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L’État doit sauver la Samir

Le gouvernement envisage la fermeture de la raffinerie de Mohammedia

Si l’État cède à la fermeture de la Samir, 6.000 emplois seront perdus. Ce qui risque de provoquer une véritable crise sociale dans le pays. Les organisations syndicales crient au scandale.

La récente déclaration du ministre de l’Énergie et des mines, Aziz Rabbah, sur l’affaire Samir, à la conférence sur les énergies renouvelables à Abou Dhabi, lundi 15 janvier 2018, a été dangereusement stupéfiante. Il a, en effet, annoncé que le gouvernement s’achemine, désormais, vers la fermeture définitive de la célèbre raffinerie de Mohammedia.

Une option radicale et pour le moins inattendue qui risque certainement de provoquer un véritable séisme économique et social puisque la Samir emploie plus de 6.000 personnes. «Comment le ministre ose parler de fermeture? Cela nous choque profondément. On ne peut pas concevoir que le gouvernement déclare forfait sur ce dossier si stratégique et si sensible pour le pays», réagit, ainsi, Houssein El Yamani, secrétaire général de la branche pétrolière de la Confédération démocratique du travail (CDT).

Selon plusieurs sources proches du gouvernement, ce dernier semble de moins en moins passionné par le sauvetage de la raffinerie, autrefois fleuron de l’industrie marocaine. Il y a quelques mois, Aziz Rabbah avait indiqué que le potentiel économique de la Samir était désormais obsolète et qu’il fallait, en quelque sorte, aller dans le sens de la décision de liquidation prononcée en mars 2016 par le tribunal de commerce de Casablanca. Pour beaucoup, la fermeture probable de la Samir signifie un double échec pour l’Exécutif: le premier a été de laisser la raffinerie se noyer dans ses difficultés financières pour enfin provoquer sa faillite. Le deuxième échec se résume à l’incapacité de l’État à attirer des investisseurs étrangers pour la reprise de la Samir, auquel cas sa fermeture se pose comme une solution envisagée.

Un échec cuisant
Or, pour le responsable de la CDT, l’État ne peut pas échapper à son devoir de sauver les milliers d’emplois en danger mais aussi de maintenir en activité une entreprise emblématique de l’économie nationale qui, de surcroît, opère dans un secteur stratégique: le raffinage des hydrocarbures. Le long processus de vente engagé par les pouvoirs publics, à travers un syndic judiciaire, n’a pas encore abouti. Et ce trois ans et demi après son lancement.

On avait annoncé plusieurs repreneurs, dont des américains, des chinois et des italiens, mais finalement, ils se sont probablement tous désistés. Plus de dix appels d’offres ont été lancés, mais sans résultat. «Un échec cuisant qui témoigne de la légèreé de l’offre marocaine et son faible engagement à vouloir sortir l’affaire de l’impasse », explique Houssein El Yamani.

Faute d’une stratégie claire, qui permettrait à un repreneur étranger d’avoir une visibilité sur l’avenir de l’entreprise, les potentiels repreneurs ont fini par jeter l’éponge, craignant un scénario catastrophique pour leur projet. Mais, une chose est sûre: la ville de Mohammedia risque de mourir économiquement au cas où la Samir est fermée, sort qui a frappé la ville de Sidi Kacem et sa région lorsque la Société chérifienne de pétrole (SCP) a été fermée en 2009. Un terrible scénario qui va se reproduire pour le pays alors que le propriétaire de la Samir, le milliardaire saoudien Cheikh Mohammed Hussein Ali Al-Amoudi, est désigné comme le véritable fossoyeur de la raffinerie nationale.

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