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Le poids de la dette étrangère hypothèque l’avenir de la société Autoroutes du Maroc

Anouar Benazouz, directeur général, et Saïd Hilali, directeur d’exploitation. Casablance, le 5 mai 2015. - © Photo : DR

Anouar Benazouz, directeur général, et Saïd Hilali, directeur d’exploitation. Casablance, le 5 mai 2015. – © Photo : DR

1.800 km, et après ?

Infrastructures.  A quelques mois de la fin de l’année 2015, date butoir du contrat-programme  la liant à l’Etat, la société Autoroutes du Maroc, concessionnaire unique du réseau autoroutier  marocain, n’a pas encore de visibilité pour l’avenir.

Où construire? Quels sont  les nouveaux tronçons  prioritaires? Quel sera  l’apport financier de l’Etat dans le  budget d’investissement? C’est  l’opacité totale quant aux nouveaux  projets à mener pour l’après-2016.  «Nous sommes en discussion avec  le ministère de l’Equipement au sujet  d’un nouveau contrat-programme.  Nous négocions de nouveaux  scénarios de financement et de  prêts», déclare Anouar Benazouz lors  d’une conférence de presse tenue  mardi 5 mai 2015 à Casablanca.

En tout cas, les objectifs à fin 2014  ont été atteints: 1.511 km sont  actuellement en exploitation.  Pas loin des 1.800 km, objectif du  contrat-programme. Ce réseau  permet aujourd’hui de relier le Nord  au Sud, grâce à la liaison Tanger-  Agadir, et l’Est à l’Ouest grâce à la  liaison El Jadida-Oujda. L’autoroute  Berrechid-Khouribga, longue de 77  km, sera ouverte à la circulation  avant fin 2015. L’autoroute El  Jadida-Safi, longue de 143 km, est à  50% d’avancement. L’autoroute de  contournement de Rabat, longue de  41 km, avec un gigantesque pont à  haubans de 950 mètres, sera achevée  en 2016.

Des pertes annuelles immenses
Face aux actes agression sur les  autoroutes, un centre de contrôle  trafic sera achevé d’ici fin 2015 et  une caméra de surveillance sera  installée sur chaque 2 kilomètres  sur le tronçon reliant l’aéroport de  Casablanca à Rabat.
Le tronçon Casablanca-Rabat,  Casablanca-Agadir et Rabat-Tanger  connaissent les évolutions les plus  remarquables du trafic.  L’autoroute Casablanca-Rabat  demeure le tronçon le plus circulé  avec un trafic moyen journalier de  52.579 véhicules, soit une progression  de 3,7% par rapport à 2013.
Le tronçon autoroutier Fès-Oujda,  qui représente 23% du kilométrage  du réseau, affiche un trafic modeste inférieur à 10.000 voitures/jour. «Tout  trafic en deçà de 10.000 voitures/  jour est une perte pour la société.  Ce tronçon devrait attirer, à moyen  terme, les investisseurs privés»,  confie Anouar Benazzouz, directeur  général d’Autoroutes du Maroc. Ce  qui paraît étonnant, vu que tant que  les frontières maroco-algériennes  demeurent fermées, la région de  l’Oriental continuera à connaître un  marasme économique.
Les tronçons du réseau autoroutier  ont une durée d’amortissement  (retour sur investissement) situé entre  25 et 50 ans. Le modèle économique  poursuivi pour la construction de ce  réseau fait que la société continuera  d’essuyer des pertes annuelles de  près de 1,14 milliard de dirhams  pendant au moins les 6 années à  venir. Les dettes des 1.800 km ne  seront remboursées qu’à l’horizon  2020. Chaque année, les dettes et  leurs intérêts absorbent 2,8 milliards  de dirhams alors que l’exploitation  du réseau ne génère pas plus que 2,3  milliards de dirhams.

L’instabilité des terrains et la  maintenance des tronçons dont  l’âge dépasse 10 ans nécessitent 500  millions de dirhams.
L’apport de l’Etat (25% des  investissements, contre 75%  provenant de prêts étrangers)  devra augmenter dans le cadre du  nouveau contrat-programme si  l’on cherche à rehausser le rythme  d’extension du réseau autoroutier,  d’une part, et, d’autre part, à ne  pas compromettre les équilibres  financiers du concessionnaire.

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