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Le gouvernement fait fi des propositions pour la flexibilité du marché du travail

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L’emploi des jeunes sacrifié

Chômage. Les jeunes chômeurs diplômés, de plus en plus nombreux, peuvent–ils faire confiance à un premier ministre qui n’est pas en mesure d’offrir une réponse opérationnelle au problème de l’emploi?

La stratégie de l’emploi tant  promise par Abdeslam Seddiqi,  ministre de l’emploi et des  affaires sociales, peine à voir le jour.  Quant au dialogue social avec les  partenaires sociaux, certes difficile  par les temps qui courent, il est  au point mort. Or, son renouveau  doit être plus que jamais à l’ordre  du jour. Son renouveau est lié au  développement de la responsabilité  sociale des entreprises qui permet la  construction de nouveaux rapports  entre Etat, syndicats et entreprises.  Ce ne sont pas, non plus, les quelques  pécules destinés à indemniser les  chômeurs qui vont faire la différence.  Le recours à l’indemnisation peut  même se faire aux dépens de  l’employabilité.

  Jusqu’ici le chômage des jeunes n’en  finit pas de gagner du terrain.  Alors que le quart des jeunes  diplômés, notamment de  l’enseignement supérieur, attendent  l’opportunité de trouver un emploi  stable, le gouvernement Benkirane  ne fait rien pour sauver leur situation.  Encore plus, il ne réagit même pas  aux propositions de la CGEM qui vont  dans le sens de plus de flexibilité  dans le fonctionnement du marché  du travail. Une flexibilité de l’emploi, d’ailleurs accrue dans les entreprises  marocaines, qui n’aurait de sens que  si elle s’accompagne effectivement  d’une sécurisation des parcours  professionnels des salariés.

Crise sans issue
Rien de tout cela ne pointe à  l’horizon. Le gouvernement fait  fi de toutes ces propositions. Il  reste cloué au constat selon lequel  l’emploi ne se décrète pas. Seule  la croissance permet de créer des  emplois. Pas par l’Etat, mais surtout  par les entreprises. Or, n’ayant pas  confiance dans l’avenir, ces dernières  n’investissent plus. Cela est d’autant  plus vrai que le crédit bancaire est à  la peine.
En effet, à fin avril 2015, l’encours du  crédit bancaire, qui s’est établi à 753,  89 milliards de dirhams, marquant  une hausse de 2,5%, est bien loin du  niveau du taux prévisionnel de 5%  annoncé par Bank Al Maghrib lors de son Conseil du mois de mars 2015.  Les entreprises fort créatrices  d’emplois, comme celles de  l’immobilier, ou celles appartenant  à certaines industries, souffrent  non seulement d’une crise dont on  ne voit guère l’issue, mais aussi,  pour celles qui sont ouvertes à  l’international, d’une concurrence  étrangère des plus agressives.

Les financements des institutions  financières européennes, arabes,  africaines ou mondiales et les  quelques investissements extérieurs  attirés par le Royaume (de l’ordre  de 5 milliards de dollars en 2014,  selon la célèbre revue britannique  Financial Times), davantage  plus capitalistiques, s’avèrent  insuffisants pour combler le déficit  en financement de l’économie  par l’épargne nationale. Épargne  nationale seule à même de relancer  l’investissement et l’emploi.

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