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Les caisses sont vides

La pérennité du Fonds d’appui à la cohésion sociale (FACS) compromise

Après le pic enregistré en 2015 avec 5 milliards de dirhams, les ressources du Fonds ont baissé à 1,78 milliards de dirhams en 2017.

Comment financer à la fois le Ramed, le programme Tayssir, le programme un Million de cartables, le programme de soutien aux veuves, le programme d’appui aux personnes en situation de handicap quand les ressources disponibles fondent comme neige? Alors que les dépenses n’en finissent pas d’augmenter, d’année en année les recettes reculent. C’est ce qui ressort de l’exposé, le mercredi 30 mai 2018, de Mohamed Boussaid, devant la commission des finances publiques. Les parlementaires n’en croyaient pas leurs yeux. Déjà informés en décembre 2017 des dysfonctionnements de ce Fonds par la Cour des comptes, ils ne s’attendaient pas à voir ce Fonds toucher le fond. Sa pérennité est plus que jamais compromise. La situation du FACS est plus qu’alarmante si rien n’est fait d’ici trois ans pour stopper l’hémorragie.

En effet, si le total des ressources du Fonds est estimé à 17,39 milliards de dirhams, par année, elles sont en net recul. Après le pic enregistré en 2015 avec 5 milliards de dirhams, ce montant a baissé à 3,25 milliards de dirhams en 2016 et est tombé à 1,78 milliards de dirhams en 2017. On ne voit pas alors comment Boussaid va faire face à cette chute vertigineuse des ressources et ce, à un moment où les dépenses n’en finissent pas d’augmenter.

Rappelons que le total des dépenses du FACS a atteint 9,3 milliards de dirhams au cours de la période allant de 2014 à 2017. Sur ce montant, le Ramed occupe la première place avec une moyenne de 52% des dépenses (4,5 milliards de dirhams). Il est suivi par les deux programmes destinés à lutter contre l’abandon scolaire que sont Tayssir et un Million de cartables, avec une enveloppe globale de 3,2 milliards de dirhams, soit 34%.

Programme bloqué
Ainsi, le dispositif de lutte contre l’abandon scolaire Tayssir, qui concerne pas moins de 774.000 élèves, a été depuis son lancement en 2008-2009, presque bloqué, faute d’argent. Financé par le FACS, à hauteur de 500 millions de dirhams par an, il lui manque une centaine de millions pour être pleinement déployé. Son coût de déploiement a toujours dépassé le budget qui lui est alloué. Résultat: un cumul de retards de paiement et des arriérés qui remontent à trois ans.

La situation du FACS est d’autant plus grave qu’il doit faire face au financement des autres programmes d’appui qui restent. À leur tête le programme de soutien aux veuves, qui représente 11% des dépenses. Les dépenses de ce dernier programme n’ont cessé, en effet, d’augmenter, passant de 196 millions de dirhams en 2015 à 588 millions de dirhams en 2017, et ce, pour cause d’augmentation du nombre des femmes bénéficiaires (passant de 30.406 en 2015 à 80.262 en 2017).

Quant aux dépenses liées au programme d’appui aux personnes en situation de handicap, elles ont augmenté, particulièrement pour encourager la scolarisation des enfants handicapés, en passant de 44 millions de dirhams en 2015 à plus de 97,6 millions de dirhams en 2017, au profit de 8.721 enfants

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