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L’envolée des prix atteint des sommets inquiétants

La cherté de la vie s’accentue à la veille du mois de Ramadan

Vertigineuse, la hausse des prix des fruits, légumes, viandes… se précise à la veille du mois de Ramadan. Les petites bourses du gros des ménages marocains ne peuvent plus supporter la cherté de la vie.

Entre hausse des prix des carburants, de la facture d’eau et d’électricité, de la scolarité…. et des produits alimentaires, les ménages marocains n’en peuvent plus. Aussi clair soit-il, c’est le même message et signal qui est transmis régulièrement aux responsables.

Mais le gouvernement -semblerait-il- est déconnecté de la réalité. Faignant la discussion sur une réelle hausse des prix, il continue à rassurer que les denrées consommées toute l’année et de façon toute particulière pendant ce mois sacré de Ramadan seront abondantes, sauf qu’il oublie de souligner que leurs prix les rendent inaccessibles. Ce n’est plus un secret: le gouvernement et les services de contrôle communaux ont dans leur viseur le baromètre des prix des fruits, légumes et du poisson au niveau des marchés de gros en se basant sur les rapports qu’ils reçoivent dans leur bureau de la part des gérants de ces marchés, pour faire des communiqués qui soulignent que le pouvoir d’achat des Marocains est toujours préservé. Mais que dalle! Ils ne font jamais le parallélisme entre les prix des marchés de gros avec les prix des marchés du détail.

Ceux-ci passent au double voire au triple facilement. Et la goutte qui fait déborder le vase, c’est que les intermédiaires, organisés, justifient leurs prix élevés par la hausse des prix de gros à l’achat, sachant que leurs clients ne peuvent pas et n’ont pas le temps de vérifier la véracité de leurs dires. A quelques jours du Ramadan, la hausse vertigineuse des prix est devenue un événement attendu par les ménages. Injustifiée, collée sur le dos de la loi de l’offre et de la demande, cette hausse des prix est constatée au niveau de tous les marchés de détail.

A Casablanca, dans la quasi-totalité des marchés de fruits et légumes et de poisson, les prix ont enregistré une envolée pour le moins ahurissante, bien avant Ramadan. Le manque de contrôle et la cupidité de commerçants ajoutant à cette situation de spéculation. Ces derniers profitent largement de cette période à forte demande et du laxisme ambiant de la part de l’administration ainsi que de la complicité des intermédiaires pour augmenter leurs marges et maximiser leurs bénéfices.

Manque de contrôle
Une tournée dans les marchés les plus fréquentés de Casablanca comme le marché central, le marché de Maârif ou encore celui de Ben Jdia, à moins de deux semaines de ce mois sacré, fait dégager d’emblée la «chaleur des prix» qui y prédomine. «Les prix du poisson, de la volaille, des légumes et des fruits ont connu un bond vertigineux ces derniers jours. Qui nous protège de cette cherté?», s’interroge, résignée, Hlima, quinquagénaire, femme au foyer et mère de 4 enfants. Même les marchands n’apportent aucune explication valable à ce phénomène qui se présente à la veille de chaque mois de Ramadan.

Au marché de Ben Jdia, le prix du poulet vif a atteint entre 18 et 22 DH. Le prix des coquelets se fixe, lui, autour de 18 DH. Le poulet Beldi se fait rare et excessivement cher. Son prix, au kilo, atteint 70 à 75 DH le kilo. Et ce n’est pas que le poulet qui connaît une hausse des prix, le blanc de la dinde est actuellement vendu à 70 DH le kilo. Les oeufs ne sont pas en reste. Déjà à 1,20 dirhams l’unité avant Ramadan, ce tarif atteindra 1,5 Dh l’unité et l’offre se fera rare pour justifier une forte demande.

Inaccessibles fruits
Fait récurrent chaque Ramadan, les autorités devraient annoncer une baisse de la taxe douanière pour les oeufs, passant de 40% à 10%, une façon d’encourager l’importation. L’année dernière, un accord a été signé entre le Maroc et l’Espagne pour l’importation d’oeufs espagnols au Maroc pendant Ramadan. Venant aux choses sérieuses, ce qui remplit l’essentiel du panier de la majorité des ménages marocains, en l’occurrence les légumes et, dans une faible proportion, les fruits. Interdits aux bourses sensibles, les légumes et les fruits sont «inaccessibles». En effet, depuis trois ou quatre ans, les prix des fruits et légumes ont grimpé pour ne plus fléchir, depuis que le gros de la production s’exportait massivement vers l’Union européenne. Et puisqu’il reste une infime partie sur le marché local, et suivant bien entendu la loi de l’offre et la demande, les prix élevés sont permis.
A moins de 25 dirhams le kilo, il ne faut pas rêver d’acheter du haricot vert. Le haricot blanc affiche 30 Dh/kilo, le pois-chiche 26 DH, les lentilles (production locale) entre 20 et 29 dirhams en fonction de sa qualité.

Grogne populaire
Des prix hallucinants qui ont rejoint et dépassé ceux des légumes verts, avec la courgette qui se vend à 14 DH, le fenouil à 12 DH, le poivron à 10 DH, la pomme de terre à 9 DH, l’oignon à 14 DH, les petits-pois à 20 DH, et les carottes à 9 DH… L’exportation de légumes comme les petits-pois, les tomates et les courgettes, fort demandés sur le marché local, a de même contribué à la cherté de ces produits. La tomate est sortie du lot ces dernières semaines. Son prix de vente est retourné un peu à la normale entre 5 et 6 dirhams avant Ramadan, étant donné que de grandes quantités qui étaient destinées à l’export ont été refoulées de l’Union européenne.

Les fruits ne sortent pas du lot: avocat à 50 DH, pêche à 20 DH, pommes entre 20 et 25 Dh (premier prix)… Concernant les viandes, la viande rouge a été contaminée de cette fièvre de la hausse des prix: entre 80 et 85 Dh le kilo de viande, les rognons entre 100 et 120 dirhams DH, le foie à 160 DH… Le poisson n’échappe à cette règle. Les prix passent au double presque pendant ce mois avec une offre globalement congelée et surgelée et facilement périssable pendant la journée du jeûne.

La tendance haussière des prix à la consommation, même si elle s’accentue durant ce mois de piété et de quiétude, se généralise et se banalise tout au long de l’année. La cherté de la vie, globalement, est un fait implacable. Tout augmente sauf les salaires, les allocations familiales et le plafond des remboursements de l’assurance maladie sachant que les caisses de protection sociale réalisent des excédents. Et cela arrange tous ceux qui vivent de cette rente sans produire sur le dos des ménages surpassés. Le gouvernement, lui, est sur la défensive chaque fois qu’il se sent sérieusement inquiété ou médiatiquement visé, au lieu d’agir pour apaiser la grogne populaire.

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