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Le Maroc, une destination privilégiée des fonds de capital-risque étrangers

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Un investissement sûr et rentable

Affaires. Les fonds d’investissement ont misé plus de 1,7 milliard de dollars en Afrique du Nord durant les cinq dernières années. Le Maroc confirme sa position de première destination des capital-investisseurs, avec plus de la moitié de ce montant.

Sur les 1,7 milliard de  dollars investis en  Afrique du Nord entre  2010 et 2014, le Maroc  a eu la part du lion: Près  de 1 milliard. C’est la principale  conclusion à tirer du rapport du  mois d’avril 2015 de l’Emerging  Markets Private Equity Association  (EMPEA), une association de  l’industrie mondiale de capitaux  privés dans les marchés émergents.  Le Maroc est en pole-position, très  loin devant l’Egypte (653 millions  de dollars), la Tunisie (180,26  millions de dollars), l’Algérie (80  millions de dollars), le Soudan  (70,1 millions de dollars) ou encore la Libye, qui n’a drainé que 11,1  millions de dollars.
Le rapport de l’EMPEA souligne  que les fonds levés pour l’Afrique  du Nord ont fortement reculé  dans certains pays de la région  depuis 2011, année marquée  par la montée de revendications  socio-politiques. Ce qui explique  clairement pourquoi le Maroc  continue d’achalander les  investisseurs que seul le profit sûr  et durable attire. Selon le rapport  réalisé par EMPEA, les investisseurs  n’ignorent plus le risque Moyen-  Orient et Afrique du Nord. Pour  eux, le Maroc est le pays le plus  sûr, le plus stable dans la région.  Le Maroc a surclassé tous les  pays de la région MENA, et  sur 28 opérations des fonds  d’investissement en Afrique du  Nord en 2014, 14 étaient réservées  au Royaume.

Le facteur de la stabilité
La Conférence des Nations  unies sur le commerce et le  développement (CNUCED) a  établi que le Maroc a réussi à  dégager une solide croissance à  deux chiffres, à un moment où les  tensions politiques et sociales ont  entraîné le ralentissement des flux d’investissement vers la région.  Une question s’impose: la  stabilité politique motive-t-elle,  seule, ces fonds à placer leur  argent dans le pays? «C’est  simple. L’environnement des  affaires y est ouvert. Les règles  de l’investissement étranger  sont transparentes, celles de  l’Administration et des procédures  sont assez fluides. Si vous voulez  prendre une majorité ou une  participation minoritaire dans  une société, vous êtes libre de  faire presque tout ce que vous  voulez. Cela donne au Maroc un  réel avantage par rapport aux  autres marchés de la région»,  explique Brahim El Jaï, directeur  de AfricInvest, l’un des plus  importants fonds d’investissement  tunisiens présents dans la région.  Sur tous les fronts, le Royaume  est incontestablement une cible  privilégiée.
Il a attiré 51% de toutes les  transactions et 43% du capital  total investi dans la sous-région au  cours des cinq dernières années.  La grande majorité de ces offres  (70%) a ciblé trois secteurs:  le secteur de l’industrie (qui  comprend la fabrication et  les fournisseurs de transport  industriels), les biens de  consommation et les services.

Start-up, cible privilégiée
Autre point qui a marqué ce  rapport, c’est que les PME et  les start-up, qui étaient jusqu’à  un passé récent les oubliés  des fonds d’investissement,  ont été largement privilégiées,  notamment celles évoluant dans le  secteur des nouvelles technologies,  vu que le retour sur investissement  est le plus élevé, notamment avec  le développement des services web  et du commerce électronique.
«Les start-up marocaines opérant  principalement dans les services aux consommateurs et les  secteurs technologiques ont reçu  14 investissements au cours des  cinq dernières années», note le  rapport. Parmi ceux qui ont ciblé  ce domaine, le fonds tunisien  MITC Capital a été le plus actif  dans le domaine du capital-risque  avec 12 investissements entre  2010 et 2014, devant AfricInvest,  Ideavelopers et Sawari Ventures.

Partenariat stratégique
En 2013, AfricInvest et  Mediterrània Capital Partners ont  investi dans une entreprise de  transport routier de marchandises  entre l’Espagne et le Maroc,  étant donné que le potentiel de  croissance était important.
Le principe du capitalinvestissement  repose sur  l’identification des entreprises à  forte croissance, et qui ont des  besoins de financement élevés  sous forme de capitaux propres.  L’objectif est de prendre une part  suffisante du capital pour avoir  une influence significative dans  la gestion de l’entreprise et de  s’assurer de sa progression et de  sa rentabilité.
Le fonds d’investissements touche  alors des dividendes quand  l’entreprise réalise des bénéfices,  et, finalement, revend ses actions  après quelques années. L’ambition  des fonds est de réaliser une plusvalue  en revendant leurs actions  plus cher qu’ils les ont achetées,  grâce au fait que l’entreprise s’est  développée entre-temps.
Cet apport en argent arrive  généralement avec une expertise.  Le prêt est de moyenne sinon de  longue durée. L’investisseur en  capital se positionne comme un  véritable partenaire stratégique,  souvent de long terme (plus  de 5 ans). Il ne se contente  pas d’apporter des fonds, mais  s’intéresse de près aux sociétés  dans lesquelles il investit, étant  donné qu’il en partage les  risques. Il a donc un rôle tout à  fait différent de celui de prêteur,  qui touche, lui, un taux d’intérêt  fixe, décorrélé du résultat de  l’entreprise.
En Afrique, l’Afrique du Sud,  le Kenya, le Ghana, le Nigéria  ou le Botswana demeurent les  destinations favorites pour les  gestionnaires de fonds.

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