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Le lâchage arabe

©ph:AFP

La perspective d’un État palestinien s’éloigne de plus en plus

La judaïsation rampante de la ville sainte et de ses lieux sacrés est en marche. Al Qods brûle d’impatience et de besoin de solidarité, alors que les Arabes, empêtrés dans leurs querelles interminables, ont la tête ailleurs.

Le brûlot d’Al Qods a encore pris feu. Ce sont, comme d’habitude, les pyromanes israéliens qui ont allumé la mèche. À l’origine des tensions actuelles, l’installation par Israël, depuis le 21 juillet 2017, de portiques dits de sécurité sur l’esplanade des mosquées. Ce qui contraint à la fouille systématique les prieurs palestiniens de la grande mosquée d’Al Qods. Une humiliation de plus imposée par les forces d’occupation israéliennes. La réaction palestinienne ne s’est pas fait attendre. Les affrontements permanents un peu partout dans ce troisième lieu saint de l’Islam, ont amené Israël à revoir sa copie, avec un peu plus de recul par rapport à son arrogance habituelle. Les portiques seront remplacés par des caméras dites intelligentes.

Cette mesure ne signifie pas qu’Israël bat en retraite. Elle n’en a pas l’habitude; rien ne l’arrête, même pas une communauté internationale qui lui est ouvertement ou sournoisement acquise. Cette sortie de crise par une échappatoire technologique, est-elle suffisante pour ramener un tant soi peu de calme précaire sur ce foyer de tension continuellement vive? La réponse est négative. Le doute n’est pas permis car les caméras tout autant que les portiques sont considérés par les Palestiniens, à juste titre, comme des actes arbitraires décidés par une autorité occupante. Les Palestiniens ne sont pas près de retourner à la mosquée Al Qods.

Pour justifier la pose de ses détecteurs de métaux, Tel Aviv évoque l’attaque du 14 juillet 2017 qui a causé la mort de deux policiers israéliens sur cette même esplanade. En fait, toutes les occasions sont bonnes à mettre au service d’un même objectif: La judaïsation rampante et permanente de la ville d’Al Qods et de tout son patrimoine historique et hautement symbolique. Ces lieux saints considérés sacrés par les trois religions monothéistes, l’État juif les voudrait pour lui et pour lui seul.

Les Palestiniens ne demandent rien de plus que le retour à la situation d’avant la guerre des 6 jours, de juin 1967, et à l’application de la résolution de l’ONU à ce sujet. Une résolution qui nous rappelle que la communauté internationale n’a jamais reconnu l’annexion de Jérusalem-Est par Israël. Sauf que ce document et tant d’autres de la même source et sur la même question sont restés dans les travées documentaires de l’ONU. Israël n’en fait aucun cas, comme s’il n’était pas tenu par un minimum de respect, encore moins d’un semblant de volonté d’exécution. C’est plutôt le mépris total à l’égard de l’institution onusienne qui, pour sa part, semble complétement pétrifiée dès qu’il s’agit d’Israël ou de sa sécurité fantasmée à l’extrême.

Une voix inaudible
En pareilles circonstances, on est en droit de se demander pourquoi ce silence des pays arabes; même si la voix arabe est devenue inaudible depuis des lustres. Al Qods brûle d’une impatience légitime qui ressemble à un appel de détresse, alors que les Arabes ont la tête ailleurs. Ils sont empêtrés soit dans leurs conflits intérieurs, soit dans leurs guerres verbales avec leurs voisins, également arabes. Le Conseil de coopération du Golfe (CCG) devait constituer un cadre de dialogue et de concertation. Il est devenu une arène d’affrontements qui remet en question jusqu’à l’utilité de son existence.

Quant à la cause palestinienne, elle repassera. Mais pas pour le comité Al Qods, dont le président, S.M. Mohammed VI, a envoyé, mercredi 26 juillet 2017, une lettre au Secrétaire général de l’ONU, Antonio Guterres, où le Souverain dénonce “vivement les politiques israéliennes inacceptables à Al Qods”. Pour le moment et pour l’avenir prévisible, Israël a la voie libre pour enterrer définitivement la mythologie longtemps entretenue d’un État palestinien viable. Celui-là même porté par la résolution de l’ONU, que l’ONU n’a pas pu ou pas voulu imposer par la force du droit international. Valeur aujourd’hui, il n’y a plus où mettre l’État palestinien. Le territoire d’avant 1967 qui lui était promis, a été cannibalisé par les colonies juives assoiffées de terre promise.

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