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L’ÉDUCATION DE QUALITÉ, UNE QUESTION DE MOYENS

Seddik Mouaffak

Seddik Mouaffak

Une éducation et une  formation de qualité  pour le grand nombre  est plus que jamais la  clé de réussite pour une  société qui aspire au changement, au  progrès et au bien-être de sa population.  Mais la qualité de l’éducation a un coût  qui ne peut être supporté au même  degré par tout le monde. Faute de  moyens -à la hauteur de toute réforme  aussi visionnaire et louable soit-elle-,  le budget de l’État, n’arrive pas à faire  face au nombre grandissant d’élèves et  d’étudiants qui affluent chaque année  dans les établissements scolaires et  universitaires.

Également, faute de moyens suffisants,  les familles de nos élèves et de nos  étudiants n’arrivent pas toutes à faire  face à des frais de scolarité de plus en  plus élevés dans l’enseignement public  et encore plus dans l’enseignement privé.  Quant aux moyens mis à la disposition de  nos étudiants du supérieur, on ne peut  pas dire qu’ils bénéficient de bourses  généreuses ou davantage de prêts de la  part d’établissements à caractère public  ou privé, leur permettant de financer  leurs études ou de faire aboutir leurs  recherches.

Ainsi, malgré les milliards de dirhams  engloutis par les différents budgets  de l’enseignement, la gratuité de  l’éducation n’est pas pratiquée à tous  les niveaux. Elle rencontre même une  hostilité, non seulement des milieux dits  libéraux, mais également d’une partie  des milieux pourtant sensibilisés aux idées progressistes. Et on s’étonne si  la sphère marchande envahit d’année  en année le secteur de l’enseignement,  donnant lieu à un enseignement privé,  le moins qu’on puisse dire est qu’il se  développe dans l’anarchie et le manque  de transparence. Une expansion qui a  fait dire à certains observateurs avertis  qu’elle a plus favorisé le gain rapide  que la qualité en créant une nouvelle  niche de rente encouragée par les  pouvoirs publics. L’enseignement  supérieur, qui a été jusqu’ici à l’abri  de la marchandisation, sous prétexte  d’ouverture à l’investissement privé  national et international et de pari sur  la professionnalisation et l’excellence  de la recherche, n’échappe pas, lui aussi  à l’introduction progressive des frais de  scolarité, notamment aux étudiants qui  ont les moyens.

Tout cela «pour en finir avec l’absurdité  du tout-gratuit à l’Université». Comme si  c’est plus la gratuité qui nuit à la qualité  et à la performance de notre Université  que son caractère élitiste, inefficace et  surtout inégalitaire. C’est que la façon  de faire Université chez nous a peu  évolué. Cette institution reste marquée  notamment par la forte place réservée  aux savoirs académiques et le fétichisme  d’une évaluation presque permanente.  Ainsi, le temps pris par la préparation et  le déroulement des examens dépasse de  loin, du moins dans les établissements  à accès ouvert comme les facultés de  droit et des sciences économiques, celui  réservé aux séances de cours.

Lesquels établissements reçoivent  presque entre deux à cinq fois moins  de moyens par étudiant que les grandes  écoles ou universités sélectives; trop  peu, en tout cas, pour développer des  premiers cycles de grande qualité  et des conditions d’études dignes  de ce nom.

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