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L’ONHYM croit en des découvertes majeures d’hydrocarbures

FAUT-IL ÊTRE OPTIMISTE?

Les récentes découvertes sauraient confirmer un potentiel pétrolier et gazier non négligeable.

La directrice générale de l’Office national des hydrocarbures et des mines (ONHYM), Amina Benkhadra, n’est pas du genre à vite aller en besogne. Plutôt mesurée, elle devait peser chacun de ses mots lorsqu’elle affirmait à la MAP, en septembre dernier, que le Maroc était sur le point de faire des découvertes «majeures» d’hydrocarbures. «Je suis optimiste,» déclarait-elle. Deux hypothèses pour expliquer ces propos (sachant qu’auparavant, Mme Benkhadra bottait presque automatiquement en touche): soit c’est pour convaincre les investisseurs du potentiel en la matière du Royaume, car en accentuant les recherches, les chances de tomber sur des gisements augmenteraient, de même, crescendo.

Les investissements en exploration pétrolière ont ainsi atteint, lors de la période 2010-2016, près de 16 milliards de dirhams, dont 98% supportés par les partenaires de l’office. «Pour 2017 et à fin août, ces investissements s’élèvent à 466,9 millions de dirhams pour les partenaires et 18,8 millions pour l’ONHYM. Ceux-ci pourraient se chiffrer à la fin de l’exercice à 1,3 milliard de dirhams pour les partenaires contre 36,4 millions de dirhams pour l’ONHYM,» révèle Mme Benkhadra. Et si le potentiel du Maroc était vraiment important? C’est la deuxième hypothèse qui explique les annonces de découvertes «majeures», et qui d’ailleurs ne contredit pas la première hypothèse.

Les résultats obtenus à ce jour abondent à cet égard dans ce sens. Ainsi, la découverte de gisements productifs de gaz dans le bassin du Gharb et de gaz et condensat dans le bassin d’Essaouira ainsi que la confirmation de la présence de gaz naturel dans la zone de Tendrara sauraient, de ce point de vue, confirmer un potentiel pétrolier et gazier non négligeable. «L’ONHYM poursuit avec détermination son rôle de catalyseur de l’exploration pétrolière,» s’engage à ce propos Mme Benkhadra. Le fait est que les efforts réalisés jusqu’ici ont cependant été insuffisants. Pour la seule années 2018, 1,464 milliards de dirhams devraient ainsi être investis. Par ailleurs, l’ONHYM souhaite mettre en valeur le potentiel pétrolier des bassins sédimentaires situés dans les régions de Tanger-Tétouan-Al Hoceima et Rabat-Salé-Kénitra. Rappelons que la superficie couverte par les travaux d’exploration s’élève à 180 mille km² et porte sur 87 permis de recherche, huit autorisations de reconnaissance et huit concessions d’exploitation.

«Un effort d’investissement soutenu» et «une dynamique maîtrisée combinant études, évaluations et promotion des bassins sédimentaires marocains» seraient d’après Mme Benkhadra la recette gagnante pour faire du Maroc un pays producteur d’hydrocarbures. Faut-il pour autant être «optimiste», à l’image de la directrice générale de l’ONHYM? «Je serais personnellement plus nuancé,» nous confie un spécialiste du domaine de l’exploration pétrolière et gazière, qui met en cause plusieurs sociétés de prospection, qui parfois feraient des annonces «qui n’auraient rien à voir avec la réalité», dans l’objectif de faire hausser leur cote en bourse.

Pour leur part, les compagnies se refusent à tout commentaire, et beaucoup d’entre elles nous renvoient, quand nous essayons de leur poser la question, à leurs communiqués, quand ce n’est pas à l’ONHYM. «C’est un sujet un peu délicat, nous ne sommes pas les seules parties prenantes, c’est donc un peu difficile d’en parler,» nous déclarera en off un cadre d’une de ces compagnies. Ce qu’il a à dire des hydrocarbures conventionnels, on peut par ailleurs le reprendre à propos du gaz et du pétrole de schiste. Là encore, uniquement des effets d’annonce, pour peu de résultats concrets, alors que l’on parle quand même du sixième potentiel mondial en termes de schistes bitumineux.

«Les projets de développement des schistes bitumineux sont des projets très capitalistiques nécessitant des investissements très importants de l’ordre de quelques milliards de dollars et nécessitant des délais très longs,» rétorque cependant une source autorisée auprès de l’ONHYM. L’office essaie d’ailleurs depuis 2013 d’amender le code des hydrocarbures, aux fins d’y inclure des mesures incitatives. Si, malgré d’avoir été échaudés par Talsint, nos responsables peuvent se dire aujourd’hui optimistes, pourquoi ne le serions-nous pas nous-mêmes?

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