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« L’islam, une religion française », de Hakim El Karoui

Si l’islam est une religion française, c’est qu’elle est d’abord la religion la plus pratiquée en France. L’islam est d’abord un problème endogène, donc français. De ce fait il ne peut être réglé qu’en France

C’est peut-être un titre vendeur, mais dans les faits, en tout cas ceux rapportés par le livre, la religion la plus pratiquée en France serait celle musulmane. Titre à part, l’accent se veut porter sur une nouvelle exception à la française qui veut faire un usage double du musulman. Si le musulman, ici, ne perd pas sa foi, c’est sa tête qu’il risque de perdre. Oui, car la contradiction lourde de non-sens à laquelle il se voit contraint, comme qui dirait une schizophrénie acharnée qu’on lui chercherait, peut-être de bonne foi, et qui peut, selon quelques psychiatres le pousser à la folie, la vraie.

De quoi s’agit-il? C’est simple. On demanderait aux musulmans d’intérioriser leur foi, de l’intimiser comme il se doit, de respecter la loi 1905, puis de l’autre côté, on les taxerait de ne pas crier assez haut, et, paradoxalement, en tant que musulmans, contre les attentats qui ont fait une France meurtrie.

Hakim El Karoui apporte ici une nuance, oui pour un musulman à même de modérer dans leur compréhension les enseignements sacro-saints de dieu, de les niveler ainsi avec la loi ou la foi de la république, non pour un musulman-jetable. Si la modération est de mise ici, c’est qu’un chiffre à deux digits vient à terroriser la donne: 28% des musulmans de France feraient passer la charia avant la loi de la république. Des musulmans, entre autres, vivant des temps ambigus où la religion leur est plutôt portée par internet ou par de mauvais prophètes dans la personne d’amis peu renseignés que par la famille.

L’auteur regrette que le culte musulman de France soit relégué aux pays étrangers, comme un sous-tutelle gardien des affaires musulmanes mais d’abord françaises. Oui, chaque musulman doit être conseillé selon son contexte. Et qu’en l’absence d’un «islam français» ouvert et non obscurantiste, encourageant plutôt qu’un recroquevillement, une intégration on ne peut plus nécessaire. Pour cela, privilégier la formation des imams français est le pivot de l’affaire, un organe musulman français chasseur des extrêmes, au fait d’un enseignement par contexte. L’auteur ne laisse pas de dire que le CFCM (centre français du culte musulman) est un échec.

Car comment peut-on régler tout l’islam à 30.000 euros? Une somme ridicule pour former à la chose religieuse. Une chose de taille, et dont la répercussion est immédiate. L’auteur propose une chose digne: prélever, plutôt qu’une taxe, une cotisation par musulman pèlerin, ou acheteur de viande halal, qui irait renflouer une caisse, pas encore désignée, mais censée régler ces affaires de culte.
Encore une chose, non moins digne, canaliser les donations faites aux associations, en moderniser la structure, pourquoi pas un guichet puis un reçu… C’est qu’au final c’est un argent qui fait poids, et dont l’usage doit être clean mais d’abord notifié.

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