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LE FANTASME D’ELYAS


Le PAM sera un parti d’opposition pas comme les autres. Il vient d’ajouter  une corde à son arc. Lors d’une récente rencontre avec les parlementaires  du parti, Ilyas El Omari a annoncé la création prochaine d’un “gouvernement  de l’ombre”. Lequel sera une sorte de contre-pouvoir de l’Exécutif en  place. La commission qui en aura la charge comptera des interfaces ministérielles,  hommes et femmes, pour tous les secteurs d’activités de la configuration gouvernementale  actuelle. Le PAM aura ainsi son ministre de l’Économie et des Finances,  qui réglera son viseur, en continu, sur la stratégie et l’action de son vis-à-vis officiel.

Idem pour les autres départements. Les exceptions n’ont pas été notifiées, mais  elles existent; car on a du mal à imaginer un anti-ministre des Affaires islamiques,  par exemple. Par contre, pour faire jeu égal avec Mohamed Hassad, pour le pôle  de l’Enseignement, de la maternelle, qui n’existe pas, à l’université, qui agonise,  il faudra être à plusieurs. Pour l’Intérieur, c’est un peu spécial. Il faut faire de la  politique sans en avoir l’air. Quant à la chefferie du gouvernement, il sera plus aisé  de doubler Saâd Eddine El Othmani que ça l’aura été pour Abdeilah Benkirane et  son large répertoire du sérieux emprunté et d’intermèdes de relâche, juste pour en  rire sérieusement.

Ilyas El Omari est le premier à dire qu’il s’est inspiré de l’expérience anglaise en la  matière. Une manière, laisse-t-il entendre, de ne pas être constamment focalisé sur  un modèle français qui s’essouffle.

Par contre, au royaume de sa gracieuse majesté, le parti arrivé en deuxième  position aux dernières consultations législatives forme un gouvernement-bis. La  comparaison avec le berceau de la démocratie en Europe est ambitieuse. Mais  pourquoi pas, un jour, histoire de garder espoir.

Cette inspiration d’outre-Manche ne peut échapper à la mise à l’épreuve de nos  particularités institutionnelles et de nos réalités politiques. Les plus novices de la  chose publique auront fait le rapprochement entre “gouvernement de l’ombre” et  “gouvernement occulte”, ou “État profond”. C’est surtout ce gouvernement de deuxième  type qui fait débat depuis la dernière législature et que l’on a chargé de tous  les maux du gouvernement Benkirane, moitié défunt, moitié ressuscité.

On le soupçonne même d’être à l’origine du limogeage de Benkirane, débarqué  sans ménagement. D’où une double question. Le “gouvernement de l’ombre” enfanté  par le PAM, peut-il servir de monnaie de change du gouvernement occulte?  Le premier a-t-il pour objectif de rendre caduc tout renvoi au second, lequel serait  devenu soudainement visible?

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