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L’ONU pour un hold-up territorial

Abdellatif Mansour

Abdellatif Mansour

Mais quelle mouche a piqué  Ban Ki-moon pour fourvoyer  à ce point la nature  de sa fonction et l’esprit  de son employeur onusien?! Car voilà  un secrétaire de l’ONU qui s’en est  ouvertement départi, quitte à mettre  en danger l’une des raisons d’être de  l’organisation, à savoir la recherche  et la préservation de la paix. Le principe  sacralisé de l’autodétermination  fait partie du lot. Soit. À ceci près qu’il  exige, dans sa mise en oeuvre, un minima  de vigilance pour qu’il ne serve pas  d’alibi à un hold-up territorial, par un  groupe séparatiste interposé, comme  c’est le cas de la promotion algérienne  d’un État croupion au Sahara marocain.

Depuis 40 ans que ce conflit perdure, le  dernier locataire en date du secrétariat  de l’ONU devrait le savoir. Disons qu’il  le sait, histoire de ne pas insulter son  intelligence. Il a tout de même froidement  décidé de passer outre, faisant  fi de son devoir de neutralité et parlant  allégrement d’“occupation” marocaine.  Ban Ki-moon est ainsi devenu  un problème, au lieu d’être un vecteur  de solution.

Pourquoi donc ce coup de griffe à la littérature  de l’ONU, qui n’obéit à aucune  règle de la diplomatie internationale?  Étant à quelques mois de son départ,  Ban Ki-moon serait dans la posture d’un  fonctionnaire planétaire qui fait le bilan  de son double mandat. Une manière de  s’aménager une sortie réussie, comme  au théâtre. Cette motivation rétrospective  fait l’affaire de l’Algérie et de son  Polisario. D’autant que Ban Ki-moon  n’a pas grand chose à présenter à titre  d’adieu à tous les États membres qui  l’ont commissionné pour une mission  pas vraiment accomplie.

Son nom restera lié à des chaos apocalyptiques  dans nombre de pays tels  la Libye, la Syrie et le Yemen, entre  autres, pour lesquels il n’a pas proposé  l’ombre d’une solution réellement  praticable. Idem pour le flux migratoire  et ses tragédies humaines qui se  déroulent sous nos yeux et sans autre  comparaison qu’avec les déplacements  massifs des populations lors de  la seconde guerre mondiale. Dans tous  ces épisodes sombres, d’une humanité  en plein désarroi, Ban Ki-moon a brillé  par son incapacité à mettre l’ONU au  service des populations sinistrées.  Le V de la victoire qu’il a esquissé sur  le tarmac de l’aéroport Houari Bouemediène  d’Alger, en revenant de Tindouf,  ne s’inscrit pas dans les dogmes fondateurs  de l’ONU. Il est plutôt à caractère  belliciste. Sachant que rien n’est  gratuit en diplomatie, y compris la gestuelle  la moins explicite, Ban Ki-moon  se serait ainsi transformé en messager  de guerre.

Depuis le cessez-le feu de septembre  1991, nous nous sommes régulièrement  demandé si une autre incursion  des bandes séparatistes téléguidées  par l’Algérie n’allait pas être comme un  acte de guerre provenant de nos voisins  de l’Est. Généralement, un acte de  cette nature appelle une réaction du  même type. Ce serait une conflagration  totale entre les deux pays, comme  prélude à un embrasement général de  la région.

L’Algérie serait pour cette éventualité,  à titre de diversion à l’adresse d’une  population échaudée par la rigueur  économique qui accompagne l’effondrement  de la rente pétrolière. Est-ce  le but recherché par la diplomatie de  l’ONU, représentée par son secrétaire  général? La réponse est venue de la  France, qui a réitéré, mardi 8 mars  2016, son appui à l’initiative marocaine  d’autonomie élargie pour le Sahara.  Cela suffira-t-il à contenir les gesticulations  et les déclarations intempestives  de Ban Ki-moon? On le saura au prochain  conseil de sécurité, prévu pour  avril 2016.

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