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Les promoteurs immobiliers expriment leurs inquiétudes

Youssef Benmansour. Le nombre de bénéficiaires de crédit immobilier durant l’année 2015 est le plus bas depuis 2005

Youssef Benmansour.

CRISE. Aujourd’hui, au-delà des chiffres qui témoignent de la morosité du secteur, ce sont les prometteurs immobiliers qui, après avoir longtemps dissimulé les symptômes de la crise, tirent la sonnette d’alarme.

Quand l’immobilier va, tout  va. Mais, depuis deux ans,  le secteur, qui a connu  son boom entre 2008 et 2012,  traverse une crise sans précédent,  caractérisée par une baisse très  significative des mises en chantier de  projets immobiliers et la stagnation  des ventes du stock des logements.  Aujourd’hui, au-delà des chiffres, ce  sont les prometteurs immobiliers qui,  après avoir longtemps dissimulé les  symptômes de la crise, passent aux  aveux. Ainsi, Youssef Benmansour,  président de la Fédération Nationale  des Promoteurs Immobiliers (FNPI)  a tenu un point de presse pour  exprimer ses inquiétudes face à la  morosité du secteur.

«Le modèle économique actuel n’est  plus valable. Le gouvernement n’a  pas donné suite à nos propositions  pour relancer l’activité», a assené  d’emblée M. Benmansour. «Les  promoteurs ne lancent plus de  projets», souligne-t-il. Les difficultés  financières d’Alliances, d’Addoha et  autres CGI ont impacté négativement  le secteur, précise-t-il.

Manque de visibilité
L’impact s’est fait ressentir au  niveau de la création d’emplois.  Le secteur, qui d’habitude crée en  moyenne entre 50 et 60.000 postes  d’emplois annuellement, a perdu  30.000 emplois en 2015. La cause?  Le financement! Pour le président de  la FNPI, il est nécessaire de réfléchir  à des mécanismes de financement au profit de l’acquéreur, au-delà  du système bancaire, «qui bloque  aujourd’hui», précise-t-il. Selon les  chiffres de la Fédération, les crédits  immobiliers s’élevaient à 241,65  milliards de dirhams au mois de  novembre 2015, contre 241,04  milliards un an auparavant, soit une  légère hausse de 0,3% et de 2% par  rapport au mois d’octobre 2015.

Par ailleurs, la FNPI fait état de la  signature entre janvier et novembre  2015 de 97 conventions pour la  réalisation de 113.865 unités. Un  chiffre en forte baisse par rapport à  2014, où les mises en chantier ont  concerné 218.957 unités, contre  234.013 une année auparavant.  Des chiffres cependant qui restent  très loin de ceux enregistrés en  2012 (419.362 mises en chantier).  Côté acquéreurs, le nombre de  bénéficiaires de crédit immobilier  durant l’année 2015 à fin novembre  s’est établi à 6.974, soit le plus bas  depuis 2005.

Inquiétant, même pour la nouvelle  année 2016. Le pessimisme domine.  Pour le président de la FNPI, le  manque de visibilité ne laisse pas  entrevoir d’optimisme. Des mesures  sont toutefois préconisées pour sortir  de cette impasse.  La profession milite pour un  nouveau modèle de financement.  Pour la FNPI, il est aussi important  de repenser une nouvelle politique  de l’habitat au Maroc ainsi que le  cadre juridique de l’urbanisme, qui  continue de pénaliser le secteur.

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