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Le Maroc confronté à une cascade de faillites d’entreprises

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Crise. Dans son rapport automnal, “Economic Outlook”, la société d’assurance-crédit internationale Euler Hermes dresse un état des lieux sombre de la conjoncture: les défaillances de sociétés marocaines ont augmenté de 15% en 2015, et devraient augmenter de 10% en 2016.

C’est un mauvais  signe dans une  conjoncture déjà  morose, marquée  par la baisse du  taux de croissance de l’économie  nationale et la hausse du taux du  chômage, qui a atteint 10,1% et près  de 33% chez les jeunes.

D’après Euler Hermès, les pays  émergents font aujourd’hui  face à une «augmentation sans  précédent» des défaillances de leurs  entreprises. Dans une étude publiée  lundi 9 novembre, le spécialiste  de l’assurance-crédit estime que  les faillites enregistrées au Maroc  sont au nombre de 5.800. Ce chiffre  devrait exploser pour atteindre 6.380  entreprises défaillantes.

Euler Hermès est la seule source  viable à donner des statistiques de ce  genre. Ni le ministère de l’Industrie  et du Commerce ni la CGEM ne  livrent de statistiques officielles sur  les défaillances des entreprises au  Maroc. Euler Hermès a un partenariat  avec la société InfoRisk, qui collecte  les données en provenance de  l’OMPIC (Office marocain de la propriété industrielle et commerciale).  Ensuite, elle analyse ces données qui,  ajoutées à d’autres éléments -comme la  rentabilité moyenne, la capitalisation et  l’évolution de l’activité, ou encore le taux  d’endettement du secteur- pour établir  régulièrement ce qu’on appelle «la météo  des secteurs» d’activités, une sorte de  diagnostic qui permet de dire quels sont  les secteurs qui sont dans le rouge ou dans  le vert, eu égard au nombre d’entreprises  en faillite ou menacées de déposer le bilan.
Cet état des faits montre notamment  que le gros des défaillances est lié à  l’essoufflement du cycle immobilier, après une décennie marquée aussi bien par une  politique étatique de grands travaux que  par l’essor de l’investissement privé. A  l’origine de ces défaillances, le retard des  paiements et souvent même, le défaut de  règlement tout simplement.

Ajustement budgétaire
Le ralentissement du secteur immobilier,  levier clé de croissance des années  précédentes, n’a pas impacté la croissance  du PIB, mais a, en revanche, occasionné  une hausse des défaillances d’entreprises.  Plus de 85% des entreprises en faillite  sont des PME. Et plus de 25% des cas de  faillite sont causés par des impayés et des  problèmes de recouvrement. Les délais de  paiement hantent une grande majorité  des chefs d’entreprises au Maroc. Ce retard  est constaté aussi bien dans le public que  dans le privé. Quid des prévisions pour  l’année prochaine? Pessimistes. En 2016,  les faillites se poursuivront à un rythme  plus soutenu. La récession enregistrée par  nos principaux partenaires, notamment  européens, n’est pas allée dans le sens de  l’amélioration des choses.

L’ajustement budgétaire et la réduction  des budgets dédiés à l’investissement  public et, partant, aux marchés publics  découragent davantage les entreprises,  notamment les PME, pour lesquelles  les marchés publics constituent plus  de 85% de leur chiffre d’affaires ou de  leur business.

D’autant plus que les  deux récentes baisses du taux directeur  décidées par la banque centrale n’ont pas  eu de grand impact d’abord sur la baisse  des taux de crédit aux entreprises et n’a  pas servi à encourager les banques locales  à octroyer des crédits, notamment aux  entreprises du secteur de l’immobilier,  qui vit une crise réelle sans précédent  caractérisée par la stagnation des ventes  et l’arrêt des chantiers.

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