preneur.

Des terrains rarissimes
«L’offre n’est pas adaptée à la demande. D’abord, les prix sont élevés et, malgré la stagnation qui caractérise le marché depuis quelque temps, les promoteurs rechignent à baisser les prix affichés. Près de 40% des promoteurs sont occasionnels. Ils ne contractent pas de crédits bancaires. Ils ne sont donc pas pressés de vendre ou contraints de baisser les prix. Quant aux acheteurs, en grande majorité endettés, ils n’arrivent pas à fournir un apport personnel, puisque le crédit bancaire n’offre plus l’intégralité du montant de l’acquisition d’un bien immobilier comme ce fut le cas il y a quelques années. Aussi, les promoteurs, ou plutôt les architectes, ne font pas un effort de conceptualisation des appartements en agrandissant les chambres et en proposant deux chambres spacieuses au lieu de trois contiguës», souligne-t-il avec amertume. N’arrangeant pas les choses, les taux d’intérêt bancaires des crédits immobiliers sont, de façon inattendue, en train de monter en flèche depuis quelques semaines.

Dans des quartiers bien fréquentés comme Riviera, Oasis, Ghandi, Laya… les prix élevés repoussent les jeunes acquéreurs. Les prix oscillent entre 19.000 et 21.000 Dh/m2. «Seuls les gens qui vendent leurs villas situées dans des zones villas devenues zones immeubles achètent à ce prix», explique Mohamed Lahlou. Dans les quartiers chics, les prix commencent à partir de 30.000 Dh/m2. Seul le marché de l’ancien fait exception étant donné qu’il connaît une certaine dynamique du fait de la baisse relative des prix.

Quant au foncier, là aussi, les prix affichés sont exorbitants. Déjà, les terrains dans le centre ville se font de plus en plus rarissimes. Dans les quartiers huppés, il est presque impossible de trouver un terrain non bâti. Et quand on en trouve, pas moins de 50.000 Dh/m2.

La soupape du locatif
A prendre ou à laisser! Dans les quartiers où l’on arrive à en trouver comme Oasis, Riviera ou Bretonne, les prix demeurent chers. A 25.000 Dh/m2 et une autorisation de construire un R+3, un promoteur n’osera pas investir. «Il est inacceptable de créer une zone immeuble sans donner de la hauteur et avec une servitude de 4 m.», déplore Mohamed Lahlou. Les propriétaires de terrains non bâtis ne veulent pas baisser les prix et continuent de rêver les yeux ouverts. Ils reportent à chaque fois leur décision de vente quand ils constatent que les prix continuent de grimper chaque jour que Dieu fait.

Il est vrai que l’anarchie que connaît le secteur des agents immobiliers, qui attend toujours de voir aboutir le projet de loi visant à réorganiser la profession et en l’absence d’une coordination entre l’Association marocaine des agences immobilières et la Fédération nationale des promoteurs immobiliers, les spéculateurs et les intermédiaires non professionnels continueront de faire la pluie et le beau temps avec pour conséquence de plomber le secteur.

Le résidentiel et le foncier en stagnation, reste le locatif. C’est la soupape du secteur. Les jeunes, en difficulté d’accès à un logement neuf, se tournent vers la location. «Ce segment connaît un essor particulier face à la lenteur de la reprise du résidentiel et du foncier et grâce à la loi sur les baux à usage commercial», conclut Mohamed Lahlou.

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