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L’ONU face à ses responsabilités

Antonio Guterres, le SG de l’ONU – © ph:DR

Le Maroc réagit fermement aux provocations des séparatistes

Le Maroc est attaché à la paix, à la stabilité et à la sécurité. Mais lorsque des provocations dangereuses ont lieu, il a sur la table d’autres options pour garantir son intégrité territoriale.

Semaine décisive que celle qui vient, en ce début d’avril 2018, à propos de la question nationale et ce sur la scène diplomatique, onusienne en particulier. Le ministre des Affaires étrangères et de la Coopération internationale, à New York, va suivre de près l’examen du dossier du Sahara marocain par le Conseil de sécurité. Le Secrétaire général de l’ONU, Antonio Guterres, doit en effet présenter devant cette haute instance onusienne un rapport. Une première mouture a déjà été préparée et elle doit être finalisée au vu d’éléments complémentaires pouvant y être apportés ces jours-ci. Avec le rendez-vous qu’il a eu le mercredi 4 avril 2018, avec Antonio Guterres, ce sera pratiquement le dernier «réglage», sans préjudice de ce que pourrait éventuellement ajouter Horst Köhler, qui vient d’effectuer une visite dans les provinces sahariennes récupérées.

Dernier réglage
Sur ces bases, comment se présentent les termes de référence de ce dossier? Ce qui pose problème, c’est ce qui s’est passé ces derniers jours dans la zone tampon existant depuis 1991 au-delà du mur de protection et de défense. Jeudi 29 mars 2018, quatorze éléments du Polisario ont ainsi pénétré dans la zone de Mahbès et y ont installé un campement et des équipements militaires. D’autres incursions ont également eu lieu la même journée dans la région d’Assa-Zag, à Bir Lahlou, Tifariti… Ils ont enfin installé des tentes, creusé un fossé et construit des fortifications à l’aide de sacs de sable. Des provocations!

Devant cette nouvelle situation, le Maroc a réagi avec fermeté et vigueur sur la base de deux principes liés entre eux, à savoir la mobilisation et la vigilance. Dimanche 1er avril au matin, ce fut la réunion conjointe des commissions des affaires étrangères des deux Chambres du parlement. Dans l’après-midi, le Chef du gouvernement a tenu une réunion avec les dirigeants des sept partis disposant d’un groupe parlementaire – les six de la majorité (PJD, RNI, MP, UC, USFP et PPS) et le PAM dans l’opposition. Le lendemain, le chef de l’Exécutif a encore reçu les autres partis ainsi que les dirigeants des centrales syndicales. Quant au volet diplomatique, il s’est décliné sous plusieurs formes.

Maintien du statut quo
Le ton était déjà donné dans la lettre adressée la veille par Omar Hilale, ambassadeur auprès Nations Unies, au président du Conseil de sécurité, Gustavo Meza-Cuadra. Le diplomate marocain y proclame que le déplacement de toute structure du Polisario vers l’Est du dispositif de sécurité au Sahara marocain «constitue un casus belli». Le lundi 2 avril, une réponse est donnée, lors d’un point de presse au siège de l’ONU, par le porte-parole du Secrétaire général, Stéphane Dujarric. Il affirme que la Minurso n’a observé «aucun mouvement d’éléments militaires dans la zone tampon». Un déni de faits! Voici une dizaine de jours, le 21 mars, le Conseil de sécurité s’était déclaré «inquiet» de la situation à Guergarate. Il avait rappelé à cet égard «l’importance du maintien du statut quo tel que mentionné dans le rapport du Secrétaire général, ainsi que la nécessité de l’application intégrale de la résolution 2351 du 28 avril 2017».

Autre élément à relever: le rapport préliminaire en date du 29 mars 2018 préparé par le Secrétaire général et remis aux quinze membres du Conseil de sécurité. Il y fait le point sur les développements dans la région, les activités de la Minurso, la situation des réfugiés dans les camps de Tindouf et il y présente aussi ses remarques et ses recommandations. Il fait état de l’observation sur le terrain de tensions perceptibles. Il se dit «préoccupé par l’éventualité d’une reprise des tensions après la présence renouvelée du Polisario à Guergarate», en considérant que de telles actions pourraient porter atteinte au cessez-le-feu. Tout en reconnaissant que le Maroc a fait montre de retenue en maintenant ses troupes loin de la zone tampon pendant les tensions, il appelle instamment le Polisario à «se retirer de la bande tampon comme il l’avait fait en avril 2017». Enfin, il réitère son opposition à toute action susceptible de constituer un changement de statu quo à la bande riveraine.

Déni des réalités
Pourquoi Antonio Guterres fait état de tensions qui reprennent alors que son porte-parole officiel n’y fait pas référence? Incohérence? Volonté de ne pas suivre le Maroc et de déresponsabiliser le mouvement séparatiste? Et puis que fait donc la Minurso qui, elle, dispose l’observateurs au-delà du mur, dans cette zone tampon, surtout que les faits incriminés par Rabat se situent dans la région particulièrement exposée depuis 2016 à des provocations répétées des séparatistes?

Si le Conseil de sécurité voulait bien appréhender cette question dans toutes ses dimensions, il dispose aussi d’une autre source d’information, publique d’ailleurs: celle tirée de la communication de propagande de l’Algérie et du Polisario. La télévision algérienne a ainsi diffusé plusieurs sujets, images à l’appui, sur les infiltrations et les incursions des éléments armés séparatistes dans ce qu’elle appelle les «territoires libérés» localisés… dans la région de Guergarate. De même, l’agence SPS du Polisario a publié des dizaines de dépêches sur le même thème, donnant les lieux, présentant le matériel militaire, les campements… Alors? Faut-il être autiste du côté du palais de verre de Manhattan, siège de l’ONU, pour s’installer dans ce qu’il faut bien appeler un déni caractérisé des réalités sur le terrain?

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