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LE PRINTEMPS DES POPULISMES

Driss Fahli

Il n’y a que le sérieux et le bien  fondé durables pour arriver à bout  des problèmes. Feu mon père exprimait  cela en disant «ma yaslah  ghir l’maakoul». Le mot «maakoul  » représentait à l’époque un cocktail  entre le sérieux, le raisonnable et la  juste raison, dont le dosage dépendait  du cas et du moment. En cela, le populisme,  pur troc de balivernes contre des  bulletins de vote, ne correspond ni au  sérieux kantien, ni à celui platonnien de  quantification de la vertu, ni même simplement  au «maakoul» paternel de jadis.  Le populisme est l’ennemi de la raison.  Les Marocains on en subi l’impact: Les  déclamations, les facondes et la prolixité  exubérante d’un Benkirane, sur lit  d’un Islam politique, nous ont saturés de  fausses promesses au cours des élections  législatives de 2011 et durant un  insupportable quinquennat 2012-2016  où l’ironie sans perche et la bouffonnerie  à bouts de champs ont été érigées en  règles constantes de gouvernance. Non  seulement les promesses électorales  n’ont pas été tenues, mais les Marocains  ont subi les affres de réformes mitigées  et impopulaires où le PDJ, en bouc  émissaire opportun, vient, et va encore  perdre tous les poils de sa barbe.

Le populisme n’est pas l’apanage des  seuls peuples encore handicapés par les  carcans idiologico-spirituels, les analphabétismes,  les intoxications sociales  ou les acculturations irrationnelles. Cela consiste à cracher dans la soupe du  voisin. À élaborer des revendications  impossibles et sans lendemains. À critiquer  ce qui permet sa subsistance. En  une décennie, le recours au populisme  comme support d’abêtisation de la population  est devenu l’alpha et l’oméga de  l’action politicienne dans le monde. Aux  USA, le populisme a permis à Trump  de l’emporter sur Hillary Clinton grâce  à un discours abrasif cognant sur les  femmes, les Noirs, les musulmans et sur un système qui lui a permis de s’enrichir  à outrance. Le populisme a permis à Marine  Le Pen d’accéder au deuxième tour  de la présidentielle française, avec plus  de 10 millions de votes idiosyncrasiques,  grâce à un discours xénophobe et profondément  populiste. Taper sur l’Union  Européenne comme une sourde tout en  tirant d’elle le maximum de profits avec  l’immunité comme cerise sur la gâteau, c’est un summum du populisme que  l’eurodéputé Chauparde avait qualifié de  «système mafieux». On peut continuer  à citer les mêmes populismes-pestes  des partis de l’extrême droite en Autriche,  aux Pays bas, en Allemagne, au  Royaume Uni, etc. Ils ont tous le même  corollaire, balayer l’existant pour faire  émerger un dirigeant fort et un parti majoritaire.

C’est la même vision qui est à la base du  populisme marocain mis en circulation  par l’ex-Benkirane et son PJD malgré  une inclination lénifiante en apparence  vis-à-vis de la personne du Roi et du  Makhzen, sauf dans le cas de figure,  le contexte est tout autre. Ceux qui  ne le savent plus en paient le prix par  une chute vertigineuse. En outre, dans  le contexte du PJD, la démocratie est  secondaire par rapport aux principes  religieux. Un Ramid à la protection des  droits de l’Homme est une fable de la  Fontaine à l’image du loup dans la bergerie.  Ses inacceptables déclarations du  2 mai lors du 3ème cycle de l’Examen Périodique  Universel sont encore plus populistes  que ceux de son mentor. Elles  sont l’exacte illustration de ce que seront  les droits de l’Homme à la sauce péjédéiste.

Dites-moi aussi, que peut-on espérer  d’un maire comme celui de Tanger, qui  demande une fatwa au Conseil de Ulémas  pour pouvoir ériger une statue à  Hercule et une autre à Ibn-Batouta ?

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