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Le chargé d’affaires de l’ambassade d’Iran au Maroc convoqué

Le président iranien Hassan Rohani

Le président iranien Hassan Rohani

Téhéran courrouce Rabat

C’est à n’y rien comprendre  dans les relations  de l’Iran avec le  Maroc. D’un côté,  depuis l’élection du président Hassan  Rohani en 2013, la «République  islamique» a multiplié les signes  d’ouverture envers Rabat. Dimanche  28 juin 2015 encore, la porte-parole  du ministère des Affaires étrangères  iranien, Marzieh Afkham, réitérait  «la volonté (…) de Téhéran de coopérer  (…) avec le Maroc». Mais de  l’autre, les autorités iraniennes  donnent l’impression de souffler  le chaud et le froid, loin des apparats  «normalisants» de M. Rohani. Le 20 juin  2015, soit un jour seulement après que  Mohammed Taghi Moayed, le nouvel  ambassadeur iranien à Rabat, le premier  dans le Royaume depuis 2009, ait remis  ses lettres de créance au roi Mohammed  VI, une dépêche de l’agence de presse  iranienne Fars News accusait le Maroc  de servir les «politiques sionistes». Une  charge qui n’a bien sûr pas laissé indifférents  les responsables marocains. Le  ministre de la Communication, porteparole  du gouvernement, Mustapha El  Khalfi, l’a qualifiée lors de son point de  presse hebdomadaire, le 25 juin 2015,  d’«inadmissible, condamnable et inacceptable  ».

Aussi flagrant que cela puisse paraître,  l’Iran se contredirait-il alors? Ou ne  serait-ce en vérité que le contrecoup de  considérations politiciennes internes?  Il faut savoir que comme l’expliquait  le journal électronique Hespress, par  qui le scandale est en grande partie  arrivé en reprenant la fameuse dépêche  le 25 juin 2015, Fars News, bien qu’il  s’agisse officiellement d’un média indépendant, serait proche des Gardiens  de la révolution iranienne, une sorte  d’armée dans l’armée qui jouit d’une  influence politique conséquente en  Iran. Son opposition à certains points  saillants de la politique d’ouverture  diplomatique prônée par M.  Rohani est de notoriété publique. On  se souvient qu’en 2013, le général  Aziz Jafari, commandant en chef  du corps, avait littéralement brocardé  le président iranien après que  celui-ci ait pris un appel téléphonique  de son homologue américain,  Barack Obama; le sommant presque  d’«attendre des actes concrets du  gouvernement américain», avait-il  notamment martelé.

“Grand Satan”  En conséquence, il paraît logique  de ce point de vue-là de voir Fars  News s’attaquer aussi vertement au  Maroc, d’autant que le Royaume a  depuis toujours été assimilé dans  la dialectique officielle iranienne  au «Grand Satan»; entendre par  là l’«ennemi» étasunien. Le Maroc  devrait-il, partant, faire la sourde  oreille du moment que ces critiques  n’émanent pas officiellement de la  présidence iranienne? Ce n’est pas  pour l’instant l’option choisie par  le gouvernement marocain. Le 26  juin 2015, Mbarka Bouaida, ministre  déléguée, a convoqué le chargé d’affaires  de l’ambassade d’Iran pour lui  signifier «la protestation véhémente  du Maroc» et lui demander au passage  «les explications nécessaires».  Retirée dans un premier temps suite  à la vive réaction de M. El Khalfi,  la dépêche incriminée a depuis  lors été remise en ligne, samedi 27  juin 2015, par Fars News sur son  site web.

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