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Les manigances d’Alger tombent à l’eau

Le Sahara est inclu dans le nouvel accord de pêche entre le Maroc et l’UE. Un coup dur pour les ennemis de l’intégrité territoriale du Royaume.

Sonné, on l’était, forcément, ce vendredi 20 juillet du côté de Tindouf, en Algérie, où le Front Polisario a établi ses camps de base depuis près de quarante-trois ans. Et pour cause, le mouvement séparatiste sahraoui enregistrait un nouvel échec sur la scène internationale, avec la décision de l’Union européenne (UE) de reconduire son accord de pêche avec le Maroc en y mentionnant explicitement la région du Sahara comme partie intégrante du territoire marocain.

Cet accord a été paraphé à Rabat, le mardi 24 juillet 2018. Pour rappel, la Cour de justice de l’UE (CJUE) avait considéré le 27 février 2018 que le précédent accord, signé le 24 juillet 2013 et entré en vigueur près d’un an plus tard -le 15 juillet 2014-, ne s’appliquait pas dans les provinces sahariennes, dans la mesure où, selon elle, les eaux qui leur sont adjacentes ne relèvent pas de la zone de pêche marocaine visée. Une ineptie bien évidemment, et une démonstration de la complète ignorance des instances judiciaires européennes par rapport au dossier, que même la Commission européenne, qui tient lieu de gouvernement de l’UE, s’empressait de contester en se disant quelques semaines plus tard, le 21 mars, favorable à signature d’un nouvel accord comprenant cette fois clairement le Sahara marocain, et ce pour éviter tout nouvel imbroglio, et qui vient donc de voir le jour après des négociations marathon qui ont duré à peine plus de trois mois -à partir du 16 avril- et sept rounds.

“Un accord équilibré”
Aussitôt le septième round bouclé, donc, le 20 juillet, le Maroc et l’UE ont paraphé quatre jours plus tard, ce mardi 24 juillet dans la capitale du Royaume, Rabat, un texte dont le moins que l’on puisse dire est qu’il semble satisfaire toutes les parties. «Il s’agit d’un accord équilibré,» a réagi le ministre de l’Agriculture Aziz Akhannouch, qui a mené les négociations côté marocain en tant que cotitulaire du portefeuille de la Pêche maritime avec la secrétaire d’État Mbarka Bouaïda. L’ambassadrice de l’UE à Rabat, Claudia Wiedey, qui dans une déclaration aux médias s’est dite «fière» de la signature de l’accord, a salué, pour sa part, ce qu’elle a qualifié de partenariat «gagnant-gagnant», dans la mesure où ce dernier permettra, d’après elle, de renforcer la coopération entre le Maroc et l’UE dans le secteur de la pêche maritime, qualifié par elle de «secteur clé».

«Cet accord (…) prépare le futur du secteur de pêche, aussi bien pour le Maroc que pour l’UE,» a-t-elle souligné. Dans le détail, le nouvel accord ne diffère pas vraiment du précédent, dans la mesure où le niveau des débarquements obligatoires et les catégories de pêche restent pratiquement inchangées, avec un nombre de navires atteignant les 128 (contre 126 auparavant). Seul changement notable, l’intégration de plusieurs exigences techniques au niveau de préservation de la durabilité des ressources halieutiques et de la protection de l’environnement marin, avec notamment la révision des plafonnements de captures de petits pélagiques au sud (sardine, maquereau, chinchard, anchois, sardinelle), et ce en adéquation avec le cycle de vie de ces espèces, ou encore la non-inclusion de certaines espèces à préserver et dont la gestion fait l’objet de plans d’aménagement stricts à l’instar du poulpe et de la crevette. Dans le même sillage, la Méditerranée reste exclue, et ce dans une fin de préservation de ses ressources, qui souffrent à plusieurs endroits de surexploitation, selon le département de la Pêche maritime.

«L’objectif de cet accord est d’insister sur la préservation de la durabilité des ressources halieutiques,» a, à cet égard, rappelé M. Akhannouch. Par contre, le montant de la contrepartie européenne a augmenté de 30%, passant de 40 à 52,2 millions d’euros par an (plus de 576 millions de dirhams). Cette somme permettra notamment, toujours selon le département de la Pêche maritime, d’optimiser les retombées et les bénéfices pour les populations locales des zones concernées par l’accord, notamment en termes d’infrastructures, de services sociaux de base, de création d’entreprises, de formation professionnelle, de projets de développement que de modernisation du secteur de la pêche.

Bénéfices pour les populations
L’objectif est, ainsi, de faire bénéficier ces populations des avantages socio-économiques découlant du texte. Ce dernier prévoit également, à ce même égard, une augmentation du nombre de marins marocains à embarquer dans les navires européens et le relèvement, de 5 à 15%, du niveau des pénalités relatives au volume de débarquement obligatoire, et ce en cas de non-respect de ces volumes.

Le Sahara marocain est, naturellement, concerné au premier chef par ces dispositions. Le Polisario et son parrain algérien, qui tentent depuis plusieurs mois d’instrumentaliser la question des ressources naturelles sahariennes au prétexte que les populations locales ne profiteraient pas de leur exploitation, se trouvent là privés de leur principal cheval de bataille. Pour le ministre des Affaires étrangères et de la Coopération internationale, Nasser Bourita, qui s’exprimait en marge de la signature du nouvel accord, ce dernier «répond aux manoeuvres et aux tentatives visant à perturber ce partenariat ainsi qu’aux interrogations qui remettent en cause l’inclusion dans cet accord du Sahara marocain.»

Mobilisation politique
«Le Maroc ne peut, en aucun cas, ratifier un accord qui ne couvre pas toutes les parties de son territoire,» a-t-il insisté. M. Bourita s’est également félicité de ce que l’accord renforce le partenariat entre le Maroc et l’UE dans le domaine de la pêche maritime, «un partenariat qui,» a-t-il rappelé, «remonte à plus de 30 ans et qui repose sur plusieurs accords, conclus auparavant,» en plus de consolider le secteur de la pêche maritime en lui-même, notamment dans les zones sud et les zones concernées.

Il a toutefois averti de la longueur du processus afférent à l’entrée en vigueur effective de l’accord, lequel processus consistera à soumettre le texte à la procédure législative au Maroc et au niveau de l’UE, ce qui «nécessite la même mobilisation et la même action, » selon le ministre.

«Cette mobilisation, qui était diplomatique jusqu’à maintenant, doit être également politique, » a-t-il souligné. Voilà en tout cas les ennemis de l’intégrité territoriale du Maroc prévenus que le Royaume ne lâchera pas facilement le morceau…

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