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Leila farah mokaddem: « Le Maroc est un modèle pour l’Afrique »

Leila farah mokaddem, représentante de la BAD au Maroc

De nationalité tunisienne, Leila Farah Mokaddem a rejoint la Banque africaine de développement en 2002. Elle est, depuis fin novembre 2017, la représentante de la banque au Maroc.

La BAD vient d’octroyer au Maroc un prêt de 265 millions de dollars pour financer une partie de son programme d’énergie solaire. Quelles sont les conditions de ce prêt?
Avant tout, permettez-moi de saluer la vision de SM le Roi Mohammed VI qui, très tôt -et avant même que d’autres pays ne s’engagent-, a mis l’énergie solaire et, plus largement, les énergies renouvelables en avant dans le modèle énergétique marocain. Aujourd’hui, le Maroc en recueille les fruits et représente un modèle pour d’autres pays africains. En effet, nous sommes ravis d’apporter plus d’un quart de milliard de dollars pour financer la première phase du projet de complexe solaire Noor Midelt. En parfaite adéquation avec notre priorité stratégique en matière d’énergie, ce projet permettra de garantir l’alimentation en électricité pour plus de 2 millions de Marocains.

Quel bilan économique et financier pouvez-vous faire concernant la relation entre le Maroc et la BAD?
Un excellent bilan. Membre fondateur de la Banque, le Royaume du Maroc a, depuis la création du groupe de la Banque africaine de développement, bénéficié d’un appui soutenu de notre institution. C’est en 1970 que nous avons entamé nos opérations au Maroc. Le tout premier projet à avoir été financé, en 1978, portait sur le secteur de l’eau potable et de l’assainissement. Entre 1978 et la fin 2017, ce sont 162 opérations dans 7 secteurs qui ont été approuvées par la Banque, pour un total de plus de 10 milliards de dollars. Quatre secteurs prioritaires ressortent des engagements consentis: les infrastructures, la gouvernance économique et financière, le secteur social et l’agriculture. Je rappelle, enfin, que le Royaume est notre premier client avec un portefeuille en cours qui comprend 33 opérations pour un engagement de plus de 3,1 milliards de dollars.

Y a-t-il d’autres projets d’infrastructure que la BAD s’apprête à financer pour le compte du Maroc?
Notre objectif est de passer à un palier supérieur pour soutenir l’émergence du Maroc. Et la perspective est toute tracée. En mars 2017, nous avons défini notre stratégie d’intervention pour le Royaume sur les 5 prochaines années qui se fonde sur notre nouvelle vision pour l’Afrique dénommée «High5». Une vision dont la finalité est de contribuer à consolider les bases d’une croissance inclusive et durable. Notre appui consistera principalement à accompagner le développement durable du tissu industriel marocain, la création d’emploi, pour les jeunes et les femmes, et l’amélioration de la qualité et la pérennité de l’emploi en zone rurale à travers la valorisation des filières agricoles notamment.

Depuis son retour au sein de l’UA, le Maroc ne cesse de multiplier ses investissements en Afrique. La BAD accompagne- t-il sa politique africaine?
Le Maroc joue un rôle incontestablement moteur dans la dynamique de coopération Sud-Sud. L’Afrique a depuis toujours figuré parmi les priorités du Maroc. Un chiffre pour en attester: plus de 80% des investissements directs étrangers marocains se concentrent sur l’Afrique. Nous saluons encore une fois la réintégration du Royaume au sein de l’Union africaine ainsi que sa volonté d’adhérer à la CEDEAO.

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