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Le FMI revoit à la baisse ses prévisions pour le Maroc

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Évaluation. Retour sur terre pour le FMI. L’institution revoit à la baisse, pour la deuxième fois en moins d’un mois, ses prévisions de croissance pour le Maroc en 2016, et s’aligne sur le taux annoncé par le gouvernement.

C’est la deuxième fois en  moins d’un mois que  le Fonds monétaire  international (FMI)  revoit à la baisse ses prévisions  de croissance de l’économie  marocaine pour 2016.

Jusqu’au mois d’avril 2015, le FMI  prévoyait 5% de croissance pour  le Royaume. il y a moins d’un  mois, l’institution de Bretton  Woods abaisse le taux à 3,7%,  dans le cadre de ses prévisions  mondiales («global outlook»). Et  puis, sur le terrain, suite à une  mission d’évaluation au Maroc,  une équipe d’économistes du FMI  revoit une fois encore à la baisse  ses prévisions et estime que la  croissance du Royaume ne devrait  pas dépasser 3% l’an prochain.

Et  ce, malgré que tous les facteurs positifs soient réunis, notamment  la baisse des cours du pétrole brut  sur les marchés internationaux, ce  qui allège normalement le déficit  budgétaire et relance la croissance.  Ce séjour au Maroc des experts  du FMI entre dans le cadre d’une  mission d’évaluation des différents  indicateurs macro-économiques  et sociaux du Royaume liés  notamment au dispositions dites  de l’article IV (examen périodique)  et à la «ligne de précaution et de  liquidité» (LPL) de 5 milliards de  dollars accordée par l’institution de  Bretton Woods au Maroc en juillet  2014. Cette LPL constitue une sorte  d’assurance en cas de coup dur  (par exemple déséquilibre subit  des comptes courants) auquel  le Maroc n’a encore jamais eu  recours.

L’industrie en berne
Pour rappel le HCP (Haut  commissariat au plan) table, lui,  sur 2,6% pour 2016, après 4,3%  selon son estimation pour cette  année porté par une très bonne  récolte agricole. L’exception  agricole n’étant pas la règle cette  année, la croissance rechute là  où l’industrie stagne. Les services  demeurent l’employeur le plus  important, loin devant l’industrie. Mais qu’est-ce qui a poussé les experts du  FMI à revoir leurs cartes? Fort probablement  la hausse attendue des prix mondiaux de  l’énergie due aux tensions géopolitiques  dans la région.

Le satisfecit du FMI du rendement du  gouvernement est souligné, malgré cela:  «le déficit budgétaire a continué de baisser  ces dernières années grâce aux mesures  prises par le gouvernement, notamment  la réforme des subventions aux produits  pétroliers. Le taux de pauvreté, le chômage  et les inégalités ont diminué au cours  des dix dernières années». Les experts du  FMI expriment clairement leur soutien  à la politique macro-économique du  gouvernement de Abdelilah Benkirane.  «La mission salue les efforts déployés  pour continuer de renforcer les finances  publiques, comme en témoigne le projet de  loi de finances 2016, qui vise une baisse du  déficit budgétaire à 3,5 % du PIB», se félicite  le Fonds.

Une mauvaise surprise
Pour le FMI, la mauvaise note vient après.  Il est important, souligne le Fonds, de  «continuer d’améliorer le climat des  affaires, la transparence et la gouvernance  afin d’accroître la compétitivité extérieure.  Nous souscrivons aux efforts déployés par  les autorités pour accroître l’inclusion  financière et l’accès au crédit, en particulier  pour les très petites, petites et moyennes  entreprises. Priorité est de rendre le système  fiscal plus efficient et plus équitable».

Dernier point: le FMI note avec satisfaction  que les autorités veulent adopter un  nouveau régime de taux de change plus  flexible, qui faciliterait la diversification  en cours de l’économie, renforcerait son  intégration à l’économie mondiale et sa  capacité d’absorption des chocs extérieurs.

Pour la coalition au gouvernement, qui se  prépare aux élections législatives de 2016,  le soutien du FMI a été “gâché” par une  mauvaise surprise, inattendue: le chômage  est actuellement à un plafond historique, du  moins inquiétant, de 10,1% de la population  active.

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