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Le pétrole s’enflamme

ALARME. Le processus de la baisse des prix à la pompe est terminé. Les cours mondiaux risquent d’atteindre des niveaux aux répercussions dangereuses.

ALARME. Le processus de la baisse des prix à la pompe est terminé. Les cours mondiaux risquent d’atteindre des niveaux aux répercussions dangereuses.

Après des creux bénéfiques et réjouissants, il semble que le pétrole soit de nouveau décidé à prendre de la hauteur. Les toutes dernières augmentations confortent cette tendance résolument haussière. Plus 51 centimes pour le gasoil et plus 42 pour l’essence. Le litre des deux carburants est désormais fixé, respectivement, à 8,96 et 9,96 dirhams. Entrée en vigueur le dimanche 1er mars 2015, cette nouvelle tarification intervient deux semaines après le relèvement du 16 février 2015. Le premier depuis les baisses successives qui ont accompagné la levée de la compensation et l’indexation sur les cours mondiaux, décidés par le gouvernement Benkirane.
Valeur aujourd’hui, le baril est situé à hauteur de 62.58 dollars. Les causes invoquées, pour le moment, sont de nature conjoncturelle, dit-on. Forte baisse des arrivées de Libye et d’Irak, pour les raisons que l’on sait, et retard de livraison des fournisseurs de la mer du Nord. Alors que ce dernier facteur serait certainement dépassé dans les prochaines semaines, le chaos qui règne dans les deux pays évoqués semble s’installer dans une certaine durée. Autrement dit, le niveau plancher d’un baril à moins de 50 dollars, qui a permis d’amortir le choc de la décompensation, est derrière nous. Les professionnels du secteur appellent à se préparer à des cours toujours plus hauts; avec toutes les répercussions que cela suppose sur le plan social.

Levée de la compensation
La vérité des prix, fébrilement recherchée, sous la pression insistante des instances internationales, ne pourra pas faire l’économie de la vérité sociale, dans un pays qui compte quelques 8 millions de personnes vivant en dessous du seuil de pauvreté. Les mesures similaires que le gouvernement s’apprête à prendre d’ici la fin de l’année, telle la levée de la compensation sur le gaz butane, le sucre et le blé n’augurent rien de bon. Pour le pétrole, cette perspective est d’autant plus inquiétante qu’elle mène vers une échéance encore moins rassurante. La libéralisation totale du secteur, prévue pour juin 2015, permettra aux sociétés pétrolières de fixer les prix. Ce qu’elles feront, à n’en pas douter, à partir du seul paramètre de leurs intérêts immédiats. Elles n’hésitent pas à s’entendre sur les tarifs à la pompe sans autre forme de recours pour les consommateurs. La loi anti-trust, qui interdit ce genre de pratiques aux Etats-Unis et en Europe, n’a pas droit de cité au Maroc. Malgré l’existence d’un organisme officiel de préservation de la concurrence.
Ceci pour dire que le libéralisme économique est également porteur d’outils de défense du consommateur. Celui-ci étant, à juste titre, et par intérêt, considéré comme l’objectif de leur commerce et la source de leurs revenus. Il semble que cette approche intelligente du système libéral a quelques difficultés à prendre racine et à prospérer dans un environnement comme le nôtre. Il s’est, jusqu’ici, avéré que le contrôle de l’État sur les branches d’activités libéralisées n’a pas été d’une grande efficacité. Le pétrole pourrait en être l’illustration à haut risque

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