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L’homme araignée n’est plus

Hamid El Hazzaz, gardien de but international, décédé à l’âge de 72 ans

En plus de son talent de gardien de but, Hamid El Hazzaz avait une ligne de conduite exemplaire, sur l’aire de jeu comme en ville. Avec lui, la sélection nationale a remporte son unique trophée continental.

Un bon gardien vous manque et les buts ne sont plus gardés. Ainsi va le football. Ainsi il en est du sentiment ressenti après la disparition du grand portier de l’équipe nationale Hamid El Hazzaz, emporté par des problèmes cardiaques, le samedi 13 janvier 2018, à l’âge de 72 ans. Ses funérailles émouvantes ont eu lieu le jour même au cimetière Lekbab à Fès. Pendant de longues années, le défunt a marqué cette fonction stratégique dans toute formation footballistique. Les mordus du foot savent pertinemment que la tâche de gardien de but n’est pas toujours reconnaissante, quand elle n’est pas carrément ingrate. Le public, pourtant très regardant, a plutôt tendance à comptabiliser les buts encaissés sur le passif du gardien, avant d’incriminer, en deuxième lecture, la ligne de défense ou le milieu de terrain. Hamid El Hazzaz a eu tout le temps pour intégrer cette donnée première, puisqu’il a rejoint l’équipe minime du Moghreb de Fès en 1962 à l’âge de 13 ans, où il a connu une progression formatrice, mais aussi révélatrice de son talent précoce.

Confirmation est faite, El Hazzaz est doué. Il n’en fallait pas plus pour attirer l’attention des sélectionneurs. Il fera partie de l’équipe nationale espoir entre 1965 et 1967. «L’araignée», tel que le surnommait le public, avait pris son envol. El Hazzaz rejoint l’équipe nationale en 1968. Il en devient l’image de marque. C’était le temps où le Maroc était considéré, à juste titre, comme un pays de foot, parmi le concert des nations footballistiques. C’est fort de cette réputation méritée et régulièrement confirmée sur l’aire de jeu, que El Hazzaz gardera la cage de la sélection marocaine lors de la coupe du monde du Mexique en 1970.

Même éliminé en phase de poules, le Maroc avait fait figure honorable selon les professionnels de la presse sportive. Au niveau africain, précisément, El Hazzaz a participé aux phases finales de la CAN de 1972, 1976 et 1978. Il a si bien gardé les buts marocains que la sélection nationale a remporté la coupe de la CAN en 1976. C’est à ce jour l’unique trophée continental du Maroc en tant que sélection nationale.

Parcours sans faute
En raccrochant les crampons, Hazzaz ne sera pas pour autant démobilisé pour une quelconque limite d’âge. Il continuera à assumer des postes à responsabilité dans le giron de son club, d’abord dans la direction omnisport du MAS, puis la section athlétisme du même club.

Au final, qu’est-ce qui a permis à ce natif de Fès de faire un parcours sportif aussi parfait, pratiquement sans faute? La réponse tient en deux mots, la ligne de conduite sur le terrain, comme en ville. Meneur d’hommes, récompensé comme tel par son brassard de capitaine, Hamid El Hazzaz est profondément religieux à l’esprit ouvert. Il tenait à se donner en exemple, sans rupture sur le registre d’existence. C’est pour toutes ces qualités et pour l’image du sportif marocain qu’il représentait que S.M. le Roi a adressé un message de condoléances et de compassion aux membres de la famille de feu Hamid El Hazzaz.

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