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Le Maroc célèbre la journée nationale du handicapé

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L’amère réalité

[quote font= »1″]Insertion. Le 30 mars de chaque année, le Maroc célèbre la journée nationale du handicap, qui est surtout une opportunité de faire le point sur la situation de cette frange fragile et marginalisée de la société.[/quote]

Des dizaines d’hommes et  de femmes handicapés de  différentes tranches d’âge,  venus de plusieurs villes du Maroc,  ont préféré fêter cette journée à leur  manière. Regroupés devant le siège  du Parlement à Rabat, pancartes aux  mains, ils ont observé un sit-in pour  dénoncer les politiques publiques,  qui accordent très peu d’importance  à leur situation. Sommes-nous des  “sous-citoyens”? Une question,  fâcheuse mais réaliste, scandée par  les manifestants, qui ont dénoncé  le non-respect des dispositions de  la Constitution de 2011 relatives  à l’égalité des chances entre les  citoyens.
Les handicapés étant souvent oubliés  dans les différentes campagnes de  communication ou de sensibilisation  initiées par l’Etat, d’autant plus  que les sourds sont arbitrairement  interdits de posséder un permis de  conduire. Si la situation actuelle  des handicapés au Maroc est loin de correspondre aux aspirations,  particulièrment celles de la société  civile, il n’en demeure pas moins  que quelques avancées ont été  réalisées dans ce sens. Il faut  revenir au discours prononcé par le  Roi Mohammed VI à l’occasion de  l’anniversaire de la Révolution du  roi et du peuple en 1999, dans lequel  le Souverain, fraîchement intronisé,  montrait son intérêt aux handicapés,  en invoquant la nécessité de les  insérer dans la société, pour garantir  à la fois l’égalité des chances et une  meilleure productivité.

Evolution timide
Une décennie après ce discours,  le Maroc ratifiait la Convention  internationale des droits des  personnes handicapées et de son  protocole facultatif, affirmant  que les droits des personnes  handicapées sont indivisibles des  droits de l’Homme. En effet, la  convention appelle au respect de la dignité, de l’indépendance, de la nondiscrimination,  de la participation et  du respect de la différence.
Pour ce qui est de l’éducation, principal  défi auquel sont confrontés les  handicapés, la Charte de l’éducation et  le Programme d’urgence mentionnent  l’intégration des handicapés mentaux  dans l’enseignement. Mais la réalité  montre un retard accablant dans ce  sens. Selon Ali Redouane, président de  l’Association des parents et amis des  enfants inadaptés de Casablanca, le  Conseil supérieur de l’enseignement  et de l’éducation devrait débattre des  bases pédagogiques qui permettront  aux handicapés de bénéficier de leurs  droits inscrits dans la Constitution, en  créant des écoles d’intégration avec  les moyens humains et techniques  nécessaires, pour remplacer les classes  intégrées actuelles, devenues de vrais  ghettos au milieu des écoles.
Pour Ali Redouane, l’évolution au  niveau des textes est loin de garantir  aux handicapés de meilleures  conditions de vie. Leur marginalisation,  ils la vivent dans le monde réel, chaque  jour. Et, pour changer cette réalité,  volonté et mobilisation des moyens  sont incontournables.

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