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L’industrie automobile prend sa vitesse de croisière

26 nouvelles usines pour un investissement de près de 14 milliards de dirhams

En plus de l’implantation du géant chinois BYD, les nouveaux investissements contribuent au parachèvement des écosystèmes des constructeurs français Renault et PSA Peugeot au Maroc en vue de s’approvisionner davantage en pièces et accessoires sur le marché local.

Deux jours après la signature devant le Roi Mohammed VI et en présence du président du groupe chinois BYD Auto Industry, Wang Chuanfu, de la convention d’implantation au Maroc d’un nouvel entrant sur le marché de l’industrie automobile, en l’occurrence le géant chinois BYD, l’un des leaders mondiaux du transport électrique et «une icône de l’innovation en Chine», comme le décrit le ministre de l’Industrie, Moulay Hafid Elalamy, le Souverain a présidé, lundi 11 décembre 2017 au palais royal de Casablanca, la cérémonie de lancement de 26 investissements industriels dans le secteur de l’automobile, d’un montant global de 13,78 milliards de dirhams. Sur les 26 nouvelles usines, six s’inscrivent dans le cadre de l’élargissement de l’écosystème du constructeur automobile français Renault, qui développe une plateforme mondiale d’approvisionnement depuis le Royaume. Le constructeur s’approvisionne actuellement en pièces usinées à hauteur d’un milliard d’euros par an à partir du Maroc et atteint un taux d’intégration locale de 55 %. Ce qui veut dire que les deux prochaines années, ce taux d’intégration, synonyme d’approvisionnement en pièces automobiles fabriquées sur le marché local, va être porte à 60 ou 65%.

Accélération industrielle
Idem pour le constructeur français PSA Peugeot, qui a attiré trois équipementiers qui font partie désormais de son écosystème et qui va contribuer à faire émerger un pôle industriel d’excellence à Kénitra free zone. Les deux écosystèmes produiront des jantes en aluminium, des tableaux de bord, des pare-chocs, des sièges ou encore des boîtiers électromécaniques. Cinq autres investissements s’inscrivent dans le cadre des activités de l’Ecosystème «câblage et connectique», lancé en octobre 2014 et, enfin, deux investissements se déploieront dans le cadre de l’Ecosystème Valeo.

En plus de la production de pièces et accessoires automobiles localement, qui se nourrit d’industriels marocains de cuir et d’ameublement notamment, les opérateurs logistiques vont profiter de ces deux écosystèmes dans les deux zones franches de Tanger et de Kénitra. La création de nouveaux emplois, directs et indirects, s’en suivra et s’étalera sur les trois prochaines années au moins. Ces écosystèmes ont déjà permis la création de plus de 80.597 emplois, soit 90% de l’objectif à horizon 2020 du Plan national d’accélération industrielle. Ils généreront 11.568 emplois directs. Ils ont généré en 2016, un chiffre d’affaires à l’export de 60 milliards de dirhams, soit une hausse de 50% par rapport à 2014.

Il semble que Moulay Hafid Elalamy est à deux pas de relever le défi qu’il s’est lancé il y a trois ans lors du lancement du très ambitieux Plan d’accélération industrielle. Il ne faut pas non plus oublier de rendre à Ahmed Reda Chami, l’ancien ministre de l’Industrie, ce qui lui appartient puisque c’est lui qui a lancé et mis sur pied l’ancêtre du Plan d’accélération industrielle, à savoir le Plan Emergence industrielle et qui a érigé les métiers mondiaux (automobile, aéronautique, offshoring…) du Maroc en priorité nationale.

Nouvelles spécialisations
Aujourd’hui, Moulay Hafid Elalamy a donné un nouveau souffle à ce plan, qui ambitionne de créer 500.000 emplois et de porter la part de l’industrie à 20% dans le PIB (produit intérieur brut) à l’horizon 2020, diminuant par là la dépendance de notre économie du secteur primaire, l’agriculture, qui, lui, dépend de la clémence du ciel. C’est Elalamy d’ailleurs qui a donné du sens aux écosystèmes industriels en proposant des subventions et incitations et notamment aux écosystèmes automobiles.Il a ramené PSA Peugeot avec la promesse préalable d’atteindre un taux de 65% d’intégration industrielle. Il a par ailleurs su intéresser et convaincre un mastodonte chinois et mondial de la mobilité électrique, le groupe BYD Auto Industry, dont l’implantation au Maroc va se traduire par l’ouverture d’une usine de 50 hectares employant 2.500 personnes.

Devant le Roi, au palais royal de Casablanca, le ministre de l’Industrie, de l’Investissement, du Commerce et de l’Economie numérique, Moulay Hafid Elalamy, a prononcé une allocution dans laquelle il a indiqué que «le Plan d’Accélération industrielle et la démarche des écosystèmes sont des leviers réels de l’accélération industrielle en marche», notant que les 26 investissements lancés dans l’automobile introduisent de nouvelles spécialisations au Maroc, renforcent l’intégration locale, densifient le tissu productif, et répondent à un besoin jusque-là comblé par l’import.

Transfert de technologies
Sur ce dernier point justement, les pièces et accessoires automobiles jusque-là importés par les constructeurs automobiles sont synonymes de sorties importantes de devises et de déséquilibre de la balance commerciale (exportations/importations). Autre point non négligeable: la production de ces pièces autrefois importées va, à coup sûr, renforcer le transfert de technologies dont profitera la jeunesse marocaine formée aux métiers techniques de l’automobile par les constructeurs employeurs. Jusqu’à un passé récent, l’on disait que le Maroc ne jouissait pas d’une véritable industrie automobile. Aujourd’hui, avec la stratégie des écosystèmes, c’est une véritable industrie qui s’installe graduellement à long terme avec un transfert aussi graduel de technologie. L’une des industries les plus contributrices à la relance des exportations s’engage aujourd’hui dans sa vitesse de croisière. Et plus l’affaire est rentable pour les constructeurs sur place, plus l’appétit d’autres constructeurs (japonais, coréens et américains, notamment) va grandissant.

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