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Le souk aux tractations

Driss Fahli

Driss Fahli

Le processus démocratique  au Maroc a  gagné d’importantes  enjambées avec le  bon déroulement des  dernières élections et la bonne  supervision du ministère de  l’Intérieur et du Gouvernement.  En revanche, le principe de  reprendre les mêmes visages (restons  polis), avec plus de rides et  de courbes dorsales, pour recommencer  les mêmes tractations  que par le passé est encore bien  ancré dans les habitudes. Les  transactions sont en cours pour  désigner les gardiens des temples  budgétaires des régions et des  communes. Ils vont pouvoir en  profiter dans l’intérêt compris  et convergent de soi, du parti et  enfin et peut-être du commun  des mortels.

La ribambelle de profiteurs et  grosses légumes connues pour  être des accaparateurs nationaux,  des agioteurs internationaux et  des spéculateurs locaux n’ont pas  eu d’états d’âmes à utiliser les  partis pour arriver à leurs fins,  sourire ultra-brite aux lèvres et  torse bombé d’autosatisfaction.  Je pense que les partis n’ont pas  hésité à mettre ces énergumènes  en tête de liste pour se prémunir  de leur pouvoir de nuisance.

C’est le bémol négatif de ces  élections. On vote pour un parti  qui peut coopter des «boursicotiers  politiciens» à la tête de ses  listes. A force d’accrochages, de  lâchages et de donne-moi cette  ville je te refile ces patelins, on  risque de se retrouver avec des  ripoux officiels à la tête d’une  région, d’une commune ou d’un  conseil préfectoral.  L’enjambée démocratique, n’a  pas pu, malgré la loi, éviter non  plus les habituelles transhumances  à la veille des élections.  Le calcul politique n’a pas  dérogé à la règle de la tambouille  électorale. Changer de veste  à la veille des élections pour  s’offrir au plus offrant est une  forme de prostitution politique  qui n’a rien à envier à celle péripatéticienne.

La seule différence  entre les deux, est que la dernière  est craintive de toutes sortes de  poulets alors que la première ne  craint plus personne, y compris  Dieu lui-même. La dernière est  toutefois marchande de bonheur  là où le transhumant est marchand  d’arnaques.

Le plus étonnant encore est noté  pendant la campagne électorale.  Les flyers des partis bourrent les  boîtes aux lettres et tapissent en  saleté les parterres et les abords des routes et des chemins. Bon  nombre de ces photos fournies  pour ces flyers par les candidats  aux listes ne sont ni photogéniques  ni étudiées pour donner  confiance à l’électeur. En passant  en revue certaines de ces  photos, on a plus l’impression  d’avoir affaire à des faciès de  truands qu’à des visages d’honnêtes  citoyens. Pour certains  d’entre eux, on est presque sûr,  avec très peu de perspicacité  physionomique, d’y voir clairement  leur côté concussionnaire  surdimensionné, vorace et  immoral.

La bonne nouvelle de cette élection  est la fin prédite de notre  hâbleur national Hamid Chabat.  La raclée qu’il a reçue devrait  l’obliger à aller bricoler ailleurs.  Penser ainsi, c’est mal connaître  le vendeur de paroles. Il va crier  de toutes ses forces qu’il est  le deuxième parti du pays en  termes de sièges obtenus et que  les élections se sont déroulées  dans une ambiance délétère.  La bonne nouvelle pour les responsables  qui ont laissé l’argent  du contribuable s’effriter à la  Samir, c’est que ces élections  ont fait oublier l’affaire de la  Samir et la responsabilité de  l’État marocain depuis 1996  dans la vision et le laissez-pourrir  qui l’a mise par terre.  Et ce n’est pas tout…

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