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Le Polisario sur la sellette

Mustapha Sehimi

Rapport du secrétaire général de l’ONU sur le Sahara

Enfin! Le dossier du Sahara marocain  va-t-il emprunter les voies  de la normalisation? C’est ce qui  ressort du rapport présenté par  le nouveau Secrétaire général de l’ONU,  Antonio Guterres, devant le Conseil de  sécurité, lundi 10 avril 2017. Ce document  tranche en effet avec le parti-pris de son  prédécesseur, Ban Ki-moon, et de son  envoyé personnel, Christopher Ross.

Que dit M. Guterres en substance? L’axe  central porte sur la relance des négociations  sur la base du réalisme et du compromis.  Dès le début, il a tenu à préciser que  “le conflit au Sahara doit être résolu le plus  tôt possible, afin de permettre à la région  de confronter les menaces sécuritaires, les  défis économiques dans une logique de  coopération”. Il veut aussi imprimer une  nouvelle dynamique marquée du sceau  d’un autre état d’esprit de nature à pouvoir  conduire à une solution politique mutuellement  acceptable. Comment? L’idée qui  prévaut est de préparer un nouveau cycle  de négociations directes entre les parties.  En demandant aux parties de faire “preuve  de volonté politique pour passer à une  nouvelle phase de négociation”, Antonio  Guterres sait à qui il s’adresse, autrement  dit qui a proposé quoi et qui s’est obstiné  dans des positions de rigidité, voire d’entêtement.

Le rapport est également significatif sur  un autre point: celui de l’implication des  pays voisins, à un titre ou à un autre, dans  la recherche d’une solution à ce différend.  Et de citer tant l’Algérie que la Mauritanie,  “qui peuvent et doivent fournir une importante  contribution au processus”.

Cela dit, ce texte donne d’autres éléments  informatifs. Il recommande de reconduire  la Minurso pour douze mois, soit jusqu’au  30 avril 2018. Il fait également état de la  décision de Rabat d’autoriser le retour de  17 fonctionnaires civils de cette même  Mission.

Enfin, le rapport charge en termes clairs  le mouvement séparatiste à propos de  la situation créée à Guerguerat depuis le  mois d’août 2016. Antonio Guterres exige  en effet le retrait complet et immédiat  des éléments séparatistes de cette zone  tampon entre le Royaume et la Mauritanie.  Il fait état à cet égard de sa profonde  préoccupation par “la présence continue  d’éléments armés du Front Polisario dans  cette région, et par les défis que cela pose  à la raison d’être de cette zone tampon”.  Pareille situation, souligne-t-il encore,  risque d’“entraîner l’effondrement du  cessez-le-feu” et de générer un “impact  dangereux” sur la sécurité et la stabilité  dans l’ensemble de la région.

Face aux provocations des séparatistes  et à leur attitude belliciste, le Maroc a fait  montre, lui, d’une approche constructive.  Il a ainsi interagi avec les recommandations  du Secrétaire général de l’ONU, voici  quelques semaines, lui demandant de  retirer ses éléments armés de cette zone  tampon –un acte qui a été salué dans  le rapport et qui, on s’en souvient, avait  été également apprécié par les capitales  occidentales. Aujourd’hui, c’est une clarification  qui a été opérée. C’est le Polisario  qui brave l’autorité du haut responsable  de l’Exécutif onusien ainsi que celle du  Conseil de sécurité.

Le Maroc a des motifs de satisfaction avec  ce rapport. Il y est fait mention, dans plusieurs  passages, du discours du S.M. le  Roi du 6 novembre 2016: attachement  des citoyens des provinces méridionales  à “leur marocanité et au système politique  de leur pays”, pôle de développement  dans la région, axe de coopération  économique avec le continent africain et  élections législatives du 7 octobre 2016  sans “incident“ comme il a tenu à le préciser  dans son rapport.

Ce même texte pointe l’exigence du  respect des droits de l’Homme dans les  camps de Tindouf; il appelle à cet égard  au renforcement de la protection des  droits humains à travers la consolidation  des interactions avec les agences spécialisées  des Nations Unies. Il insiste aussi  sur la nécessité d’un recensement des  habitants des camps de Tindouf, demande  faite depuis plusieurs années par le HCR  et qui se heurte au refus d’Alger et du  mouvement séparatiste. Or, n’est-ce pas  la première procédure à mettre en oeuvre  pour savoir qui est sahraoui et pour permettre  aux réfugiés l’éligibilité à un statut  de protection prévu par les conventions  internationales en la matière?

L’agenda du Conseil de sécurité pour le  mois d’avril, présidé par l’ambassadrice  des États Unis, Nikki Haley, prévoit les  avis des 37 contributeurs de la Minurso  le 19, puis des consultations le 25 avec  la participation de Kim Bolduc, représentante  spécial de l’ONU pour le Sahara,  enfin l’adoption du rapport pour le 27, ainsi  qu’une nouvelle résolution

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