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Le monsieur du cinéma

Said Bey, acteur marocain

Said Bey, né le 18 mai 1970, est un acteur marocain natif de Ain Tawzdat. Un adepte de la formule “Ose qui peut…”

Ça vient du père… pas que la gifle qu’il a dû lui administrer le jour qu’il bafouait son texte mal appris… mais tout le théâtre. Un instituteur de français à cheval sur la rigueur et qui nous fait un Bey, un monsieur chez les égyptiens… Oui un monsieur du cinéma.

Si nous avions l’appétit du second degré, nous aurions osé «the son of god» ou le fils de dieu…pour taquiner la belle image. Mais non. Un film américain dont il fut le Mathieu de Jésus… ce qui lui valut pas une menace de mort pas deux…certains, de chez nous, lui ont promis le bûcher… sans doute ignoraient- ils que ce fut là une mauvaise passe chrétienne. Amen. Peut-être lui aurait-on excusé Judas…qui sait. Bref. Etre artiste ici, c’est parfois jouer avec le feu… «Dans la rue, les gens saluent plutôt en moi le personnage…ça s’explique», dit-il. Comme une forme de schizophrénie inversée qui suppose une appropriation du personnage à travers l’homme.

Un fou qui a sa tête…
C’est compliqué…L’homme à scandale remonte à Zéro…le film, pour illustrer ce dédoublement ordonné, qui est tout raison, que connait l’acteur. Il a joué un personnage… nu à un moment…et alors? C’est curieux mais si l’on se rabattait sur le littéral de l’expression, le mot «jeu» sort à tous les coups…en arabe, ça fait pareil. Said Bey évoque avec amertume ce mal qui fait des malades…

le natif de Aïn Tawzdat, un petit village entre Fès et Meknès, deux villes contraires, qui ont vu naître un acteur composite à l’impression… il peut jouer la folie, comme dans The Man Who Sold the World» ou «L’homme qui a vendu le monde » mais revenir à lui, à sa femme et ses deux enfants Chahd et Chadi une fois le rôle épuisé «il faut se défaire de ce qu’on incarne, on finirait mal sinon… cela dit nous acteurs, ne sommes pas ordinaires pour autant», dit-il dans un moment de réflexion.

Un fou de théâtre, et c’est lui qui le dit en retraçant la gifle qu’il reçut du père et qui fit de lui bonne mémoire «j’ai la mémoire facile… je lis mon texte une fois, ou deux…puis il est là», dit-il.. C’est du théâtre qu’il partit, en passant par l’association Ibn Mtir Chamaliya et pour finir à l’ISADAC (Institut Supérieur d’Art Dramatique et d’Animation Culturelle) en 1996. Il se rappelle, non pas du jour, mais des trois jours d’épreuve qui tassaient pas moins de 800 candidats, combien devait-il en rester? une vingtaine… il nous dit, partant d’un rire, que pour économiser le peu d’argent qu’il avait, il dût dormir en pleine nature, au jardin Nouzhat Hassan, à Rabat. «A 18 h, alors que le gardien sifflait dehors les visiteurs, je grimpai l’arbre…il fallait échapper à sa vigilance», termine-t-il son rire. Said Bey n’aura de cesse de grimper depuis ce jour…mais ailleurs.

C’est son petit rôle, qu’il qualifie de porte ouverte, dans le métrage Et Après? en 2005 qui l’élit pour le premier rôle dans Les Vagues du rivage, du même réalisateur Mohamed Ismail. Après c’était Prison Break, Bureau des légendes, Jésus….pour finir, l’acteur ne nous cache pas son nouveau démon… être derrière la caméra… «C’est très prochain», clame-t-il.

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